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IX. La Mtr Rouge au temps de l'Exode

creusant le canal maritime à Toiissoun, on trouva des morceaux de bois pétrifié et des restes fossiles de grands animaux de l'ère tertiaire. Tout cela reporte loin dans la préhistoire la formation de ce terrain.

Toute autre est la question pour le seuil de Chalout. Un grand nombre d'auteurs admettent ([u'au Nouvel Empire, la .Mer Rouge communiijuait avec les Lacs Amers. La thèse est fondée sur des raisons sérieuses.

Voici d'abord les paroles d'un des explorateurs ijui ont le mieux étudié cette région, Jean Clédat. Au temps de l'Exode, le seuil de Chalouf « ne barrait pas entièrement l'isthme; il s'arrêtait, avant le percement du canal, au bord occidental de la dépression isthmique, laissant un étroit chenal permettant aux eaux de la mer de pénétrer dans les lacs. On voyait encore dans la première moidé du XIX*^ siècle, avant le percement du canal, les fortes marées couvrant d'eau jusqu'aux lacs les terres basses de l'isthme (')• La surface couverte, d'après la carte manuscrite de 1859, de l'ingénieur Larousse, était de plus de deux kilomètres au passage de la route du pèlerinage. Si l'on admet, en outre, un ensablement progressif de la dépression occasionnée par les laisses de la mer, on voit que ces eaux pouvaient acquérir une certaine hauteur au moment des marées, et [:>eut-ètre couvrir le sol d'une manière permanente. Cette hauteur était .suffisante pour rendre le passage dangereux .sinon impossible » (").

Ces observations sont d'une importance capitale pour notre sujet. .Au XIX"^ siècle, un bras de mer atteignant à certains endroits plus de deux

tion de la ville d'Héroonpolis. Ces auteurs disent tous qu'Héroonpolis était située dans l'enfoncement du golfe arabique 'ev xtp \mfjii ToC 'Açafîîou v-ohiow.

Cette expression ne veut pas dire qu'Héroonpolis était sur le bord des eaux de la Mer Rouge, lîlle pouvait en être assez loin. Les lacs et les marécages étaient un prolongement naturel du golfe jusqu'à la ville et celle-ci était la plus connue et la plus importante de la région. Hlle ser\'ait de point de repère aux géographes, dont le langage d'ailleurs ne peut être pris en rigueur de précision. Ainsi, Strabon nous dit que près d'Arsinoë se trouve Héroonpolis (Append. III, 4). Elle en était pourtant à plus de 70 milles.

D'autres disent qu'Héroonpolis était le point de départ de la navigation pour la .Mer Rouge. Rien de plus vrai puisque le canal du Nil à la Mer Rouge passait à Héroonpolis et que cette ville était le premier port irpportant en arrivant en Egypte (Strabon, 16, 4, 4 et 5).

(') « Les marées de Suez sont régulières. Leur amplitude varie suivant l'âge de la lune. Au moment, de la nouvelle ou de la pleine lune, la différence de hauteur entre les niveaux de la marée basse et de la marée haute atteint environ 4 mètres 50 à l'extrémité du golfe de Suez, c'est-à-dire dans la partie resserrée de la Mer Rouge. Dans les périodes de marées moyennes, l'amplitude est d'environ 3 mètres.

Dans le canal, il en est autrement, pour plusieurs raisons. D'abord le niveau de la Mé diterranée reste à peu près constant, à 50 centimètres près. D'autre part le grand Lac, vaste réservoir, par suite du jeu de flux et de reflux des eaux de la Mer Rouge dans le canal sert de régulateur et se maintient, par le fait même, au niveau moyen des eaux de la Mer Rouge. Par suite de forts vents du Sud ou du Nord les courants de marées peuvent être contrariés et les niveaux subir certains changements. Dans le lac d'Ismaïlia, les plus fortes différences dans les niveaux sont de 60 centimètres ». D'après une lettre de M"" Louis Cautherot, pilote à la Compagnie du canal.

(-') Clédat, Notes sur l'isthme dans le liulleliii de flnst. fr. 16, p. 222-223.

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