Les caiiauA
arrivant au port où ils chargent des objets précieux, le retour en Egypte, le déchargement en présence de la reine assise sous son baldaquin, les objets apportés, de l'or et autres métaux précieux, de l'encens, des arbres à parfum.
Une autre expédition eut lieu sous Ramsès III : « Je construisis des galères, dit le roi, et des baris (navires de commerce) pour les précéder, équipées de matelots nombreux et de serviteurs de toute sorte, montées de capitaines, de soldats de marine, avec des artisans et des chefs de corvée pour pourvoir à leur équipement. On les chargea des produits de l'Egypte en quantités illimitées, chaque espèce se comptant par myriades. Elles cheminèrent sur la grande mer de Oot (Mer Rouge) et parvinrent aux contrées de Pount côte des Somalis) sans qu'aucun mal leur arrivât, toujours saines et sauves, grâce à la vigilance avec laquelle on les gardait » (').
Au retour, les Eg\-i)tiens débarquèrent à Ooubti sur la Mer Rouge, en face de Coptos. et transportèrent leur précieuse marchandise par terre jusqu'au Nil. Là, ils la chargèrent de nouveau sur des bateaux qui descendirent jusqu'à Héliopolis.
De ce fait, il faut évidemment conclure qu'il n'existait alors aucun canal navigable entre le Nil et la Mer Rouge. La même conclusion vaut aussi pour l'expédition de Hatschepsit. Les bateaux figurés à Thèbes restèrent sur la mer. et les objets précieux furent transportés par voie de terre à la capitale.
Il }■ a au temple de Karnak, mur Nord de la grande salle hypost\-le, paroi e.xtérieure, un bas-relief oîi figure un canal à la frontière orientale du Delta.
Ce tableau représente Séti I monté sur son char de guerre, rentrant victorieux de sa campagne en Asie. Sous le char et entre les pieds des chevaux sont figurés les forts et les puits où il a passé, Bonto de Séti Merenptali, le puits de Hepen. le migdol de Menmaaré (prénom de Séti), la demeure du lion. Le roi arrive à la « forteresse de Thel > , pa kli£teni en tel, il va franchir le canal, ta denît, sur un pont. Dans les eaux du canal s'agitent des crocodiles, sur les bords croissent des roseaux. Du côté asiati- (jue, les prisonniers, bras liés, s'avancent vers le canal; du côté ég3^ptien se tiennent, en deux groupes, les prêtres et les notables d Egypte vernis, dit le texte, poîir acclamer le dieu don à son retour dît pays de Retenou avec des prisonniers en très grand nomôre. Jamais on n'avait vu chose pareille depiùs le te»ips du dieu (').
(') Pap. Harris pi. 77, 1, 8, cité par Maspero, De quelques navigations des Egyptiens sur les côtes de la Mer Erilhrée (Bibl. égj'pt. 8, Maspbro, 4, 105-106).
(2) C'est-à-dire depuis le temps où le dieu lui même gouvernait les hommes — allusion au mythe d'Osiris. — Ce tableau est reproduit dans Lepsius, Denkinàler, 3, 128. 11 est expliqué avec beaucoup de détails par Alan Gardiner, T/ie ancient military road between Egypt and Palestine dans The Journal of eg. arch., 6 (1920) p. 99- 11 6. Max MOi.lkr avait déjà tenté l'interprétation de cette scène célèbre dans Asien und Europa 189i) p. 134.