‹ Les hauts faits de M. de PonthauChapitre 41 sur 48 · JEAN · texte numérisé non relu

JEAN

Pas mal ! pas mal I

' LE JEUNE HOMME

Nous les suivrons après l'exécution ; ne les perds pas do vne..

UN PETIT ENFANT, pleurant.

J'ai faim !

Patience ! mou chêriil)in, moi aussi, j'ai faim; uiais il vaut mieux souffrir uu peu et assister à cette belle pendaison. Je te montrerai un beau pantin, tout à l'heure, là-bas, en l'air. Dors, mon petit mignon, je te réveillerai quand le bourreau viendra.

[La foule oscille et pousse des cris à un coin de la place ^ auprès d'une rue-, la même fanfare sinistre retentit et le cortège des condamnés apparaît^ se dirigeant vers ïéchafaud . )

SUZANNE, en extase.

Qu'il est beau !

VOIX

Qu'il est beau ! — Ce jeune homme va mourir ? — Hélas !

DE PONTHAU, à Jonathas.

Regarde, Jonathas, on nous accueille avec des regards attendris. Ne dirait-on pas que ces gens sentent combien je les aime ?

Nous allons nous quitter, monsieur.

[Ils sont au pied de Véchafaud, Le bourreau monte sur la plate- forme,)

DE PONTHAU, à Jonatltas.

Ami, j'aurais vouhi to voir heureux sur la terre.

Tli as préféré ne point me quitter... Ton dévouement me navre.

JONATHAS

Je vous avais trahi !

Embrasse-moi.

JONATHAS

Ne devons-nous donc plus nous revoir ?

Tout est fîni^ Jonathas.

JONATHAS

Je crois en Dieu.

Alors n'en sois que plus courageux pour mourir. Séparons-nous. [Jonathas couvre de baisers et de larmes la main de son maître.)

UNE VOIX

M. dePonthau!

DE PONTHAU; regardant.

Suzanne!... Considère son visage, Jonathas.

JONATHAS

Elle a l'air d'une morte. (Be Ponthau la salue, embrasse une dernière fois Jonathas et monte lestement les marches qui conduisent sur ïéchafaud.)

LA FOULE

Comme il est beau ! Hélas ! hélas !

LE^ IIAITS FAITS DM M. \)V] l'ONTllAl' :{45

UARUABAS tristement y à de Ponthau.

Bon voyage, monsieur.

UE PONTHAU.

Merci !

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