‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 128 sur 150 · X. Route de l'exode · texte numérisé non relu

X. Route de l'exode

croyons-nous, qu'il s'agit ici d'un monument bien éloigné de l'autre et situé au Sud de l'isthme. L'officier vient du Palais Royal qui était à Pi-Ramessé (Péluse). Il marche vers le Sud à la poursuite des fugitifs. Il arrive à Thékou ( Tell el-Masklioutd) ('). Là, il a des nouvelles des esclaves qui continuent à fuir. Ue quel côté fuient-ils ." Assurément dans la même direction, vers le Midi. Est-il logique de penser qu'ils revinrent sur leurs pas et remontèrent vers le migdol qui était dans le voisinage de la Résidence ro\-ale t On dit dans le Midi qu'ils ont passé, on les a donc vus dans le Midi. Plus tard, un autre messager annonce qu'ils ont franchi le ynur fiord du Migdol de Séti Mereiiptah. Notons le détail que ce messager vient du désert, donc du Sud ou de l'Est. Mais le désert n'est qu'un passage, il suivait un chemin et venait d'ailleurs, peut-être du côté du Sinai. Il avait passé lui-même au migdol où il avait vu les fuyards.

Nous tenons donc pour certain que ce migdol est le fortin retrouvé par Clédat à la colline d'Abmi Nasa, au Sud des Lacs Amers (voir p. 160). Par une chance inespérée, quelques pierres de ce fortin portaient encore le cartouche du Pharaon Séti Merenptah. Quelle preuve plus éclatante et plus positive pourrait-on désirer ^ Le monument existait peut-être avant .Séti comme sanctuaire. Mais à coup sûr, ce roi \- fit exécuter de grands travaux et ce fut sans doute lui qui transforma la construction en forteresse. Selon l'habitude du temps, on l'appela de son nom.

Il }■ avait ainsi deux migdol de Séti, l'un au Nord, à Tell el-Hèi-, protégeant la route de Palestine, l'autre au Sud pour garder la route du désert et du Sinaï. Celui-ci était un simple fortin-temple, isolé et loin de toute ville, l'endroit n'avait donc pas l'importance et la notoriété du Migdol du Nord. Ainsi s'explique-t-il qu'il n'en soit plus fait mention dans la littérature.

Le fortin d'Aâou Hasa est aussi le Magdalum de la Peregrinatio Silviac. Il ne peut \- avoir aucun doute. Ce poste était encore occupé à l'épocjne romaine. On }' fit alors des remaniements dont Clédat a retrouvé les traces. Une monnaie de l'empereur Hadrien, sortie des fouilles, est un témoin du temps (*).

On est généralement sévère au sujet de la valeur géographique des renseignements d'Ethërie. Et à raison. Elle faisait œuvre de piété, non de science. Elle était en pèlerinage. Elle voulait voir les lieux où avaient passé les Hébreux et qui sont nommés dans l'Exode. Et, pour répondre à ses pressantes interrogations — comme à celles de tous les autres pèlerins — les clercs et les moines gui l" accompagnaient lui tnontraient tous (es lieux (^). C'était de la localisation à bon marché, comme il s'en est tant fait en Palestine. Mais il \- a une différence à mettre entre les endroits

(') Il arrive le jour après son départ. Il avait fait le trajet — 70 à 24 heures. Rien d'e.xorbitant. course normale d'un bon marcheur. (2) Clédat, Nota sur l'isthme dans le Bullelhi,\(>, P- -12. (^) Texte en appendice III, 9.

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