‹ Les harmonies providentiellesChapitre 3 sur 19 · IV DÉDICACE · texte numérisé non relu

IV DÉDICACE

reconnaissent; ils la proclament même alors qu'ils ne vont pas au delà, ou même alors qu'ils en méconnaissent la cause. Mais la conclusion est forcée : elle s'impose à la raison. Il n'y a pas un seul être qui ne soit en relation avec le tout, qui ne se compose avec l'ensemble. Pour mettre chaque être en harmonie avec lui-même et avec le tout, il a fallu un esprit capable de tout conce- ' voir, de tout embrasser, de tout créer, de tout ordonner. Ainsi nul être particulier n'est à lui-même sa cause, car pour qu'il fut sa cause à lui-même, il serait nécessaire qu'il fût la cause de tout. L'unité harmonieuse du monde proclame une cause unique et supérieure au monde.

C'était là le premier point à rétablir, et, s'il se pouvait, à renouveler. Afin d'y réussir de mon mieux, j'ai mis au pillage la science de tous les pays. Disons mieux et davantage : c'est la science qui seule a la parole dans les cinq premiers chapitres de ce volume. Elle dicte, j'écris; elle démontre, je n'ai qu'à conclure.

Je cite beaucoup de noms illustres et de travaux considérables. Mais je n'ai pu toujours citer : les notes auraient étouffé le texte. Je veux du moins nommer ici ceux de mes confrères et collègues qui m'ont été le plus utiles. Ce sont MM. Fayc, Delaunay, Puiseux; — MM. Wûrtz, Berthelot, Henri Sainte-Claire Peville ; — )iàS^. Claude Bernard, Milne-Edwards, E. Blanchard, de Quatr^efages^ Ernest Faivre. J'ai aussi fait de larges emprunts à^ux savants étrangers, notamment à MM. Secchi, Carpcnter'J ^an Beneden , Henri Hclmholtz, et surtout

;t M. Louis Agassiï. J'ajoute, alin de riViigajjerpersoiinc, <|ue je ne leur ai demandé (jue des faiU et des lois. Or c'est lii une richesse qui appartient à tout le monde, iriéine au philosophe. J'ai pria ce bien à pleines mains partout où je l'ai rencontre'.

Les sciences morales, sociales, politiques, m'ont fourni teur concours iiëccssiiire. Sans elles, et malgré l'appui des sciences physiques et naturelles, je serais resté à moitié chemin.

En effet, l'hamiomc du monde embrasse ù la fois l'univers physique et l'univers moral. On doit étudier ces deux univers, si l'on veut comprendre, selon la mesure des forces humaines, l'harmonie du tout.

D'ailleurs, si l'argument tiré de l'ordre et de l'harmonie de la création prouve une cause supérieure à l'univers et immensément plus grande que la totalité même des êtres, cet argument ne démontre pas l'existence de la cause infinie en perfection.

C'est la présence dans notre raison de l'idée du parfait qui prouve ia cause parfaite, l/argument cosmologiquc, comme on le nomme, prépare l'esprit à concevoir, puis à aHirmer la cause parfaite. C'est l'idée du parfait et l'harmonie <)ui existe entre cette idée et son objet qui achève et couroane le travail religieux de la raison.

Ici encore, je me suis appliqué à rajeunir un peu l'antique vérité.

' Je me pinis à dire que j'ai puisû dam la Revae dex cour* lâenlifiqar», publiw par SI. Gctiiicr-BBillii'r'', les l'enseigncnienU les pli» abondante et les plus curicui.

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