‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 77 sur 150 · VI. La terre de Gessett · texte numérisé non relu

VI. La terre de Gessett

/A.po)- Ce n'était d'ailleurs qu'un des noms de son long cours ('). Dans la région de Bubaste, les textes l'appellent /ty ; aux plaines de Phacusa et de Daphnae qu'il arrosait, c'était « les eaux de Ra » [pa-mou en pa-Ra) ; enfin dans son cours inférieur, vers Heracleopolis parva et jusqu'à la mer, c'était < les eaux d'Horus > [Si-Hor).

L'hébreu a admirablement conservé le mot, "lirrr . Les divers passages où il se trouve, convergent aussi au même sens :

Josué 13, 2-3 : « Tous les districts des Philistins et tout le territoire des Gessuriens, depuis le Sihor qui coule à l'Orient de l'Egxpte jusqu'à la frontière d'Accaron, vers le Nord » (').

Isaïe 23, 2-3 : « Le marchand de .Sidon, qui parcourt la mer, dont les

messagers sont sur les grandes eaux, le grain de Sihor, la moisson du Nil, sont son revenu > (').

Jéremie 2, 18 : . Et maintenant, qu'as-tu à faire avec le chemin d'Egx'pte, pour aller boire l'eau du Sihor' v.

En venant de Palestine, les premières eaux qu'on rencontrait étaient bien celles du Nil pélusiaque.

1 Chroniciues 13, 5:

" David assembla tout Israël, deijuis Sihor d'Egypte jusqu'à l'entrée de Hamath ».

(') Textes et références dans Garuinek, The Delta résidence of the Raiiiessides dans le Jotirti. of eg. arch. 5 (1918), p. 258 pour Ily, p. 257 pour «les eaux de Ra ». p. 251, 252 pour « les eaux d'Horus » [Si-Hor]. Ce dernier nom se trouve au pap. Aiiaslasi III (Nouvel Empire) et dans les documents d'époque gréco-romaine. « Les eaux d'Horus » [Si-Hor) sont toujours mises en relation avec le XIV nome (.Sethroite) qui était le dernier au Nord-Est du Deita. Pour comprendre I'expre.ssion «eaux d'Horus > ou « fleuve d'Horus ». il faut se rappeler qu'Horus est souvent appelé seigneur de l'Orient, et que c'est au Delta oriental que, selon la légende, il poursuivit Set, le meurtrier de son père. La route de Palestine portait aussi le nom significatif de « chemins d'Horus ».

(2) C'est le seul endroit où ce mot a l'article. En égyptien, il se trouve aussi avec et sans l'article, pa si-Hor et si-Hor.

(31 On le voit, il n'y a aucune raison de retrancher ior « le fleuve, le Nil», comme le voudraient certains critiques (cfr. A. Condamin, Le livre d'Isaïe, sur ce passage). Les deux mots hhor et ior n'ont pas le même sens. Par l'expression grain de sihor, il faut sans doute entendre les blés d'Egypte que des bateaux apportaient sur les eaux de la branche pélusiaque à la Méditerranée et de là à .Sidon.

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