LA MUSIQUE
La nostalgie oa maladie du pays. — Les souvenirs du pays dans les régions lointaines. — Nature de la nostalgie et ses causes. — Influence d'une fleur, d'une médaille, d'un bijou, d'une gemme quelconque; au point de vue nostalgique. — Influence spéciale de la nmsique sous ce rapport. — Le Ranz des vaches et les soldats suisses. — Magie de ce chant dans les monts alpestres. — Faits curieux : influence de la Marseillaise sur Monge ; Je vais revoir ma Normandie.
Outre une influence directe sur Torganisation, sur Tacfivitéy la sensibilité, Tintelligence, le sentiment, la musique peut avoir surThomme une influence indirecte par les pensées, les sentiments qu'elle réveille, qu'elle rappelle, sans les exprimer directement. C'est une influence que Ton peut appeler nostalgique.
Lorsque l'âme se laisse envahir par les pensées et les
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sentiments des choses du pays , que ces pensées et ces sentiments deviennent comme une idée fixe dont elle ne peut plus se distraire, alors elle est dans un état maladif, dans une espèce de monomanie que Ton appelle nostalgiej vulgairement maladie du pays , et qui peut quelquefois entraîner la mort. Ramazzini parle d'une nostalgie épidémique qui, sur cent soldats atteints, permettait à peine d'en sauver un seul.
Mais, depuis le plus fort degré de nostalgiejusqu'au souvenir le plus fugitif, jusqu'au plus faible regret de ce que l'on a quitté, et qui produit quelquefois une douce mélancolie, il y a une infinité de degrés, et ce n'est que dans l'état extrême qu'il y a maladie.
On comprend qu'il n'y ait pas un individu qui ne soit plus ou moins susceptible de nostalgie; car, sur la terre étrangère , qui ne regrette plus ou moins la patrie absente, les lieux où il reçut les premières caresses de sa mère, son ineffable sourire et ses doux baisers; les sentiers où il aimait en respirant le parfum des fleurs, le temple saint où le chuchotement de ses prières montait avec l'encens, le champ sacré où reposent du dernier sommeil les êtres qui lui furent chers, etc., etc.? Tous ces souvenirs prennent alors des proportions magiques, ils font entrevoir une atmosphère d'idéal et mystérieux bonheur perdu, et que l'on sent ne plus pouvoir retrouver loin des lieux où ils ont pris naissance.
Si l'on veut connaître tout ce que les souvenirs de la patrie ont de profond et de touchant, il faut aller les savourer dans les régions lointaines où des astres nouveaux pour nous éclairent des horizons inconnus. Malgré l'esprit
des voyages qui me possède , j'ai éprouvé ces émotions dans des lieux où toutes les richesses de la nature s'étalent avec une pompe étrangère à nos climats. Je contemplais le beau ciel d'une splendeur incomparable, j'écoutais le tremblant feuillage, jerespirais les senteurs pénétrantes, mais quelque chose me manquait dans ce magique horizon à quatre mille cinq cents lieues de la France. Je cherchais instinctivement le chêne immense, le grand noyer, le marronnier à la tendre verdure, le peuplier élancé, le saule paisible, le bouleau à l'ombre légère; j'avais la réminiscence de l'odeur de leur feuillage qui se mêlait aux souvenirs les plus chéris, mais vainement ; j'éprouvais alors un vide immense et indicible que rien ne pouvait remplir, semblable à celui que Ton éprouve lorsque l'on a fait une perte irréparable, que Ton s'est séparé d'un être aimé qui remplissait la vie ; les larmes venaient naturellement sous ces impressions vagues et profondes * . Sou^ veut, me reposant sous le palmier des Indes, je me consolais alors que je sentais les brises rafraîchies qui me venaient de la mer. J'ouvrais largement ma poitrine et je me disais en aspirant cet air électrique : « Peut-être est-ce l'air qui a passé sur mon pays, peut-être a-t-il traversé la chambre de ma mère, a-t-il été respiré par elle et par tant d'êtres qui me sont chers. » Je le consultais en silence et je me perdais en profondes mélancolies. Dans mon illusion, j'avais envie de confier à l'oreille de ce messager inconstant bien des secrets qui débordaient de mon cœur.
* J'ai développé ces soayenirs dans mon Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses^ ouvrage grand in-8**, illustré de nombreuses gravures. Libr. Firmin-Didot et Cie.
11 est facile de voir que la nostalgie est produite par la loi de Tassociation des sensations, des idées et des sentiments : un objet qui nous a frappé, un air que l'on a entendu dans telle ou telle circonstance, pourront, lorsque plus tard ils viendront de nouveau nous impressionner, faire revivre tout le cortège de sensations , d'idées et de sentiments qui les environnaient autrefois, et, aidés de Timagination , produire une tristesse , une mélancolie plus ou moins profonde qui peut aller jusqu'à la maladie, et donner naissance à une vraie nostalgie.
On comprend ainsi que Ton peut éprouver de la nostalgie, ou quelque chose d'analogue , pour d'autres lieux et môme pour d'autres objets que pour le lieu qui nous a vu naître : le marin, tranquille au sein de ses foyers, n'éprouve-t-il pas de la nostalgie au souvenir de la mer tumultueuse et de ses acres parfums, de son vieux navire, des régions lointaines qu'il ne reverra plus et qui ont gardé une partie de son âme? Et quelle émotion que celle du vétéran au souvenir de ses anciennes campagnes : les roulements du tambour retentissant, les accents du clairon sonore le saisissent; il voit encore le drapeau flotter au vent comme un météore enchanteur, il entend le canon, il sent la poudre, il frémit, il court, il vole au sein de la mitraille; le souffle enivrant de la gloire passe sur son front ! tous ces souvenirs Toppres-
sent, l'accablent; il pleure et il chante en faisant revivre le passé. Qui n'a éprouvé cette espèce de nostalgie effrayante du passé que l'on voudrait faire revivre, produite par le vide de l'âme si poignant, sans fond et sans mesure^ que fait un mort chéri que l'on rappelle toujours
Fig. 30. — Musiciens ambulants jouant de la flûte et du cornet à bouquin (dessiné et gravé par J. àmman). (Seizième siècle.)
et que l'on voudrait revoir, même à travers la tombe.^ Ah oui, quelle nostalgie que celle-là, surtout lorsque l'on retrouve, que l'on revoit, que l'on touche les objets qui ont appartenu à cet être aimé! Son ombre nous frôle alors et nous épouvante de tendresse et de terreur. Ah ! enfant chéri, épouse adorée, père , mère tendrement ai-
mes! que vous faites alors vei'ser de larmes à travers ces cyprès de la mort qui nous séparent de l'éternité !
L'âme pieuse, et souvent le simple et vrai artiste, habitués à vivre d'idéal , n'éprouvent-ils pas la nostalgie du ciel en songeant à toutes les réalités si sombres et . si écœurantes qui les environnent ? Un des maîtres les plus éminents s'exprimeainsi : « Enfin , il n'est que trop certain que les âmes ardentes qui ont successivement savouré les ravissements de tous les genres de beauté contenus en ce monde tombent, au moins par instants, dans une langueur rêveuse et mélancolique, et comme dans une peine d'amour à laquelle rien ne peut être comparé , parce que cette nostalgie du ciel , ainsi qu'on Ta quelquefois nommée , est l'immense désir d'un bonheur incomparable*. »
Il faut quelquefois peu de chose pour réveiller de profonds sentiments : une fleur desséchée, un simple médaillon , un bijou quelconque , une gemme de famille; car souvent ces gemmes brillantes sont des reliques qui conservent, condensés dans leur suave rayonnement, les derniers souvenirs d'une tendre mère, d'un père chéri, d'une sœur bien-aimée. Les larmes viennent facilement aux yeux en regardant ces bijoux qui nous ont été légués. Ils ont un langage aussi touchant que les accents d'une voix adorée : ils rappellent un passé triste et doux, les fêtes enchanteresses et les jours de deuil; l'histoire des êtres aimés qui ne sont plus et des bonheurs que nous aurions voulu retenir. Ils font souvent
* Ce. LÉvÊQUE, de l'Institut, la Science du beau, t. I, p. 104.
éprouver, avons-nous dit ailleurs * , l'émotion que réveillent les modulations plaintives et mélancoliques de l'oiseau solitaire gazouillant dans les noirs cyprès , dont l'ombrage protège la dernière demeure de tout ce qui nous fut cher.
Fig. SO. -^ Musiciens ambulanls Jouant du violon et de la basse de viole, dessinés et gravés par J. Amman. Seizième siècle.
Mais, sous ce rapport, rien n'est comparable à la musique ; elle possède au plus haut degré le pouvoir de faire naître la nostalgie; aucun langage ne réveille d'une
• Les Pierres précieuses et les principaux ornements, grand in-8® illustré de nombreuses gravures; par J. Rambosson, lib. Flrmin-Didot et Ole.
manière aussi puissante le souvenir de ce que l'on à aimé y les sentiments par lesquels on a été envahi, que les chants qui nous ont fortement frappés, surtout les chants de la première enfance.
Lorsque tout est éteint dans Tâme , elle s'éveille encore aux airs qui ont bercé nos premiers ans , et aux sentiments qui les accompagnaient. Un poète charmant nous a traduit le cœur de tous en nous traduisant le sien dans les vers suivants :
Un groupe délaissé de chanteurs ambulants,
Murmuraient sur la place une ancienne romance.
Ah ! comme les vieux airs qu'on chantait h douze ans
Frappent droit dans le cœur aux heures de souffrance !
Comme ils dévorent tout ! comme on se sent loin d'eux !
Comme on baisse la tète en les trouvant si vieux !
Sont-ce là tes soupirs, noir esprit des ruines?
Ange des souvenirs, sont-ce là tes sanglots?
Ah ! comme ils voltigeaient, frais et légers oiseaux^
Sur le palais doré des amours enfantines !
Comme ils savent rouvrir les fleurs des temps passés.
Et nous ensevelir, eux qui nous ont bercés !
(Alfred DE Musset, Rolla.)
On connaît l'influence vraiment prodigieuse du Ranz des vachesy chant patriotique des Suisses. Air simple et rustique, mais fameux par les effets qu'il exerçait sur les montagnards helvétiens, lorsque, loin de leur pays, ses accents venaient les frapper.
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Aussitôt revivaient pour eux toutes les scènes touchantes qui avaient entouré leur berceau : leur chalet, leur vieux père, les amitiés d'enFance, les monts escarpéSy les glaciers et les vertes prairies; toul s'animait et empruntait au lointain de magiques couleurs, de mystérieux enchantements; mille souvenirs s'emparaient d'eux et bouleversaient leur être; d'abord, une joie immense les inondait, mais bientôt succédait une mélancolie profonde et souvent une nostalgie incurable.
Les accents rustiques et si connus de ce chant national avaient une telle puissance sur les Suisses engagés au service de l'étranger, et principalement sur les régiments à la solde de la France, que la plupart ne pouvait résister à son influence : les uns désertaient malgré la discipline la plus rigoureuse, d'autres tombaient dans une langueur maladive et beaucoup mouraient. On fut obligé de défendre de jouer cet air sous peine de mort :
Le raiu du paire , un jour se fit entendre : A ces accents si connus de son cœur, Mal du pays, mal douloureux et tendre ! Dès l'instant même il ressent la langueur. Le lac d^azur, le chalet, la prairie^ A sa pensée ont apparu soudain ; 11 voit déjà dans l'horizon lointain Fumer les toits de sa chère patrie.
Il reconnaît cette chaîne de monts Qui dans les airs lèvent leur tète blanche , Et croit ouir dans les ravins profonds Mugir longtemps la bruyante avalanche ' .
* MiLLEVOYE, dans Alfred.
Mais c'est dans les montagnes helvétiennes, c'est dans les lieux mêmes où il fut créé, au milieu des rochers alpestres, au sein des chalets et des troupeaux qu'il faut entendre le Ranz des vaches si l'on veut s'en faire une juste idée et apprécier tous ses magiques effets (fig. 32): <i II iui faut les accompagnements delà nature, ditBridel, le fracas d'un torrent et le bruissement des sapins agités, qui sert de basse continue, la voix de l'écho qui le répète et le prolonge, les beuglements des vaches qui y répondent, le carillon de leurs qjoches qui y jette au hasard des sons aigus à intervalle inégaux; il est du plus grand effet dans nos hautes solitudes, et semble donner aux paysages al* peslres quelque chose de solennel et de mystérieux, surtout quand il est exécuté de nuit sur les flancs de l'Âlpe opposée, sans qu'on aperçoive ni les chanteurs, ni les instruments, et que le silence absolu de l'heure ou du lieu est brusquement rompu par des modulations simples, tristes et presque sauvages, dont la répétition n'est point monotone. y>
Chaque canton a son ranz des vaches qui offt^e plus ou moins de variétés, mais qui a toujours le même type, le même cachet national; cependant, c'est celui du canton de Yaud le plus apprécié pour la beauté de sa mélodie.
Nous devons ajouter que ce chant patriotique est loin de' produire les mêmes effets, que par le passé; cela se comprend par les changements que la vie moderne a introduits jusqu'au sein des montagnes les plus solitaires. Le profond attachement à la patrie s'affaiblit en même temps qiïe le profond attachement à la famille^ et l'un et l'autre diminuent à mesure que la vie devient plus errante, que
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les moyens de coramunicalîons avec les villes et avec l'étranger deviennent plus faciles. Au sein de distractions de toutes sortes, les pensées, les sentiments, les affections de rhomme éprouvent mille échecs au point de vue moral, et d'ailleurs, en se dispersant sur un plus grand nombre d'objets, ils perdent souvent en profondeur ce qu'ils gagnent en étendue.
On a quelquefois essayé, dans des cas extrêmes, d'obtenir d'heureux effets en réveillant d'anciens souvenirs, d'anciennes émotions; la musique est un des moyens les plus propices à employer dans ce cas ; d'ailleurs les effets directs de la musique peuvent s'unir à son influence nostalgique pour en augmenter la puissance. .
A la suite de malheurs immenses, Monge perdit totalement seS facultés intellectuelles. Un de ses amis rappela qu'en des circonstances semblables, on était parvenu à provoquer, chez divers malades, un réveil intellectuel de quelques instants, en faisant seulement retentir à leurs oreilles les paroles, les questions qui les avaient le plus occupés, le plus charmés, lorsqu'ils jouissaient de la plénitude de leurs facultés.
11 raconta, entre autres traits singuliers, celui de l'académicien Lagny. Ce mathématicien était tombé dans un tel état d'insensibilité, que, depuis plusieurs jours, on n'avait pas réussi à lui arracher une syllabe; mais quelqu'un
Im ayant demandé : Quel est le carré de douze? en obtint, sur-le-champ^ la réponse : Cent quarante- quatre. .
Or, la Marseillaise évoquait pour Monge tout ce qui, dans sa longue carrière l'avait le plus ému : <ic II était naturel, dit M. Arago, que ce souvenir académique suggérât aux amis de Morige la pensée d'une expérience analogue, et qu'ils espérassent s'éclairer ainsi sur la véritable nature des affections .encéphaliques dont Tillustre géomètre ressentait si déplorablement les effets. D'une voixunanime, on convint que rien au. monde, dans le vaste champ de la science ou de la politique, ne conduirait à un résultat plus décisif que Thymne patriotique de la Marseillaise. y>
La Marseillaise produisait sur Monge des effets indicibles d'enthousiasme; aussi le général Bonaparte, son ami, ajoute Arago, qui connaissait le goût de Monge pour rhymne, gage alors presque assuré de la victoire, et que nos soldats entonnaient en abordant Tennemi, manquait rarement, dans les banquets diplomatiques, même en présence des négociateurs autrichiens, d'ordonner à haute voix à la musique de jouer la Marseillaise pour Monge !
Mais sous Tinfluence de la ijialadie, la Marseillaise laissa Monge complètement insensible, elle ne lui flt éprouver aucune émotion visible : de ce moment la maladie fut jugée incurable.
Le souvenir de : Je vais revoir ma Normandie produisit un plus heureux effet sur le docteur Maynard^ célèbre
voyageur. Nous empruntons ce fait 3iù Voyagé autour du^ monde. .
Se trouvant au Chili, il eut la pensée d'y herboriser. Il -partit donc dans l'intérieur des terres avec un nègre qui lui servait de guide. Celui-ci se laissa mourir au bout de trois jours de marche, juste au moment où les provisions étaient épuisées, et le docteur se trouva perdu au milieu d'un pays inhabité qu'il ne connaissait pas*
Après avoir pieusement enterré le nègre, il se mit en vain à la recherche de noix de coco. Que faire? il s'arma de courage, se sangla les reins et marcha toujours devant lui jusqu'au moment où, épuisé de lassitude et de faim, il fut forcé de se coucher au pied d'un arbre; il n'avait rien mangé depuis trente-six heures, et déjà il était tombé dans une prostration voisine de l'insensibilité; il ne se sentait vivre que par un certain battement dans Toreille, qui tintait comme un glas.
Pendant qu'il était dans cet état de somnolence stupide, il lui sembla qu'il entendait, par moments, comme un écho très-lointain, le refrain de la romance très en vogue alors : Ma Normandie, puis tout se taisait et le désert retombait dans son immobilité.
Phénomène étrange, ce refrain le poursuivait sans cesse comme une pensée fiévreuse ! Tout à coup une note claire le réveilla de sa léthargie, il se leva, prêta l'oreille et n'entendit plus rien. Mais, au bout de quelques instants, les vibrations d'une voix humaine arrivèrent jusqu'à lui. Était-il le jouet d'une hallucination? Il se traîna, doutant toujours, vers un massif d'arbres, d'où la voix semblait partir, et après cinq minutes d'angoisses indicibles, il ar<-
rivait à une hacienda exploitée par une famille française. A trois mille lieues de la France, il avait été sauvé par un des plus populaires refrains du pays : Je vais revoir ma Normandie.
Tous ces faits se rapportent plus ou moins à la cause qui produit la nostalgie; c'est-à-dire à la loi de l'association des idées, des sentiments et des sensations ; cette influence indirecte de la musique est importante, elle mérite d'attirer l'attention du praticien, et surtout elle ne doit pas être négligée quand on veut spécialiser les divers effets de la musique.
La musique a donc une puissance bien extraordinaire et qui paraît bien mystérieuse, car elle peut produire sur ceux qu'elle impressionne, une émotion, un entraînement, en un mot des effets non-seulement aussi grands que ceux qui lui ont donné naissance , mais même plus grands quelquefois; car aux sentiments qu'elle exprime peuvent s'ajouter ceux qu'elle fait naître.
Mais chose plus singulière encore, c'est que l'émotion, rimpression qu'elle produit peut changer de nature suivant l'état des personnes, et pour une même personne suivant les dispositions particulières dans lesquelles elle se trouve ou dans lesquelles elle se met volontairement. C'est ici que se rencontre le problème grand et complexe de V influence de la musique au point de vue de la morale que nous allons étudier et essayer de résoudre.