‹ Les hébreux dans l'Isthme de SuezChapitre 27 sur 55 · MER ROUGE · texte numérisé non relu

MER ROUGE

La voilà donc enfin cette fameuse mer Rouge qui nous a tant de fois impressionnés par ses terribles légendes, à cet heureux âge où l'on ne connaît encore d'autre lecture que la Bible, et où c'est le seul livre qui nous apprenne les premiers rudiments de tout enseignement! Il n'est pas jusqu'à son nom qui ne parlât puissamment alors à nos jeunes imaginations. Et cependant la mer Rouge n'est pas plus rouge que la mer Noire n'est noire et que la mer Blanche n'est blanche. Sa couleur est celle de toutes les mers. Certains auteurs, qui ne l'ont pas vue, parlent d'infusoires donnant à ses eaux une teinte plus ou moins rougeàtre : le fait est inexact. L'expression de mer Rouge est un terme de pure fantaisie, que nous n'avons fait d'ailleurs qu'emprunter à la Grèce, cette mer s'appelant anciennement « mer Erythrée » du mot Eouôpoç (rouge) .

Quand on débouche ainsi du canal dans la mer Rouge, le premier or jet qui frappe les regards dans le lointain est une montagne dont la cime semble se perdre dans les nues. Cette montagne, c'est le Sinaï. Ai-je besoin d'ajouter que ce seul nom nous fit tressaillir ?

Du reste, il ne faut rien moins ici que la magie des souvenirs pour animer et poétiser la scène , car la mer Rouge, en cet endroit, figure plutôt un bras de mer qu'une mer véritable. On ne se douterait jamais qu'elle s'étend sur une longueur de cinq à six cents lieues.

Le paysage non plus n'offre rien de bien varié. A votre gauche est le désert qui mène à l'oasis appelée « Fontaine de Moïse; » à votre droite la chaîne aride de l'Attaka ; enfin, au pied de cette chaîne, la ville de Suez, que nous savons devoir être le terme de notre navigation sur le canal.

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