VIII. Les plaies
Quelques détails.
La première plaie est le changem ent de l'eau en sang ('). Les phénomènes du Nil vert et du Nil roiige sont connus. Au mois de juin, le fleuve est à son étiage. -Ses eaux stagnantes, bourbeuses, se traînent, resserrées au fond de son lit. Vers les derniers jours du mois, la crue.
deià haute au .Soudan et
IpiHWf" j. I en \ubie, commence à se
nlk. - %^ IHHH ^^i''^ sentir au Caire. Au.s-
^K ^Kmï^^^^H -^itôt, les eaux s'altèrent et
y|y[^^^lç ^^mJ^hII^^^^H prennent une teinte gluante
et verte, due, croit-on, aux détritus végétaux que le nouvel afflux a balayés sur son passage. Il en est ainsi durant quelques jours. Puis, un autre changement se produit. L'eau, augmentant rapidement, se trouble de plus en plus et passe à la teinte limoneusse et rougeâtre (]u'elle garde durant toute l'inondation. .Selon la profondeur et l'impétuosité du courant, les nuances sont jikis ou moins foncées, plus ou moins claires. Mais il f;iut une bonne dose d'imagination pour y voir le rouge vif du sang.
1 .a crue atteint son maximum en septembre. Les eaux couvrent alors une grande partie de la plaine
et remplissent tous les canaux. De ce moment, elles commencent à baisser
Fij
de sa bagueUe. Et l'on aurait la naïveté de croire qu'elle lui obéi.ssail avant, quand elle était censée cachée derrière un mur ou sous des branches ! Le charmeur quitta Sa galabieh et se mit à la secouer. C'est un coup prévu, et il réussit toujours. Personne ne s'inquiète d'allei e.xaniiner les poches bien fermées, tandis que l'opérateur reste tout nu exposé au.\ regards ! (') Pour l'étude des plaies, comparer Ps. 78 (Vulg. 77), 44-52, et Ps. lO.'i (Vulg. 104), '28-.36. Ordre dans l'Exode: 1. Eau changée en sang, 2. grenouilles, 3. moustiques, 4. scarabées, 5. peste du bétail, 6. pustules, 7. grêle, 8. sauterelles, 9. ténèbres, 10. premiers-nés. I.e psaume 105 modifie un peu l'ordre et met les ténèbres en tête. Mais le psaume est un hymne triomphal et non une narration historique. L'ordre à garder est donc celui de l'Exode.
Oiielqnes détails
et à se retirer. Fin décembre, elles sont rentrées dans le lit du fleuve, et le fellah ensemence ses champs. C'est le printemps, la saison de la verdure. .Arrivent mars et avril, la moisson a jauni et entre dans les greniers.
A si peu de chose qu'on la réduise, la iiremière plaie ne fut pas uniquement la coloration naturelle du Nil. au moment de sa crue. Sinon, elle n'eût été ni un fléau ni un signe de la mission divine de Moïse. L'auteur veut dire davantage. Déjà, il a parlé du même prodige destiné aux Hébreux seuls (Ex. 4, 9). Et il ne s'agit j^as alors du Nil rouge. Cette eau ([ue Moïse ira puiser au fleuve et qu'il jettera à terre devant les chefs d'Israël, si elle reste ce (Qu'elle était déjà, si elle ne change [las de couleur à l'instant et sous leurs \-eux, quelles moqueries, quels éclats de rire accompagneront le geste imprudent du préten du messager de Dieu '
C'est assurément dans le même sens qu'il faut entendre les mêmes mots quand Moïse opère devant Pharaon sur les bords du bras pélusiaque du Nil. Les nouvelles eaux chargées du limon qui les colore, sont un bienfait, non
un fléau, pour l'EgV- '-■^-^ ^« ''■' d.b.rcuder. pnuuft.
pte- Elles lui apportent la vie et l'abondance. Elles ne tuent pas les poissons (Ex. 7, 21) leur sont favorables et les multiplient. Elles ne sont pas nocives à l'homme, elles lui sont salutaires (Ex. 7, 24).» Depuis des siècles, les Egyptiens sont habitués à les boire. S'ils les trouvent trop terreuses, ils ont lés mo\ens de les clarifier. Les récipients poreux que leurs potiers font en abondance, forment d'excellents filtres, et chaque famille a les siens (').
(') Le texte dit que «les Egyptiens creusèrenl au.\ environs du fleuve pour tiouver de l'eau potable» (Ex. 7, 24). C'est une allu.sion évidente aux fameuses saguielis d'Egypte pratiquées un peu partout dans la plaine. L'eau de la saquieh, tirée de dix et quinze mètres de profondeur, vient du Nil comme toutes les eaux d'Iigypte, mais elle a été débarrassée de son limon et clarifiée par l'infiltration souterraine. Même au temps du Nil rouge elle est limpide et potable. On le voit, ce détail qui vient en surcroit à la fin du récit, est une remarque générale sur les eaux d'Egypte. Il ne se rapporte pas directement à la première plaie. C'est un autre genre de peine.
Creuser le puits d'une saquieh est un gros et long travail. Le but n'en est pas seulement d'obtenir de l'eau claire pour boire, mais surtout d'arroser les jardins et les champs durant toute l'année.
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