SI Z ANNE
M. de llelly va vous arrêter. Il vous prend })Our un voleur, pour un assassin, fuyez ! Mais fuyezdonc !
Je ne A^eux pas fuir... Un voleur. . . moi ! un assassin 1 Jonatlias, nous allons montrer à (*('> gens-là qui nous sommes.
suZxVNNE;, affolée.
Fuyez !
Mon père n'a jamais reculé, {fies hommes armés, parmi lesquels on remarque de Helly, envahissent l allée.) Jonathas, je te pardonne ta désobéissance si tu fais bien. Sus^ sus à ces canailles ! (// tombe sur ses adversaires à coups d'épée. On F attaque de toutes parts.) Jonathas^ défends-moi. Aux pistolets! [On le blesse, son épée lui échappe des mains.) Je suis blessé ! Les drôles ! Jonathas , misérable ! (// tombe.)
SUZANNE, avec des cris.
Ah! mon Dieu, il est mort I il est mort ! (£'//^ s'empresse autour de lui.)
DE GHiSTELLES^ accourunt.
Oael est ce tapage ? [Il aperçoit de PontJtau étendu par terre.) M. de Ponthau dangereusement blessé? (A de Helly.) Savez-vous que vous avez assassiné mon hôte? Savez-vous qu'il faut m'en rendre compte?
DE HELLY.
M. le baron, sur l'honneur I je vous jure que nous avions l'intention de le prendre vivant; mais il nous a attaqués, et nous avons été obligés de le mettre hors de combat.
DE GHISTELLES
De quel droit vouliez-vous le prendre? Chez moi il devait être sacré pour tous, et surtout pour vous.
LES HAUTS FAITS DE M. Di: POXTIIAIt 28:^
DE HKLLY.
Cet homme est coupable de plusieurs meurtres.
JEAN POT
C'est lui qui a massacré Jérôme et qui nous a volé notre argenterie. M. Jonathas nous a tout conté.
DE HELLY.
Quand nous sommes arrivés, il se préparait à enlever par la violence Hélène, votre fîUe.
DE GHISTELLES
Vous vous êtes mépris.
JEAN POT
Demandez à M. Jonathas.
JONATHAS, /a face crispée et cadcirêrcuse.
M. de Ponthau est un Saint et un martvr. — Ah! mon pauvre maître, vous voilà donc étendu par terre tout meurtri et tout sanglant par ma faute ; car c'est moi qui suis cause qu'on a voulu Tassassiner. — Hélas ! je ne l'ai pas défendu. Regardezle, il est tombé en criant : « Jonathas, misérable! » Oui, je suis un misérable, car j'ai trahi un si bon maître. Je suis maudit à présent pour une ignoble jalousie, et Dieu ne me recevra plus dans son giron. Je suis indigne de la moindre faveur, crachez-moi au visage. J'ai livré mon maître..., comme Judas.
DE PONTHAU, revenant à lui.
Hé! là, vous autres, que me voulez-vous? (// essaye de se lever.] Jonathas ! (// porte la main à son côté.) J*ai les mains pleines de sang. Je me sou-
08'i \.E^ HAUTS FAITS DE M. DE PONTIIAU
vi(nis... Arrière ! ou est encore vivant ! {Il s affaisse (le nouveau.)
.loXATHAS, s arrachant les cheveux.
Stupide jalousie ! rancune infernale !
DE PONTHAIT.
(iOmment voulez-vous que je continue mon œuvre, puisque je ne peux plus bouger ? DE HELLY, bas à de Ghistelles.
M, le baron^ cet homme est un scélérat de la pire espèce, je vous Taffirme.
DE GHISTELLES
Je ne vous crois pas.
JOXATHAS. s
Monsieur, c'est un Saint.
ST'ZANNE
Il il été votre ami.
DE HELLV.
Heureusement, j\ai pris des précautions, et un jugea bien a^ouIu m'accompagner. — M. le baron, je vous en demande pardon, mais bientôt, je l'espère, vous me saurez gré de ce que je fais pour vous.
LE .H (iE, sortant rJe la foule.
Au nom du roi, cet homme m'appartient.
Une èpée !
joNATUAS, aujufje.
Monsieur, je suis coupable comme mon maître
Li:s IIAITS FAITS DK M. DM P( >\TII AT OS;.
LK .ILilK.
Je ne vous connais j^as.
.lONATnAs , le stmjjlctanl .
Faisons connaissance.
LK .]U(iK.
S.iiL! Deux loups au lieu cruu. Qu'on les euiniène ! — T)v ( l lus f elles demeure accablé, La foule s'éloignr.