LE COMTE DE HELLY
Les faits se sont passés tels que je vous les raconte.
LE ROI
Je n'en doute pas^ monsieur.
DE HELLY.
Alors je vous demande justice.
{On annonce le père Cotton.)
LE PÈRE COTTON
Sire! justice!... justice !
LE ROL
Contre qui^ mon père ?
LE PÈRE COTTON
Contre M. le comte de Ponthau.
LE ROI
ncore ?
LE PÈRE COTTON
Sire, il s'est introduit, ici, au Louvre, chez un de nos pères qui dessert lachapelle de Votre Majesté; il l'a roué de coups, je ne sais pour quel motif I Le père Mazaroz, tout sanglant, est étendu sur son grabat depuis trois jours; les médecins ne répondent pas de sa vie.
Vous l'entendez, sire, cet homme est très dangereux.
(Henji IV s'approche vivement d'une table j écrit, appose le sceau royal et tend un pli au père Cotton.)
LE ROL
Mon père, portez cette lettre de ma part au baron de Ghistelles, et ordonnez-lui de la remettre sans délai au comte de Ponthau. (A de Helly.) Monsieur, je suis de votre avis, Jacques est fou.
Chez de Ponthau.
JONATHAS
Nous avons eu tort de ne pas assommer par la même occasion le museau de fouine en train de comploter avec le museau de renard que nous avons occis.
Chut ! laisse-moi tranquille, je rôve.
[De Ghistelles ouvre la porte et entre.)
DE GHISTELLES
Au nom du roi ! (// tend le pli à de Ponthau.)
DEPONTHAU, upvès l'avoif ouvert.
« Ordre est donné à M. le comte de Ponthau de quitter Paris dans les douze heures. Défense lui est laite d'approcher h plus de quarante lieues de
la capitale.
» Signé :
» Henri,
» Roi de France et de Navarre. »
L'ingrat !
JONATHAS
Monsieur, c'est la revanche des robes noires.
DE GHISTELLES
Vous me voyez consterné. Obéirez-vous ?
Oui, mais pas pour longtemps. Je vais quitter Paris, m'enfouir dans votre château où vous viendrez me rejoindre le plus tôt possible, et dans quelques mois nous reviendrons en force, déguisés, pour mettre à exécution la seconde partie de notre projet.
DEGHISTELLKS.
Nous enlèverons le roi ?
Votre fille est en danger ; veillez sur elle.
DE GHISTELLES
Dans trois jours, coûte que coûte, j'aurai fui Paris.
0 ma bien-aimée Suzanne 1
Au revoir, Monsieur le baron. Deux amis comme nous finiront toujours par dompter la fortune.
JONATHAS
0 Suzanne I