II. — LA TRANSSUBSTANTIATION ET LE SACREMENT DE L'EUCHARISTIE
Si le Christ, est dans l'Eucharistie, sous forme de nourriture, c'est donc pour incorporer à son humanité les membres du corps mystique de l'Église, et, par ce moyen, leur fournir une grâce abondante de nutrition qui se répandra en quelque manière de la tête dans les membres, et y augmentera, en la fortifiant, la vie surnaturelle.
Maintenant, que nous avons mis en relief le pourquoi du Sacrement de l'Eucharistie, il nous reste à en expliquer le comment. La fin, ici comme partout, commande les moyens. Il doit y avoir entre eux une harmonie parfaite.
Aussi bien, voudrions-nous montrer, en nous aidant de saint Thomas, que la Transsubstantiation, à l'exclusion de toute autre hypothèse théologique sur la nature de la Présence réelle, répond seule et adéquatement au but que s'est proposé le Christ en se faisant Lui-même notre nourriture.
Doctrine de V Eglise, — Rappelons d'abord
les enseignements de l'Église à ce sujet. Ils portent sur deux aspects essentiels du Sacrement, d'un côté la Présence réelle, et de l'autre la conversion substantielle1.
Y a-t-il entre ces deux phénomènes surnaturels un lien causal, de telle sorte que la Présence réelle soit liée à la conversion substantielle comme un effet à sa cause?
Ou bien la conversion n'est-elle qu'une Transsubstantiation en ce sens qu'à la place du pain il y aurait la substance du Christ, et que la disparition du pain serait non pas la cause, mais la condition sine qua non de la présence réelle?
Il serait facile, par le contexte des définitions de l'Église, de montrer que les Conciles de Florence et de Trente admettent un lien de causalité entre la conversion et la présence réelle ; mais l'existence de ce lien causal n'ayant pas été expressément définie, il n'est donc pas, comme tel, objet direct de Foi. Dès lors, nous avons à montrer que, dans Vordre des nécessités sacramentelles, sinon dans l'or-