‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 117 sur 150 · Etat ancien · texte numérisé non relu

Etat ancien

Nous tenons donc enfin un premier point ferme pour la géographie de l'isthme aux temps pharaoniques. A la fin du VI° siècle avant Jésus- Christ le seuil de Chalouf barrait le passage aux bateaux. Ce n'est pas à dire que le flux marin ne couvrît pas la dépression, au moins par périodes. Mais, en tout cas, il n'était pas navigable et le rivage de la Mer Rouge était à peu près ce qu'il est aujourd'hui (').

Ce point capital acquis, il sera facile i>ar induction de remonter jusqu'à l'Exode. Neuf siècles, au plus, nous en séparent (ô'-Kô" siècle). Or, en neuf siècles, quel déplacement peut subir le rivage d'une mer. môme si cette mer est étroite et resserrée comme la Mer Rouge .- Depuis Darius jusqu'à nos jours (25 siècles), peut-on apprécier de manière notoire, l'exhaussement de la plaine et le recul des eaux : Les stèles perses, si lourdes, étaient à fleur de terre.

Une première conclusion s'impose. .Au temps de .Moïse, la Mer Rouge ne couvrait pas le seuil de Serapeum et ne s'étendait pas jusqu'au lac Timsah ('-). Un retrait de 80 kilomètres avec exhaussement de terrain de 8 mètres ne s'opère pas en ^'00 ans sous l'influence des seuls agents naturels '). En

nière babylonienne. I-a stèle de Xerxès mesure S m. 12 de hauteur et 1 m. 85 de largeur. Les autres avaient à peu près les mêmes dimensions.

La stèle de Tell el-Maskhouta fut découverts; pas les archéologues qui fouillèrent ce site. Celle de Serapeum fut remarquée par les savants de l'Expédition française. On la prit pour les restes d'un Serapeum ou temple de Sérapis, de là ce nom si impropre qui fut donné à ce monument et à cet endroit. Les débris de ces deux stèles sont à Ismailia, au petit musée de la Compagnie du Canal maritime.

Celle de Qabret s'élevait sur le petit promontoire qui sépare le grand lac du petit lac à 3 kilomètres au Sud de la station du canal. Elle a été désensablée par Jean Clédat et transportée à Ismailia. Celle de Xerxès, à Suez, à l'intersection du canal d'eau douce et de la route des pèlerins, a été laissée sur place, enfouie dans le sable. Jean Ci,édat, jVoUs sur l'islhtne de Suez dans le Bulletin de l'Institut Français d'arch. or. 17, 'iii\. '2.'l\.

{*) Du Mont Cassios, sur la Méditerranée, à l'Erythrée, Hérodote indique en chifl'res ronds la distance de mille stades (2, 158). Mille stades font à peu près 180 kilomètres. Le canal maritime de Port-.Saïd à Suez a 161 kilomètres. Strabon donne aussi la distance de 1000 stades de Péluse au golfe arabique (17, 1, 21). La route ancienne étant moins droite que le canal, il est manifeste que ces chiffres s'harmonisent entre eux.

{^) Parmi les auteurs qui admettent que la Mer Rouge rejoignait le lac Timsah, il faut citer surtout: Linant de Bellefonds, Mémoire'! sur les principaux travaux d'utilité publique exécutés en Egypte, passini. Naville, The Store-city of Pit/iom, passim.

(3) On fait appel à un soulèvement interne avec affaissement correspondant dit-on, du littoral méditerranéen. Mais ce soulèvement, au milieu des temps historiques, est à prouver.

On ne peut rien tirer, non- plus, de ce que disent les anciens géographes sur la posi-

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