III. Us plaie
Les nouvelles eaux ne chang^ent pas de couleur h vue d'u-il et instantanément, comme l'exige le récit (20).
Si. de\ant toute la cour de Pharaon cjui lui était déjà si hostile. Moïse n'a\ ait pas opéré un vrai miracle, au lieu de l'aftermir, il aurait compromis sa mission et ruiné le prestige de son Dieu-
A sa voix, les eaux furent soudain tellement altérées qu'elles devinrent mortelles pour les poissons et imbuvables pour les hommes- Furent-elles réellement chanj^jees en sang-" Miracle pour miracle, nous n'avons aucune raison sérieuse d'en douter. Pas n'était besoin [jour cela, comme nous l'avons dit plus haut, i|u'il en fût ainsi sur toute la surface d'Egypte, jusqu'aux frontières de Xubie- Dieu qui est infiniment bon et juste ne crée
pas pour des innocents des peines qui seront inutiles- A la crue, le Nil est rapide. Le flot délétère fut bientôt emporté. Il semble résulter du texte luimême que le fléau fut de courte durée. Il n'est pas question de le faire cesser.
Pharaon ne s'en préoccupe pas ('). Il fait venir ses magiciens. Que firent-ils précisément ? Il est libre à chacun de le conjecturer.
Mais à ce moment, il est luanifeste que le fleuve était revenu à son état normal, sinon où auraient-ils pris l'eau pour leur contrefaçon du prodige } ^).
Nous pa,sserons plus rapidement siir les autres plaies- Les grenottilles se multipfient pendant l'inondation. Les eaux répandues au loin sur les plaines, à peu de profondeur, favorisent l'éclosion des œufs. Il est cependant inouï que les habitants en aient été incommodés, si ce n'est par leur coasse- -ment- Il y a quel(]ue chose de tout à fait extraordinaire dans le tableau de désolation que nous peint la Bible. Des grenouilles si nombreuses qu'elles couvraient toute la campagne, (ju'elles envahissaient les maisons, les cham-
Fig. 39- l,;i « saquieli » t
A droite, !c chapelet de godets qui vont ch ot la déversent dans le
') 1)11 verset 25: « Il siicoula sept jours, après que lahvé eut frappé le fleuve >, on ne peut conclure que le fléau dura sept jours. Si telle avait été la pensée de l'auteur, il aurait ajouté: et le fléau cessa. Les mots qu'il emploie supposent, au contraire, qu'il avait déjà cessé.
'-) Pour se tirer d'affaire, on a recours à des suppositions bizarres et compliquées (faire apporter l'eau de très loin, des bords de la nier) qui ne sont pas dans l'esprit du texte si simple et si naturel.