‹ Les hauts faits de M. de PonthauChapitre 27 sur 48 · LES ILVUTS FAITS DE M. DE PONTHAU LK SOUFFRETEUX · texte numérisé non relu

LES ILVUTS FAITS DE M. DE PONTHAU LK SOUFFRETEUX

Monseigneur...

r/est bien ! je t'en dispense. Repose-toi sur ce banc^ tu dois être fatigué.

LE SOUFFRETEUX

Hélas! bien fatigué.

Souffres-tu beaucoup?

LE SOUFB'RETEUX.

Beaucoup, principalement les jours où des orages se promènent dans l'air.

J'ai l'intention de te guérir; mais, je t'en avertis, il m'est impossible de t'affîrmer la réussite d'un projet qui n'est qu'une espérance.

LE SOUFFRETEUX, Stupéfait.

Vous.-,. VOUS... avez... l'in... ten... tion... de... me... guérir?

Oui.

L^: SOUFFRETEUX

De me guérir?

JONATHAS

Ane ])âté, faudra-t-il te le répéter jusqu'à de- 1 main?

r.E SOUFFRETEUX, rec,o\n)rant son assurance. Toute la pbarraacio y a perdu son latin et ses drogues.

LES HAUT? FAITS DE M. DE POXTriAU 199

DE roNïH.vr.

Aiis^i, n'est-ce pas avec dos moyens ordinaires que je prétends te sortir d'embarras. — Je vais t'abandonner à ta conscience pendant quelques minutes. Demande pardon à Dieu des fautes que tu as commises. Montre-lui un cœur vraiment contrit; promets-lui de te surveiller désormais, et chacune de tes larmes ira tomber sur la cloche d'or du paradis et la fera tinter; et la miséricorde du Très-Haut descendra sur ta tête. Viens, Jonathas.

[Exeunt.)

LE SOUFFRETEUX, SeuL

Par où me sauverais-je bien? Les murailles sont trop élevées : — Par la porte ? Je risque de les rencontrer. Je n'entrevois plus aucune issue. — Ah ça! suis-je moi ou suis-je un autre? Si je ne craignais le mal, je m'arracherais les cheveux. .. Ne pouvait-il pas pêcher un autre gueux dans les eaux troubles de Paris ? Qu'ai-je fait à la Providence pour qu'elle m'ait désigné à ceshommes?... Mais j'ai les jambes aussi saines que les bras, aussi saines que mon estomac doué d'un appétit féroce, aussi saines que mes yeux dont la vue perçante méprise Tobscurité. Barrabas, Barrabas, quelle ruche as-tu tracassée! Si tu sors à ton honneur de ce guet-apens, tu pourras te vanter d'être un sublime drôle. — Bon, les voilà! je suis perdUé

Es- tu prêt?

BARRÂBAS.

Oui ! Mon... seigneur.

Ne crains rien.

BARRABAS

Je.... je tremble... malgré moi.

JONATHAS

Avec sa figure de bravache, il est aussi couard qu'un lièvre.

Au nom de la bonté suprême, au nom de la pitié infinie^ au nom du Dieu vivant, marche.

BARRABAS

Mon... seigneur, je... ne peux pas^ mes jambes sont enfermées dans un sac.

Au nom de Dieu qui m'entend, je t'ordonne de marcher.

Attends! je vais te délivrer. (// coupe les cordes et retire le sac.)

BARRABAS, ss lèvc tout clroU sur ses jambesy sans béquilles, et fait quelques pas avec difficulté.

Mes jambes sont un peu engourdies.

JONATHAS

Miracle! Miracle! Gloire à Dieu. Hurrah ! eml)rasse-moi. (// saute au cou de Barrabas et l'embrasse avec effusion.)

LES HAUTS FAITS Di: M. DLJ l'OxNTlIAU 201 BAURAHAS.

Vous allez lu'étouflVr.

[De Ponthau pleure sdencicusenioit,)

JONATHAS

Monsieur, vous êtes grand comme le monde. [Il cml/rasi>e ses genoux.)

Relève-toi, Jonathas, on ne se met à genoux que devant Dieu. C'est lui dont la puissance a accompli ce miracle.

JONATHAS

La modestie estla vertu de ceux que le Seigneur a choisis.

BARKABAs, cjui a marcM et dont les jambes ne sont plus engourdies»

(A part.) J'ai eu raison de me taire. Gardons notre sérieux et continuons à jouer la comédie. {Haut.) Miracle ! miracle ! je le proclamerai partout. Miracle ! Gomment reconnaître une pareille faveur! — J'ai la joie dans rùme. Regardez^ je marche comme si je n'avais jamais été estropié. Dieu bon ! l'ètes-vous assez I et comme je sens la faveur dont vous m'avez gratifié en m'accordant une paire de jambes solides. Vivat! vivat! l'univers m'appartient. (// se met à danser.)

DE PONTHAU à JonutllUS.

Maintenant, je suis capable de convertir le roi .

JONATHAS

Certes ! — Mais, monsieur^ considérez la joie de ce pauvre homme.

Remercions le Seigneur. {Ponthau et Jonathas s* agenouillent .)

BARRABAS^ il dause et chante sur un air très gai. Vivent les fleurs de l'aubépine, Les boutons d'or et l'églantine !

Vivent les champs ! vivent les bois!

Et raccord bourdonnant des voix Joyeux concert dans la nature !

Vivent les prés et leur parure !

(A de Ponthau.) Ainsi soit-il, monsieur, mon cœur est avec vous.

[De Ponthau et Jonathas se relèvent.)

DE PONTHAU à Barrabas.

Tiens ! voilà une bourse bien garnie.

JONATHAS

Tâche de ne pas la boire, de ne pas la traîner dans de trop mauvais lieux.

BARRABAS

J'en ferai des aumônes.

J'ai besoin d'un second valet, veux-tn outrera mon service?

BARRABAS

Monseigneur, on a bien raison de le dire : les

honnêtes gens seuls prospèrent. J'accepte votre proposition avec reconnaissance. Le firmament s'ouvrirait et me laisserait voir Dieu me faisant une joyeuse grimace, que je ne serais pas plus charmé. Vous aurez en moi un serviteur dévoué.

Jonathas, arrange-toi pour que ce brave garçon soit habillé convenablement.

JONATHAS

Comptez sur moi. (A Borrabas,) Sais-tu manier uneépée?

BARRABAS

Parbleu !

Tu mens, puisque tu étais estropié.

BARRABAS

Distinguons : je sais la manier, mais je ne sais pas m'en servir. On connaît sa langue.

(E.reunt.)

Au Louvre, une chambre dans les appartements du roi. — Henri IV est assis dans un immense fauteuil de velours bleUj constellé de fleurs de lis.

LE ROL

Je suis fiirir'ux contre toi.

Sire, vous avez sans doute vos raisons pour cela; mais elles m'échappent.

LE ROL

Gomment, elles t'échappent? Que signifie ce langage ? A coup sûr tu es un imprudent. Crois-tu que je ne sois pas au courant de ta dernière escapade ?

Quelle escapade ?

LE ROL

Celle OÙ tu as failli périr.

Sire, j'ai fait mon devoir.

LE ROL

Ton devoir consiste à aimer Dieu et à me bien servir; mais non pas à répandre le trouble dans les églises et la désolation dans les familles. Deux personnes sont mortes à la suite des horions que tu leur as distribués. Rends grâce au nom de tes ancêtres, car sans lui, aussi vrai que je suis roi de France, tu aurais disparu impitoyablement dans les caveaux de la Bastille.

Sire, il ne convient pas de se louer soi-même ; mais, plaise à Dieu que bientôt la rumeur vous apporte une autre histoire ! Celle-là vous démontrera que mes luttes et mes actions ne déplaisent pas au maître de toutes les créatures.

LE KOL

La rumeur sei a la bien reçue. En attendant^ puisque tu fais le mystérieux, garde pour toi ton mystèrejene veux pas te supplier. Cependant, a vaut de

Li:s iiAi rs i\\n\^ m: m. di: poxtiialî 205

nous quitter, jo tiens à te dire que cette querelle n'aura aucune suite, et que je suis toujours aussi bien disposé en ta faveur. Tu es jeune, tu as la tète facile à éeliaulTer, veille sur ton fanatisme. Mes amis doivent être impeccables. Va! [De Ponthau s'jnc/mr pt sr dirige vers la porte.) Jacques ? DE PONTHAU, revenant.

Sire.

A présent, traitons les sujets badins. J'ai besoin de t'entretenir au sujet d'une affaire qui me touche singulièrement.

Je suis à vos ordres.

LE ROI

Je voudrais des détails sur le baron de Ghistelles et sur sa fille.

Des détails ?

LE ROI

D'abord, es-tu certain qu'Hélène n'aime personne ?

Sire, elle a aimé quelqu'un.

LE ROI

Oui, ce pauvre de Helly.

DE PONTHAU, SOUS sourcUler.

Mais, comme ce premier amour n'existe plus, grâce à la mort du comte, tout me porte à penser que son cœur est libre.

LE ROL

Tant mieux.

Vous êtes donc féru au cœur ?

LE KOI.

Oui, Jacques, à mon âge. — A franchement parler, me crois-tu encore capable d'inspirer de l'amour ?

Sire, n'êtes-vous pas un Bourbon? N'êtes- vous pas roi ? Les exploits ne vous sont-ils pas familiers ?

LE ROI

Tu es un flatteur, tes paroles me charment. D'ailleurs, si je n'ai pas le bonheur de réussir par moi-même, j'emploierai les grands moyens. C'est justement à propos de ces moyens irrésistibles que j'ai l'iatention de te parler du baron de Ghistelles.

Je vous comprends, sire, M. le baron de Ghistelles, mon ami, ne se laissera pas corrompre, j'en suis sur.

LE ROI

Bast! M. d'Entraygues aussi a feint quelques hésitations, mais j'ai .doublé la somme, et il s'est incliné.

M. d'Entraygues ?

LES HAUTrf FAITS DI-: M, DE TONTIIAU 207 LE ROI.

Oui, le père de la marquise de Verneuil.

DE PONTHAU, ckancelunt.

Ahî

LE KOI.

Qu'as-tu ?

Je ne m'attendais guère à une pareille secousse.

LE ROI

Assieds-toi sur ce fauteuil, Jacques, mon enfant. Veux-tu que mon médecin vienne ?

Oh! sire, pardonnez-moi.

LE ROI

Te pardonner?.. . Tu m'étonnes. Ne t'ai-je pas dit tout à rheure que je ne t'en voulais plus.

DE PONTHAU, respirant à peine.

Vous ne pouvez savoir, sire, vous ne pouvez savoir. (Tombant aux genoux du roi,) Je suis un traître ! je suis un ingrat ! Mon roi bien-aimé, je vous jure sur la tombe mémorable de mon père et sur Thonneur de ma mère, que je ne savais rien. Je ne suis pas coupable, ou plutôt, si! je suis coupable,. . . mais je ne savais rien, je ne pouvais rien savoir.

LE KOI.

Explique-toi.

Sire, je n'ose pas.

Parle.

Je vous ai trompé avec madame de Verneuil, Sire, je me condamne à mort, c'est la seule réparation qui soit digne d'un tel crime. (// retire son épée et la lui présente.) Voici mon épée !

LE ROI, après un moment de silence.

Remets ton épée au fourreau et garde-la. Elle n'en est pas moins celle d'un honnête homme. Relève-toi.

Sire, sire, je suis innocent, c'est vrai ! mais l'injure existe, ma mort vous est nécessaire.

LE ROI, avec une grande dignité.

De quelle injure veux- tu parler? Crois-tu qu'il puisse en exister une de toi à moi? Quel orgueil superbe as- tu donc? J'ai gagné les batailles d'Arqués et d'Ivry ; j'ai conquis mon royaume province par province. Non content d'être un chef consciencieux, je me suis montré un intrépide soldat. Quelle est donc l'injure que tu m'as faite ? En qu oi me vois-tu responsable des ignominies de la marquise de Verneuil ? M. de La Mole fut un traître ! Bussy d'Amboise fut un scélérat! mais toi, Jacques, toi qui ne connaissais pas les liens qui m'attachaient à Henriette d'Entraygiies, tu n'es même pas coupable d'une faute. En voici la preuve! {Il

lui tend la main, de Pont/ian la lui baise.) Maintenant, retire-toi. A bientôt, mon entant.

DE POXTHAU, hors de lui.

Je le sauverai : il faut que je le sauve !

Une salle s'ouvran' oar deux portes monumentales sur un immense couloi:* «bQutissan!: .. une des sorlies du Louvre.

MAZAROz, entrant.

Ce lieu me semble favorable. Le roi passera bientôt dans ce couloir, et cette porte me dissimulera suffisamment. Enfin! j'éprouve un soulagement prodigieux. Ainsi doivent se réjouir les gens qui, après une agonie douloureuse, sentent les approches de la mort. (// va donner un coup d' œil dans le couloir.) Personne, j'en ai la certitude, ne m'a vu pénétrer dans cette salle. — Quel tumulte, quand retentira ce cri : le roi est mort ! L'immonde Paris en sera bouleversé. J'aurai fait vaciller le trône de France, mais la religion du t Christ obtiendra un nouveau lustre, et les anges du paradis battront joyeusement des ailes. [Une horloge, placée dans le mur au-dessus d'une vaste dieminée, sonne.)Yo[ci ma dernière heure qui sonne. Jésus a les yeux fixés sur moi. Joie suprême, moment attendu avec les impatiences de la fièvre, chantez dans mon âme. Hosanna I la mort est . une seconde mère qui me tend les bras... Je le - frapperai au cœur et je m'acharnerai après la bles-

sure jusqu'à ce qu'on m'en arrache. Le jour de la sanctification est arrivé. Bientôt, dans toutes les églises de la chrétienté, le troupeau des fidèles prosternés invoquera mon nom avec celui des saints. Hosanua! mon poignard tremble de soif.

(Jonathas arrive à pas de loup, Mazaroz l'aperçoit et se cache vivement derrière le battant d'une porte.)

JONATHAS

Être Français! posséder un roi et ne l'avoir jamais vu ! Situation déplorable à laquelle il est possible de remédier ! J'ai conçu le projet de contempler mon souverain tout à mon aise. Je cours, il est vrai, le risque d'être chassé, de sentir sur mon échine la caresse d'un fagot de hallebardes; mais qu'est-ce que ces menus déboires auprès de la jouissance béate que mes yeux éprouveront... Je vais me blottir derrière le battant de cette porte, et là, j'attendrai patiemment le passage de Sa Majesté. Il se cache derrière le second battant de la porte qui dissimule Mazaroz.) L'embrasure est large; mon innocente curiosité sera satisfaite.

UN GENTILHOMME, entrant.

Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Je ne les ai pas précisément surpris, mais il s'en faut de si peu... de si peu ! Reposez-vous donc sur la constance des femmes. Autant vaudrait avoir la prétention de dormir sur la surface plane de la mer. 11 est évident que si j'étais resté en Italie, dans mon chà-

LE^ HAUTS FATT>i OK M. \M] POXTTIAU 211

teau, cela ne serait point arrivé. Gela ! mot terriblt^î — Quelle condnite dôis-je tenir désormais à regard de ma femme?... Je me montrerai impitoyable.. . Se montrer impitoyable, est-ce une vertu? Non. Est-ce une malice ? Encore moins. En ce cas, je fermerai les yeux, et ma tranquillité ne sera point troublée. — Hé! hé! je ne suis pas trop jaloux pour un mari trompé. Cela tient peutêtre... cela ! à ce que je n'aime plus ma femme. N'importe ! je n'ai plus le droit de rire des autres, c'est triste ! (// s'en va, ferme machinalement la porte dont les battants cachent Mazaroz et Jonothas, Ces deux derniers se regardent un instant nez d nez d\m air ahuri,)

JONATHAS, à part.

Un prêtre !

MAZAROZ. à part.

Dois-je le frapper d'abord?... Non ! ce serait un crime .

JONATHAS^ à part.

Cette face de Carême ne me prédit rien qui vaille. [Haut,) Monsieur, salut ! je vous dérange?

MAZAROZ.

Pas le moins du monde.

JONATHAS

J'en suis ravi. [A part.) Cet homme paraît embarrassé. {Haut.) Appartenez-vous à la maison du I roi ?

MAZAROZ.

Oui.

JONATHAS

Au môme titre que moi^, sans doute?

MA.ZAROZ.

Qui sait?

JONATHAS

Pourquoi vous cachiez-vous ?

Probablement pourne pas être vu... par vous.

JONATHAS

Monsieur, au plaisir de ne plus vous revoir. (// le salue.) (A part,) Cet homme m'est suspect. Allons prévenir M. de Ponthau; je sais où le rencontrer.

MAZAROZ, seul.

Que la Providence te pardonne, à toi qui as failli entraver sa marche! Dois-je fermer cette porte ou la laisser ouverte? Je préfère qu'elle soit ouverte; je m'élancerai plus sûrement, et si j'ai besoin de renverser quelqu'un pour obtenir une libre route, je prendrai plus facilement mon élan. — Voyons, je me présenterai an tyran face à face.. . Son cœur sera, par conséquent, à ma droite. Il s'agit de ne pas me tromper,... à ma droite. — Mettons-nous en oraison , et que le ciel m'assiste I

[Il s' agenouille et s abîme dans la prière. De Ponthau entre, V examine un instant et lui met rudement la main sur F épaule.

Bon courage !

LE>J TIA^T^; FAITS DE M. ni- PONTIIAU 213

MAZAROZ, se relevant.

Oui et es- vous ?

Le comte de Pontliau.

MAZAROZ .

Alors je yous connais.

Quel est votre nom ?

MAZAROZ.

Je suis le révérend père Mazaroz, de la Compagnie de Jésus.

Mort du pape ! voilà longtemps déjà que je désirais me rencontrer avec un brigand de votre espèce !

MAZAROZ.

Pourquoi m'insultez-vous ?

Probablement, drôle^ parce que je te méprise

MAZAROZ.

Souffletez-moi et passez votre chemin.

On ne soufflette que ses égaux ; les autres^, on . les bàtonne.

MAZAROZ.

Bàtonnez-moi et continuez votre route.

Abandonne, je te prie, tes grands airs de vierge I et de martyr. Ils siéent mal à ta figure patibulaire. p Va-t-en.

Ma place est ici aussi bien que la vôtre.

Va-t-en, te dis-je !

MAZAROZ.

Non.

Bon apôtre !

MAZAROZ.

Je ne vous crains pas.

Ya-t-en !

MAZAROZ.

Libre à vous de partir si ma compagnie vous gêne.

Ah ! ah ! tu te croyais de force à ne pas être deviné. Une dernière fois^ je t'ordonne de t'en aller. Dans le cas contraire^ ne t'ôtonne pas si je te traîne par les cheveux et si je laboure à coups d'é- j peron ta face stérile. .

[Les cris de : le roi l le roi ! retentissent dans le couloir et l'on entend le bruit d'un cor- \ tège qui s'approche,) .

MAZAROZ, à vart^ avec un sourire.

Enfin !

Je veille sur toi.

{Le cortège arrive, Henri IV marche en tête. A côté de lai se Htnit P ambassadeur d' Espagne. Le roi aperçoit de Ponlhau et s arrête,)

LE ROI

Bonjour, Jacques, tu l'amendes ; c'est une preuve de bon sens. Je suis heureux de te voir en conversation avec un prêtre. As-tu réfléclii? DE PONÏHAU, devant Mazaroz qu'il ne perd pas de vue.

Sire, je ne désire rien, puisque j'ai l'honneur de compter au nombre de vos amis.

LE ROL

Eh bien, je te chercherai quelque chose moimême. A bientôt ! [Il se retourne et se trouve un peu pressé par les gentilshommes de sa suite.) l'ambassadeur d'espagne. -

Sire, pourquoi supportez-vous que tous ces gentilshommes vous environnent et vous pressent ainsi ?

LE ROL

Si vous m'aviez vu un jour de bataille, monsieur, ils me pressent bien d'avantage.

[Exeunt.] mazaroz reste un moment sombre , puis s'élance

le poignard à la main.

Non, il ne sera pas dit qu'une pareille occasion m'ait échappé.

DE PONTHAU, le saisissaut au collet. Misérable ! tu veux tuer ton roi. (// lui prend le bras qui étreint le poignard et le lui broie. Larme tombe à terre.

MAZAROZ.

Que la foudre vous pulvérise ! je ne peux plus remuer le bras .

Tu seras attaché sur un lit de torture et tiré à quatre cheyaux,

MAZAROZ.

Je le sais.

Tu ne sais rien. Félicite-toi de ne point avoir affaire à un espion.

MAZAROZ.

Mon sort est écrit.

Et il s'accomplira !

MAZAROZ.

Que vous importe?

Regrettes-tu le crime que tu voulais commettre ? MAZAROZ, avec un sourire amer.

Le crime!... Oui, je regrette quelque chose: mais c'est de n'avoir pas accompli jusqu'au bout l'acte du sacrifice. .

Suis-moi; on ne peut causer à l'aise ici. — Où se trouve ton repaire ?

MAZAROZ.

Je refuse devons y accompagner.

Choisis entre la torture et un tete-à-tôte avec moi.

MAZAROZ.

Je suis prêt à vous conduire où vous voudrez.

Viens ; j'ai deux mots à dire à mon valet. Ne me quitte pas.

{Excunt.)

La cellule de Mazaro?. — Même décor que dans la première

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