Caravane Absha lAb'sai
Après les expéditions guerrières, voici quelques documents qui nous montrent des tribus orientales pénétrant pacifiquement dans la vallée du Nil et s'y installant. Et d'abord la célèbre caravane du prince Absha depuis si longtemps connue et si souvent décrite ('). Aussi nous ne nous y attarderons pas. C'est un fort beau tableau peint en couleurs vives dans le tombeau du prince Khmenhotep à Béni Hassan. Il représente une caravane arrivant en Egypte, 37 personnes, hommes et femmes, des Sémites, des Asiatiques (Âamou) au nez aquilin, à la barbe noire et pointue, aux vêtements multicolores, aux armes du désert, arc, javeline, hache, cassetête, boumerang.
En haut du tableau l'inscription hiéroglxi. bique ; venir pour porter dit hemié qiiont apporté des Âamou an nombre de 3/ . Au premier registre, le grand scribe ro^•al {sut 'a sali) Nefer-hotep tendant au prince un papyrus où est écrite la demande des Asiatiques. Suit le chef des couleurs {jnir nu) Khat}-, puis le personnage le plus intéressant de tout le tableau le chef de tribu, î ^ (1 J LM '"^' ^'""^ '^^'^'^' ^^"^""^ "" bouquetin et s'inclinant en signe de respect devant le grand chei (•)■
Le prince Khmenhotep vivait au temps d'.Amenemhat II. La petite caravane arrive en Egvpte vers le milieu de la XIP dynastie. C'est à i)eu près l'époque du voyage d'Abraham. Ainsi dut se présenter le patriarche devant Pharaon, ainsi plus tard son petit-fils Jacob.
(1) En particulier dans Vigouroux, Dictionnaire de lu Bible, II. lUbS et \'. m par C. Lagier.
(=) Nous parlerons plus loin du titre de ce cheikh, mais il importe dès a présent dy fixer notre attention. Il est composé de deux mots, le premier hik signifie « chef >. Le second est le terme si fréquent qui désigne, « les pays étrangers, les tribus Asiatiques, les Bédouins », celui qui est gravé sur les stèles du Sinai dans l'expression stéréotypée Jmppa»! les Bédouins. Son équivalence hasit a été démontrée depuis longtemps. Ouant à sa prononciation, nous avons à la chercher, nous y reviendrons. Le titre lui-même ne peut signifier autre chose que clief de caravane, chef de tribu.