‹ Les hébreux dans l'Isthme de SuezChapitre 49 sur 55 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

Rome à ce moment justifiait plus que jamais son titre de capitale de la chrétienté, tous les évéques du globe s'y étant donné rendez- vous pour l'ouverture du Concile. C'était de plus la ville cosmopolite et polyglotte par excellence, par suite du nombre prodigieux d'étrangers qu'y avait appelés ce f>rand événement. Aussi était-il très-difficile de s'y loger. Heureusement l'un de mes excellents amis — il veut bien me permettre de lui donner ce titre, — le cardinal Grassellini, que j'avais informé par une dépèche de mon arrivée à Rome, m'avait offert l'hospitalité dans son palais. Je-mc fis donc conduire directement de la gare chez son Eminence. Du pins loin que le cardinal m'aperçut, il me dit avec cette grâce italienne dont il possède plus que personne le secret : « Mon cher docteur, vous n'êtes point ici chez moi, vous êtes chez vous ; commandez en maître, » Et en effet, j'eus beau m'en défendre, rien ne se fit plus sans que l'on consultât mon -heure et mes convenances. 4

Dès le lendemain de mon arrivée, le roi François II, qui habitait alors Rome, m'accorda une audience dont je ne puis résister au plaisir de dire quelques mots.

Page 1