‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 121 sur 150 · Etat ancien · texte numérisé non relu

Etat ancien

Pourquoi ce fortin-temple dans ce désert ? Il n'\' a pas trace de ville ég-\ptienne dans toute la région. Avait-il pour but de protéger la frontière ? Mais si la Mer Rouge coupait la plaine, c'était une défense naturelle bien plus efficace. A condition toutefois qu'elle fût assez profonde. Or, le plus vraisemblable est qu'il existait là un passage à gué vers le désert oriental et que ce passage se trouvait sur la route d'Egypte au Sinaï. Les caravanes pour le Sinaï passent aujourd'hui tout près du golfe de Suez ('); au Nouvel Empire, elles passaient à la pointe sud des Lacs Amers. C'était l'endroit le plus resserré, et c'est ce point délicat qu'avait pour but de garder la petite forteresse.

La stèle de HaÛior, dame de la turquoise, met nécessairement ce })u\^dol en relation avec le Sinaï où les Egyptiens allaient chercher la pierre précieuse, où, dans son grand temple au milieu d'un domaine indiscuté, siégeait la déesse guerrière. Au passage dangereux, ne fallait-il pas un poste militaire pour défendre les caravanes r

Telle est, du moins, l'explication qu'on peut donner du fortin (X Aôou Hasa, et nous anahserons plus loin en parlant du migdoi biblique d'autres indices qui appuient cette manière de voir ('). Quel nom portait-il: Il serait capital pour notre sujet de le savoir. Malheureusement aucim texte péremptoire n'est sorti des débris épars de ce vieil édifice. Se basant sur le fragment de stèle au nom de Hathor, Clédat incline à l'appeler Pi-Hathor (^). C'est parfaitement plausible.

La stèle votive était toujours au nom du titulaire du temple. Mais il faut remarquer que le monument était à double effet, qu'il était à la fois militaire et religieux, en un mot, (jue c'était un fortin-temple. Le sanctuaire dédié à la dame de la turquoise était im Pi-Hathor, l'ensemble de la construction était un migdoi (^) et nous ne voyons aucune difficulté à )' reconnaître le tnigdol de l'Exode (14, 2).

(') Depuis l'ouverture du canal elles passent à bac. Avant le canal, elles passaient à pied sec au moment du reflux. A marée haute, les eaux de la mer serpentaient dans le thalweg.

Un autre bac circule pour l'usaj^e des caravanes à la pointe Nord du lac Timsah.

(^) Description de ce monument par Clédat, loc. cit., p. 208-212, 218-219.

(3j Notes sur t'isthme, p. 219. Clédat va plus loin et dans Pi-Hathor, il veut retrouver Phihahirot de la Bible. On le voit dès l'abord, du point de vue philologique, cette identification est impossible. Nous en parlerons plus loin.

Clédat dit que le nom de la forteresse était 'aa-fiakktou « la très-puissante > et il cite la lettre du scribe Pibesa, papyrus Aitastasi III. C'est une simple méprise. Nous avons vu plus haut (p. 112) que cette lettre décrit Pi-Ramessé Grand-en-victoires ('aa-naklitoii).

(*) En fixant un instant son attention sur l'esquisse donnée plus haut, on n'est pas loin d'admettre que les deux parties ne datent pas de la même époque. Pourquoi deux pylônes? Surtout, pourquoi ne sont-ils pas dans l'alignement? Le sanctuaire est peut-être de fieaucoup antérieur au fort. Celui-ci aurait été ajouté après coup et serait l'œuvre de Séli I.

162 A'. Route de l'exode

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