ARRÊT A MESSINE
Il était déjà nuit quand nous stopâmes — décidément je deviens marin — - au milieu du port. Bien que le capitaine nous eût prévenus que nous ne pouvions disposer que de quelques heures, nous préférâmes aller à terre que de rester à bord, et bientôt l'une des petites embarcations qui grouillaient autour de notre bâtiment nous eut déposés sur le rivage.
Nous nous répandîmes de suite dans la ville. Celle-ci, vue ainsi à la lueur de la lune et du gaz, qui semblaient rivaliser d'éclat, nous parut fort, belle, tant par la régularité de ses rues que par le cachet pittoresque de ses édifices. Nous ad mi-, rames surtout la façade de la cathédrale, la fontaine allégorique qui est à côté, la statue de Don Juan d'Autriche et le magnifique panorama dont on jouit du haut du plateau quiavoisine le couvent de San Gregorio. C'est ce couvtnt qui a joué un si grand rôle lors de l'insurrection de la Sicile, provoquée par les «mille» de Garibaldi, et appuyée sous-main par la flotte anglaise qui stationnait dans le port avec les apparences d'une mensongère neutralité. Nous terminâmes notre excursion par la visite des quais que borde une longue rangée de constructions monumentales.
Mais déjà notre « permission » était expirée. Aussi nous' hâtâmes-nous de regagner le Thabor et, dès le point du jour, nous reprenions la route d'Alexandrie.