UX VIEIL AVEUGLE
Mes bonnes gens, la charité, s'il vous plaît, jesuis aveugle. Vos secours sont ma vie. Je n'ai personne au monde pour me soigner. Ayez pitié de moi! Ne repousssez pas une main épuisée par la. misère. La charité, s'il vous plaît!
UNE JEUNE PAYSANNE, lui panier sous le bras.
Tenez, père Mathurin, mon frère Jean est soldat,, priez pour lui. Votre intercession le préservera peut-être d'un malheur semblable au vôtre.
l'aveugle.
Merci, mon enfant, je me souviendrai de vous. {Sur un ton de voix plus dolent que précédemment. \
Mes bonnes gens, voilà trente ans que je souffre. Eté comme hiver, je suis toujours à la môme place, exposé au soleil, au vent, à la pluie. J'ai soixante ans. La charité, s'il vous plaît!
Jonathas, n'oublie pas ce pauvre homme.
l'aveugle.
Dieu vous le rendra.
DE PONTHAu, il marche encore un peu^ inds s'arrête. JonathaS;, que dirais-tu si j'accomplissais un miracle ?
JONATHAS
Je dirais : Dieu soit loué, mon maître est prophète, et j'inclinerais la tête sous le poids d'un modeste orgueiL
Des frissons m'étreignent la peau; j'ai froid! Cette pensée qui a surgi tout à coup est étrange. 0 mon Dieu, est-ce que vous m'auriez déjà choisi pour être l'instrument de vos bontés ?
JONATHAS
Vous m'effrayez, monsieur. L'approche d'une action occulte me hérisse les cheveux. Gomment! je vais voir un miracle ? Ah ! monsieur, vous auriez dû m'avertir longtemps d'avance.
DE PONTHAU s' approchant du malin gr eux.
Brave homme, voudrais-tu plonger tes regards dans l'océan de clarté que tu ne pressens même pas?
l'aveugle .
Hélas ! monsieur, vous êtes cruel.
Voudrais-tu contempler la nature face ù face ? Veux- tu que j'arrache de tes yeux Tobscurité qui les voile?
l'aveugle.
Je suis inoffensif, monsieur, ne vous moquez pas de moi.
LES HAUTS FAITS Dl^ M. D1-] PONTIIAU 53
Esi)LTe, descends en toi-même et prie le Tout- Puissant afin qu'il f aperçoive. [Les bras au ciel.) Seigneur, daigne venir à mon secours. Accorde à mes doigts le pouvoir de rendre la vue à ce deshérité. Seigneur, toi qui fus pauvre, toi qui aimes les pauvres, toi qui leur a tout promis derrière la mort, permets que ce malheureux adore ta puissance; permets qu'il se prosterne dans la poussière et qu'il pleure pour la première fois, lui qui a des cheveux blancs, devant la splendeur divine de ta création. — Au nom du miséricordieux sublime, homme ! je t'ordonne de voir. (// lui passe la main sur les yeux, puis s'agenouille, ainsi que Jonathas. Sile?îce . )
l'aveugle.
La nuit profonde ne cesse pas de m'entourer.
DE POMHAU.
Seigneur, nous attendons. [Silence.) l'aveugle.
La nuit ne se charge pas d'étincelles. Misère! monsieur, vous m'avez donné un espoir chimérique. Malheur surdons qui m'avez abusé ! Malheur sur vous qui avez centuplé ma souffrance par la promesse d'une guérison prochaine!
Oh!
l'aveugle.
Que la malédiction d'un vieillard vous poursuive partout où vous irez!
JONATHAS
Sac à vermine, marchand d'écrouelles, veux-tu que mon poing le ferme la gueule ?
Assez! Jonathas, fuyons! jette le restant de ta bourse à cet homme. Fuyons^ ma poitrine va éclater. Fuyons !
Un chemin entre des clos pleins depommiers. Diverseshaies séparent les clos. — (De Ponthau est assis sur l'herbe. Son visage est ravagé par l'émotion,. Jonathas, à genoux près de lui, le contemple avec anxiété.)
JONATHAS
Remettez-vous^ monsieur; vous tremblez comme -si ce damné saint Guy exécutait une danse macabre sur votre corps. Ventrebleu ! que ne m'avezvous laissé casser en deux le vieux manche à balai ?
Je suis un misérable, Jonathas. Ma réputation est à jamais conspuée. Miséricorde I un homme a pleuré parce que je lui avais garanti une promesse que je n'ai pas tenue.
JONATHAS
Vous avez voulu aller trop vite, monsieur. Un miracle est chose grave. Je vous citerai des millions d'individus placés à la droite de Dieu qui n'ont jamais pu en accomplir.
J'ai assez travaillé à sa gloire pour n'avoir pas mérité une désillusion aussi complète.
Mais, monsieur, vous n'êtes en campagne que depuis six mois.
Jonatlias, un serpent hideux enroule ses anneaux de fer autour de ma croyance, cette partie la plus [)ure de moi-même. L'incrédulité agite ses grelots dans ma tête et ses couleurs chatoyantes devant mes yeux.
JONATHAS
Vous doutez, monsieur ?
Oui, ma vigueur est brisée; mes convictions ont vieilli de plusieurs siècles. Cet échec leur a fait pousser des cheveux blancs; Jonathas, la tombe s'est ouverte pour elles.
JONATHAS
Horreur! monsieur, moi qui ai assisté à votre désenchantement, j'ai conservé une foi intacte.
Alors, tu n'es pas un penseur. Tiens ! Jonathas, en ce moment j'ai un amer dégoût pour les choses <:élestes. On me dirait : 11 y a là tout un peuple qui implore tes discours afin de se convertir, parlelui, je garderais le silence. Honnis soient les gens qui, à l'aide d'un sang-froid imperturbable, vous accablent de définitions sur Dieu, sur la création
de l'homme, sur le pourquoi des existences, quand ils sont ensanglantés par la morsure du doute. Décidément, Jonathas, plus on vit, plus on apprend. Il faut avoir douté pour sentir le prix de la foi.
Voyons, monsieur, ne vous désespérez pas. Le malingreux auquel vous avez essayé de rendre la vue, ne méritait peut-être pas une aussi éminente faveur. Somme toute, vous ne le connaissiez pas, vous n'aviez pas plongé un regard attendri dans les bas-fonds de sa vie passée. Ge vieux porc a peutêtre tué père et mère.
Le crucifié guérissait. 11 ne s'occupait des antécédents de personne.
JONATHAS
C'est vrai! mais qui vous insinue que Dieu, considérant l'état de l'univers, n'a pas changé d'avis au sujet des miracles? Mort du pape ! monsieur, on n'en voit plus beaucoup.
Dieu ne change pas.
JONATHAS
Qui vous prouve que Dieu ne vous a pas envoyé une épreuve?
Ceci est mieux raisonné... Jonathas, tu es un brave serviteur... Cette pensée verse du baume sur ma blessure... N'importe! je suis encore ému.
LES IIAITS FAITS DE M. DE PONTIIAU 57
Pense à cela : se sentir des ailes; se sentir la force personnifiée ; se sentir la nécessité ; se sentir pour un instant le génie capable de soulager une souffrance humaine, et retomber de ce ciel incommensurable sans personnalité^ sans ailes et tout boueux d'anéantissement. Je ne suis pas de ces faux prophètes dont le cerveau est affaibli par la solitude et les macérations. Je ne sors pas d'un prêche dans lequel on m'a infiltré l'ivresse par Toreille. Non! Jonathas, je suis un homme sain de corps et d'esprit. Malheureusement^ je me suis cru une faculté que je n'avais pas... Il se peut que cette faculté se développe plus tard; il se peut encore qu'on ait voulu m'éprouver. En attendant, mon amour-propre et mon cœur ont été froissés.
JOXATHAS.
Hélas! monsieur, comment osez- vous bouder le Seigneur?
J'ai tort... qu'il me pardonne! Ma colère passera. Mais à présent, j'entends gronder en moi une activité incroyable. Marchons, Jonathas, marchons ; tu ne te doutes pas de la jouissance que j'éprouverais à saisir la crinière d'un cheval fougueux et à lui bondir sur les reins. Je voudrais voir le ciel se charger de nuages lourds comme nos péchés ; je voudrais voir les éclairs de mes yeux se croiser avec les éclairs d'un orage. Bienheureux, ceux qui peuvent se lancer dans une course ef-
froyable^ avec la pluie en plein visage et la foudre au dessus de leur tête I
JONATHAS
Bo?ie Deus, monsieur, je souhaiterais d'être votre coursier afin de prendre part au vertige qui vous entraînerait à travers les flaques d'eau, les fossés et les palissades !
Ah! quelle placidité régnerait sur mon âme après une course comme celle-là! Marchons, Jonathas, le souffle et la foi me reviennent. Désormais, les actions de ma vie seront tellement hautes quelles domineront les tumultes du monde. Mon nom retentira jusqu'au Paradis. Peut-être ^ alors, le Seigneur oubliera-t-il la crise que je viens de traverser !
Des rochers. — Quelques arbres décharnés. — Une tombe de gazon dominée par une croix grossièrement façonnée. Barrabas est occupé à graver sur un rocher, avec son poignard, l'inscription suivante :
BARRABAS
Ci-gît, SOUS ce tertre, ma femme!
Elle adora le vin; elle eût plus d'un amant; Sa voix à tout propos grondait brutalement.
Qu'aucun passant ne la diiïame !
Car, au feu de mes yeux, son désir s'alluma; Car de son corps j'étais un prêtre enthousiaste,
np. Salmon
ij i'> r '
Mon nom retentira jus quau Paradis Lej hauts faitr dc' M'' dt' PonthoM/ fj'^partù/)
Dervpaux Ed''
LES HAUTS FAITS DE M. DE PONTIIAU h\)
Cav elle lut pour moi sobre, plaisante et chaste, Puisqu elle m'aima.
Suis-je assez niais?... des larmes se perchent sur le coin de mes paupières. Le site était séduisant pour y placer une tombe. D'ailleurs, elle se plaisait ici, autrefois. Souvent, du sommet de cette citadelle de rochers, nous avons guetté ensemble le passage des voyageurs. Un soir, entre autres, assis sur cette plate-forme je lui ai expliqué le mystère des nuits étoilées... Mon inspiration était pleine de développements introuvés. L'ombre était tiède. La journée avait été fructueuse... La forêt se pâmait en cris joyeux d'animaux. Misère humaine ! Il n'est pas un endroit, à dix lieues à la ronde, qui ne me crache au visage un reflet démon amour encore vivant. Misère humaine! comme je m'ennuie après elle!
Devant la ferme de la Parpaillotte.
JOXATHAS.
Monsieur, regardez donc là-bas ce jeune seigneur.
Il a l'air d'un gentilhomme de grande race.
JONATHAS
Bon ! il change de direction et arrive de noire coté.
(Le comte de ïlelly arrive lentement) au moment
OÙ il va disparaître. De Ponthau s'approche de lui et le salue courtoisement).
J'ai l'honneur de vous saluer, monsieur.
JONATHAS
Et moi aussi, monsieur.
Seriez-vous assez aimable pour vous arrêter un instant ?
DE HELLY.
Mais, monsieur, je n'ai pas le plaisir de vous connaître.
Jonathas, annonce-moi.
JONATHAS
Monsieur le comte de Ponthau.
Maintenant, monsieur, ayez l'obligeance de ne plus me cacher votre nom.
DE HELLY.
Je suis le comte de Helly.
De Helly! Vous êtes un descendant de cet incomparable sire de Helly qui combattit les Armagnacs pour le roi Charles sixième?
DE HELLY.
Oui^ monsieur.
Vous le voyez, comte, vous ne m'êtes pas inconnu. — Mais, pardon do mon indiscrétion, quel
culte j)rofes^ez-vûus? AvaiiL do vous serrer la main, je tiendrais ta en être informé.
DE HELLY.
Oiie vous importe?
11 m'importe beaucoup, monsieur^ puisque je m'octroie le plaisir de vous le demander.
JONATHAS
Il est facile de répondre à cette question.
DE HELLY.
Imposez silence à votre valet, monsieur, je vous prie.
Jonathas, puisque monsieur le comte chevauche aussi sérieusement sur l'étiquette, fais-moi l'amitié de ne plus ouvrir la bouche {d de Helly). C'est un serviteur auquel j'ai eu le tort de laisser quelques libertés; aussi, vous voyez, il en abuse.
DE HELLY.
Monsieur [ils éloigne), je suis tout vôtre. DE PONTHAU, l'arrêtant.
Pardon! Mais, vous n'avez pas eu l'obligeance de répondre à ma question. Vous l'avez sans doute oubliée, la voici : de quelle religion ètes-vous ?
DE HELLY.
Monsieur, votre insistance va bientôt m'impatienter.
Impatienter? Quel vilain mot, cher comte! Je m'étonne qu'un seigneur d'une aussi exquise gen-
62 LESIHAUTS FAITS DE M. DE PONTHAU
tilhommerie se permette d'employer de pareils termes avec un égal.
DE HELLY.
Est-ce une leçon ?
Dieu m'en préserve! — Me ferez-vous l'insigne grâce de me répondre?
DE HELLY.
Non.
Réfléchissez [silence). Non ? Dans ce cas, je conclus que vous êtes catholique, car, si vous étiez huguenot, vous seriez fier de votre religion.
DE HELLY.
Je suis catholique. Après?
Jonathas, commence ton apprentissage, prouve à monsieur ]e comte, que notre religion vaut mieux que la sienne.
JONATHAS, avec des yeux terribles et des gestes
d'énergumène.
Homme pervers, corruption infecte, Moloc, écoute la parole de vérité.
Je vous prie de ne pas me retenir plus longtemps. (// éclate de rire.)
DE PONTHAU, d'uïi tou très digne.
Écoutez, monsieur, écoutez.
DE HELLY .altter.
Me laissercz-vous passer à la fin ?
JONATIIAS.
Crains la vengeance du Seigneur^ ton Dieu^que tu as oiïensé.
C'est bien, Jonathas, tu as encore des progrès à faire (à de Helly). Monsieur^ Dieu ne veut pas la mort du pécheur, pourvu qu'il se repente. Je vais tenter un dernier effort pour qu'il soit dit que j'ai tout essayé. Si vous montrez par des larmes que vous regrettez la fornication et Terreur, Dieu vous pardonnera peut-être et conclura une alliance 3.Yec \ou.s {il prend sa bible et l'ouvre) «Or, il arriva... [De Helly lui arrache la bible des mains et la jette, Jonathas la ramasse pieusement) .
DE HELLY.
Maintenant, je veux passer, entendez-vous?
Monsieur, vous m'avez insulté. Il s'agit de me rendre raison. Votre conduite est indigne d'un gentilhomme. Aux épées, monsieur, aux épées ! [Ils défjahient,)
Soit ! [Ils se battent.)
JONATHAS, à son maître.
Je vais prendre une leçon, monsieur, tâchez qu'elle soit courte.
DE HELLY.
Allons donc !
Pour la plus grande gloire de la religion réformée. Un... Deux... (// se fend \ de Helly pare.)
DE HELLY.
Pas de chance ! [Lui portant mie botte.) Grand bien vous fasse ! {de Ponihaupare.) ^
Merci.
JONATHAS à de Ponîhau.
Vous mettez bien du temps à dépêcher ce freluquet, monsieur. Dois-je m'en mêler ?
Attention à ce coup, Jonathas.
JONATHAS, battant des mains .
J'applaudis d'avance.
Jean Pot, Suzanne et la Parpaillote accourent. JEAN POT.
Arrêtez !
LA PARPAILLOTTE.
C'est monsieur de Helly !
Soyez spectateurs de la joute. Monsieur le comte est le champion des catholiques, et moi, celui des huguenots. Allons, place ! place 1
SUZANNE à de Ponthau.
De grâce, cessez le combat.
LA PAiip.viLLoTïE à dc llelly ,
Monsieur le comte, je vous en supplie, ne vous battez plus.
DE HELLY.
J'v consens.
JONATHAS^ à de Helly,
h Vous alliez être vaincu; donc^ notre religion vaut mieux que la vôtre.
JEAN POT, désolé.
Je vous le disais : ce monsieur n'est venu que T' pour mettre tout sens dessus dessous.
DE HELLY, bas à de Ponthau, Quand nous retrouverons-nous?
Demain, à la tombée de la nuit, derrière ces meules.
Au revoir, la Parpaillotte. Au revoir, Suzanne. -îe vous salue, monsieur.
(Exit de Helly.)
JEAN POT, à de Ponthau.
Je vous félicite. Grâce à vous, on va chasser d'ici Suzanne et la Parpaillotte.
Gomment?
JEAN POT
Parbleu! la Parpaillotte n'est-elle pas la fermière de monsieur le baron de Ghistelles?
JONATHAS
Qu'est-ce que le baron de Ghistelles vient faire là-dedans ? Celui-ci se nomme de Helly.
JEAN POT
Je vais vous expliquer.
Silence ! (A la Parpaillote.) « Toi qui te glorifies dans la loi^ tu déshonores Dieu par la transgression de la loi. . . » Femme^ j'attends que tu parles .
LA PARPAILLOTTE.
Le comte de Helly est un catholique. Il doit épouser la fille du baron de Ghistelles ; mais ce dernier est un des plus fervents huguenots que je connaisse.
DE PONTHAU, levant les bras au ciel.
Elle a dit un des plus fervents huguenots !
JONATHAS
Infamie !
Un huguenot peut-il accorder sa fille à un infidèle?
JONATHAS
Jamais.
JEAN POT^ à Suzanne, Cette fois^ il n'a pas tort.
A quoi servira donc la parole du Très-Haut : « Tu ne marieras pas mes enfants aux enfants de mes ennemis. » Archaugo, brandis ton glaive sur ceux qui désobéissent.
SUZANNE, timidement.
On assure qu'ils s'aiment.
DE POXTHAU.
(( Quiconque aura quitté des maisons, ou des frères, ou des sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme et ses enfants, ou ses champs à cause de mon nom ; en recevra cent fois autant et héritera do la vie éternelle ! »
JEAN POT
On ne peut cependant pas se montrer toujours les dents comme des chiens hargneux. Croyezvous que les enfants d'une protestante et d'une catholique ne seront pas aussi heaux que ceux de deux protestants.
LA PARPAILLOTTE.
Non.
JONATHAS
Sur ma parole ! Il n'existe pas un second idiot comme toi.
Ce mariage est impossible; moi [vivant, il ne s'accomplira pas.
JONATHAS
En guerre contre lesHétiens, les Phérésiens, les Cananéens, les Reviens et les Jôbusiens; nous les exterminerons.
LA PARPAILLOTTE.
De quelle manière comptez-vous empêcher ce mariage ?
DE POXTHAU.
Femme, ne cherche pas à pénétrer les secrets du Seigneur; qu'il te suffise d'en admirer les résultats.— A genoux ! Invoquons le Dieu fort afin qu'il m'inspire et qu'il nous accorde le succès. A genoux ! Afm qu'il vous érige en auxiliaires puissants dans l'œuvre que j'entreprends. [Tous s'agenouillent.) Je vais prter tout bas. [Il étend les mains sur le (jrovpe, p'ie, puis se r^/^?;e.) Hurrah ! Mon àme déborde de sérénité. J'ai une armée, gloire à Dieu !