Les noms propres
prise de possession de sa haute charge et une sorte de présentation au peuple. Le héraut n'était pas là comme un ornement à son équipage mais pour avertir effectivement les habitants de l'installation d'un nouveau ministre. L'idée était donc bien différente de celle du sais moderne et il est probable que la démonstration n'eut lieu qu'une seule fois.
5 Les noms propres.
Pharaon changea le nom de Joseph. Les Hyksos, nous l'avons vu, avaient adopté la civilisation égyptienne. .Si quelques-uns, comme Khian et les lacob, avaient gardé leur nom sémiti(|ue. d'autres, comme Anat-her, Herit-.Antha. Mer-ousir-ra Jacob-her, se montraient bons admirateurs de la langue de leur nouvelle patrie. Les Apophis qui étaient très probablement Asiatiques, étaient allés plus loin et avaient pris un nom du pa}-s. C'était un moyen de faire oublier leur origine. La conduite de Pharaon envers Joseph était donc à la fois prudente et conforme à la tradition, et l'on ne saurait trop admirer l'auteur sacré qui n'a pas voulu omettre ce détail, en lui-même de si peu d'importance.
Le nom qui nous a été conservé dans le texte hébreu Safnat Pa 'aneh, constitue un petit problème des plus délicats, d'autant qu'il se complique de deux autres noms propres, Aseneth et Putiphar qui sont de même époque et doivent être traités ensemble. Personne ne conteste que ces noms ne soient du pur égyptien. Au contraire, ils sont formés sur un patron bien caractéristique qui se retrouve dans un grand nombre d'autres vocables et l'on prétend qu'ils datent, comme ceux-ci, d'une époque bien postérieure aux Hyksos. Et voilà, dit-on, un point de repère chronologique pour la rédaction de la Genèse ou, au moins, d'un des documents de la Genèse (E). Voyons d'abord les faits (').
1. Le nom Egyptien de Joseph TOys rijSV (Gen. 41, 45), Safnat Pdaneh. est assurément la transcription littérale du composé
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de{(i) pnel{er) ef'otik « Dieu dit; il est \-ivant ('-) ». On dirait en copte 2Ce nrtOYT6 eqortg. ce qui explique la chute des lettres mises entre parenthèses. L'équivalence philologique est incontestable et, de fait, incontestée. Nombreux sont les noms formés sur le même type, tel de hit ef'onh Isis dit: il est vivant », de Mjit ef'onh, de Anion ef'onh, de Khonsn
(') [e crois superflu de reproduire ici toutes les explications proposées par les auteurs, le m'en tiens à l'essentiel. Voir l'article de E. Lévesque, Us mots égyptiens dans l'histoire de Joseph dans la Revue Biblique, 1899, p. 412-419.
(*) Etymologie proposée par Steindorff, Zeitschrift fur Aegypl. Sprache und Aller tumskunde. XXVII, 1889, 42; XXX, 1892, 50-52, et adoptée par la plupart des savants.