‹ Les hauts faits de M. de PonthauChapitre 19 sur 48 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Au Louvre. — Un salon contigu à la chambre à coucher do la reine. — Marie de Médicis est assise sur un siège plus élevé que celui des autres. — Auprès de la reine se tient debout Virginio Orsini, son cousin. — Concino Concini, le duc de Bellegarde et le roi Henri IV forment un groupe. — Henriette d'Entragues, marquise de Verncuil, le comte d'Auvergne son frère, et quelques courtisans forment un autre groupe. — Léonora Dori cause avec deux ou trois dames à quelques pas derrière la reine. — Tous sont en costume de cour.

LE ROI

Oui ! monsieur di Concini, je crois à Nostradamus. {Au duc de Bellegarde qui rit,) Hé ! duc, je ne le dis pas par gausserie. Écoutez plutôt cette histoire : j'avais onze ans, on me nommait alors le prince de Béarn. Je me trouvais avec sa Majesté feule roi Charles neuvième, en Provence, à Salondu-Crau, quand l'illustre sorcier pria mon gouverneur de l'introduire auprès de moi. Celui-ci le voulut bien, et Nostradamus entra dans ma chambre, à mon lever, au moment où, presque nu, j'attendais ma chemise. Il me contempla longtemps avec une ténébreuse fixité; puis, se tournant vers mon gouverneur : « Ce jeune homme, dit-il, aura tout l'héritage, et si Dieu vous fait grâce de vivre

jusque-là^ vous aurez pour maître un roi de France et de Navarre. »

Page 1