‹ Les hébreux dans l'Isthme de SuezChapitre 45 sur 55 · DU CLIMAT OU CAIRE · texte numérisé non relu

DU CLIMAT OU CAIRE

De l'aveu de tous les observateur» qui se sont trouvés en position d'étudier le climat de l'Egypte, le Caire est le Heu d'élection par excellence. Telle est aussi mon opinion, si toutefois il m est permis d'en émettre une , après un si court séjour dans ces contrées. Mais il est une autorité dont personne ne contestera la haute compétence, c'est celle du docteur Burguières, qui a résidé au Caire pendant vingt ans comme médecin sanitaire français, et qui a bien voulu résumer pour mon Guide les résulta' s de sa pratique et de son expérience. Je crois ne pouvoir mieux faire que de reproduire textuellement ici la Note qu'il m'a transmise.

NOTE DU DOCTEUR BUHGUÏÈflES.

« Un malade à qui le séjour en Egypte sera recommandé, « devra s'y rendre au commencement de novembre. Débarqué « à Alexandrie, il y restera peu de temps, la cité moderne n'é- « tant plus qu'un grand entrepôt de commerce où l'on cherce cherait vainement quelque chose qui rappelât son ancienne <c histoire. D'ailleurs, au voisinage de la mer, les variations « météorologiques sont brusques et les pluies torrentielles.

« En quelques heures, le voyageur sera transporté d'Alexan- « drie au Caire, par le chemin de fer* C'est là qu'il fixera sa

« résidence, comme étant l'endroit où les circonstances dite maîériques sont les plus favorables. Ce qui le frappera tout « d'abord* en arrivant, c'est le piquant contraste d'une civili- « sation en cpéenne très-avancée à côté d'une ville arabe reste tée parfaitement stationnaire.

« Son premier soin devra être de choisir un appartement « exposé auMileil. Le Caire offre des hôtels con for tablt s, des « ressources suffisantes au point de vue médical et pharmaceu-. « tique, et des distractions variées. La promenade au grand air « sera sinon la plus grande du moins la plus utile de ses dis- « tractions. En général elle est possible de 40 heures du matin « à cinq heures d'après-midi. Mais au Caire, comme dans tous « les pays qui approchent du tropique, le coucher du soleil « produit presque sans transition un refroidissement subit de « l'atmosphère et une condensation immédiate de vapeurs perce nicieoses pour les constitutions délicates. Il est donc importe tant d'être rentré de bonne heure, quitte à ressortir dans la « soirée lorsque la température du sol et celle de l'air se seront « équilibrées.

ce Quant à ce qui a trait aux affections pulmonaires, voici <e ce qu'une longue pratique m'a mis à même d'observer.

« La phthisie est rare en Egypte chez les indigènes. Je dis ce indigènes, car elle se montre au contraire asse^z fréquemment ce chez les nègres. Comme ceux-ci constituent un appoint concc sidérable de la population, ce sont eux surtout qui grossiste sent la liste des morts dans les statistiques qu'on a récemment <c publiées sur la phthisie des hôpitaux égyptiens.

te Les individus de race caucasienne, Européens ou Turcs, te qui émigrent en Egypte, apportant en eux le germe de la te phthisie, ne sont pas absolument à l'abri du développement te de ce germe, mais il est de remarque que son évolution est ce beaucoup plus lente et que ses progrès ultérieurs se trouvent ce singulièrement retardés.

ce Supposons maintenant qu'il s'agisse non plus de phthisie ce latente, mais de phthisie confirmée. Dans le premier degré, ce Pair tiède et humide qui viendra sans cesse baigner le pouce mon pourra agir comme moyen abortif du tubercule et en ce faciliter la résorption. Dans le second et même dans le troice sième degré, à moins que la fonte tuberculeuse ne soit trop ce avancée, vous verrez presque toujours Peipectoration s'aec mender, l'hématose devenir meilleure et le dépérissement « cesser de faire des progrès. J'ai même été assez heureux quelce quefois pour constater la cicatrisation de véritables cavernes.

« Nous avons dit que le Caire était la résidence que devaient « préférer les phthisiques. Cependant ceux qui ont besoin d'une «. vie moins sédentaire pourront, sans désavantage, et même ce souvent avec un avantage marqué, entreprendre le voyage « de la Haute-Egypte. La navigation sur le Nil, au milieu d'une « atmosphère hygrométrique et d'émanations goudronnées ce qu'il faut plutôt rechercher que fuir, a paru produire sur les « maladies de poitrine des effets salutaires. Des canges ou ce barques du pays servent à ces voyages. Ce sont des espèces ce de maisons flottantes, dans lesquelles cinq ou six personnes ce peuvent s'installer et vivre très-agréablement. L'aspect pitcc toresque des rives du Nil, la visite des temples et des palais ce des Pharaons, la chasse des nombreux oiseaux et même ce quelques balles adressées sans résultat bien sensible aux ce crocodiles 1 qui viennent se réchauffer au soleil sur les berges ce du fleuve, tout cela égayé et devient l'occasion d'un utile / ce exercice. Notons seulement que les qualités de l'air dans la ce Haute-Egypte offrent leur maximum de puissance. La temcc pérature élevée du jour rendant plus sensible le refroidissece sèment de la nuit, il faut se munir de vê'ements chauds pour ce Je matin et éviter avec grand soin, le soir, les effets du rayonce ment nocturne.

ce C'est du 1 5 décembre au 1 è février que le voyage du Hautce Nil se fait dans les meilleures conditions. Le reste de l'hiver ce devra être passé au Caire. Mais vers la fin de mars et dans ce le courant d'avril règne le vent du midi ou Khamsin (cincc^quante). On le nomme ainsi, non pas parce qu'il persiste ce pendant cinquante jours, mais parce que, pendant cette pé-. ce riode de temps, il reparaît à plusieurs reprises avec une ce moyenne de trois jours chaque fois. Alors l'atmosphère erace brasée et chargée d'un sable pulvérulent peut être préjudice ciable aux phthisiques. On ne peut se garantir du Khamsin ce qu'en gardant l'appartement et en tenant ses fenêtres rigoucc reusement closes. Alexandrie offre, à ce moment, un meilleur ce abri ; mais mieux vaut quitter l'Egypte pour se rendre à ce quelque autre station et n'y revenir qu'aux approches de la ce saison rigoureuse. »

Docteur Burguières-Bey.

4. Le crocodile ne se rencontre plus que dans le Haut-Nil. II aime pendant le jour à se coucher sur le sable, au milieu des petites îles dont le fleuve est semé, et à se chauffer au soleil. On l'approche assez facilement, mais les balles glissent sur sa peau comme sur celle du rhinocéros.

OU CÀIHE A ALEXANDRIE

Je quittai le Caire le 27 novembre, dans l'après-midi. Le chemin de fer q«i relie cette ville a Alexandrie est lé premier qui ait été construit en Egypte. Il n'offre d'autres objets d'art qoe ses ponts, au nombre de deux, l'un jeté sur la branche de ^a miette et l'autre sur la branche de Rosette du Nil* les seules branches restées navigables. C'est l'espace compris entre ces deux bifurcations du fleuve jusqu'à la Méditerranée qu'on appelle le Delta, à cause de sa forme qui rappelle la lettre grecque de ce nom.

La campagne est fertile , mais les villages y sont trcs-elairaemésj En revanche, nous aperçûmes d'assez nombreuses t bandes de chiens errants. On sait que le chien en Egypte est à l'état sauvage, qu'il envahit les villes, h la tombée de la nuit, pour dévorer les immondices abandonnées stir la voie,- et qu'il n'a d'autres gîtes, pendant le jour, que les terriers qu'il se creuse* La race en est belle. Ainsi, il a Je pelage fauve, la taille élancée et Je museau effilé; seulement, comme s'il avait lui-même le sentiment de sa déchéance, il porte la queue et les oreiljes basses, fuit l'approche de l'homme; ne répond pas à sa voix et recherche la soli ude. Comment reconnaître dans cet être dégradé le tutrrttor Jnupis des poètes?*

Quand on approche d'Alexandrie , le chemin de fer court entre le lac Maréotis qui n'est plus aujourd'hui qu'un marécage insalubre, depuis que les Anglais ont rompu (mars 4807) les digues qui l'isolaient de la mer, et le canal Mahnioudieh, celt *. magnifique création de Mehémet-Ali, qui suit en partie l'Ancien tracé du canal Canopique et approvisionne la ville d'eau douce. On met environ six heures pour faire le trajet du Caire à Alexandrie.

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