SEUIL DE CHALOUF
Le seuil de Chalouf s'ouvre dans cette partie du canal qui relie les Lacs Amers à la mer Rouge, comme le seuil du Serapéum s'ouvre dans cette autre partie du canal qui relie ces mêmes lacs à la Méditerranée. Ces deux seuils représentent donc chacun comme la clef de ces deux lacs.
La distance entre les Lacs Amers et la mer Rouge n'est que d'une quinzaine de kilomètres. Nous n'avons pas oublié que c'est par là que ces lacs communiquaient autrefois avec cette nier pour former le golfe Héroopolite. Le nouveau canal n'a donc fait, en définitive, que ramener les choses à l'état où elles étaient primitivement.
Le percement du seuil de Chalouf présenta, comme celui du Sérapéum, d'assez grandes difficultés à cause de la présence d'un banc de rochers offrant les caractères des terrains tertiaires. Mais, cette fois, on eut tout le temps pour le faire sauter. L'existence de ce banc vient à l'appui de l'opinion qui veut (et cette opinion est aussi la mienne), que les alluvions n'aient pas suffi pour intercepter la communication entre les Lacs Amers et la mer Rouge, sans quoi, une fois ces alluvions enlevées , la communication se fût trouvée rétablie immédiatement. Or, il fallut abaisser le niveau du sol, en attaquant la roche. N'est-ce pas là une preuve que quelque commotion souterraine souleva le lit du golfe et compléta ainsi le barrage?
Toujours est-il que nous franchîmes heureusement et sans le
moindre temps d'arrêt — il est vrai que nous n'avions plus le Pèluse — le seuil de Chalouf, et que nous pénétrâmes dans la mer Rouge.