I-') Gardinek, The Delta residen
ce. p. 185-186. La traduction de Gardiner est faite sur le papyrus Anastasi Ifl, avec les variantes d'un duplicata parmi les papyrus Rainer de Vienne-et d'un ostracon de Queen's Collège, O.xford. Vigouroux \La Bible et tes déconverfes modernes, 2, 1896, p. 266-268) donne la traduction de Maspkro (Du genre e'pistotaire chez les anciens Egyptiens, p. 103-106). Il applique cette description à une ville du Ouadi Toumilat. On ignorait encore la vraie .situation de' Pi-Raniessé.
Autres références: Heath, The Exodus Papyri, p. 68 et pp. 73-75; Chabas, Mélanges égyplologigues, deuxième série, pp. 131-134; Goodwin dans Records of the Past, !■'"' série, p. 11-16; Bkigsch, Gesc/iichte Aegyptens, P édit. 1877, pp. 547-549. — Steininsclirift und BibclHort. pp. 189-192; Maspero, Hist. Ane. II, pp. 388-389.
I ') Kenkémé, un célèbre vignoble dans le voisinage de Pi-Raniessé.
Fig 32. Rani.sès H sur son char de guerre.
Sct'no «hi temple d'Abou Simbel en Basse Nubie,
iD .ipris Petbiï, a hist. of Eg. 3, fig. 20|.
Territoire de Ram ses 113
Les « ea»x d'Horiis » (si-Hiir) rapportent du sel et dn natron. Ses bateaux vont au loin et retournent au port. Il y a ahondaiice de vivres chaque jour. On se réjouit d'y habiter, pas de désir h exprimer. Les petits y sont comme les grawis.
Allons, célébrons pour elle ses fêtes du ciel et ses commencements de saisons. Les marais lui produisent des papyrus et les « ea^ix d'Horus » des roseaux. Les plantes Seber (') viennent des jardins, les guirlandes des vignes.
On lui apporte (.^) des oiseaux de la région des cataractes, et ils marchent sur... La mer (est pleine?) de poissons [deux espèces sont nommées]. Les marécages lui offrent leur...
Les jeunes gens de Grand-en-i>ictoires (•) sont en vêtements de fête tous les jours, avec de l'huile parfumée sur leurs têtes et des cheveux frisés de frais. Il se tiennent à leurs portes, les mains chargées de feuillage, avec des rameaux verts de Pi-Hathor., des bouquets des (eaux de) Peher.
.jmir d^ entrée d'Ousimara Setpenra (Ramsès II), .Monthou des Deux- Pays, an matin de la fête de Choiak. Chacun est comme son voisin pour adresser ses reqjiêtes.
Doux breuvage (?) de Grand-en-victoires [trois espèces sont nommées]. Bicre de Cilicie (venant) du port, vin des vignobles, doux onguent des (eaux de) Segebyn, guirlandes des bosqiiets (?), doux chanteiirs de Grand-en-victoires formés à .Vlemphis.
Demeure, sois heureux^ et fnarche librement., ne f éloignant pas de là, ô Ousimara Setpenra, MontJwu des Deux-Pays, ô Ramsès Aimé cfAmon^ ô toi dieu.
Le même papyrus contient un panégyrique de Ramsès II, adapté plus tard à Ménephtah. Un passage fait ressortir l'importance militaire de Pi- Ramessé (').
Combien heureux est un jour en ton temps, combien douce ta voix qicanct tu parles, voyant qjie tu as construit Pi-Ramessé .V/iamon, la porte de toid pays étranger, l'extrémité de C Egypte, la (cité) aux beaux balcons, aux salles éblouissantes de lapis-lazuli et de turquoise!
(C'est) la place régulatrice de tes cavaliers, le point de ralliement de tes soldats, son port est le refuge de tes marins. On t'y apporte des tributs.
Sois lo7ié qtiand tîi arrives au milieu des régiments des archers, (hommes) aux airs faro7iches, aux doigts brûlants, qui avancent (r) quand ils contemplent le Prince debo7it et cotnbattant, et que les montagnes ne peuvent se tenir devajit lui!
Kst-il besoin de faire reman]uer (jue ces détails conviennent admirablement au site de Péluse, base à la fois navale et terrestre pour les expéditions lontaines en Asie?
(') Une plante indéterminée.
(2) Epithète de Pi-Ramessé, voir plus haut.
p) GARDiiNER, /. /. p. 186. 187: CHABds, Eludes sur l'ant. hist. p. 219-20; .Maspero, Genre épistotaire. 77-8; Brugsch, Sleininschrifl und Bihelworl, 200-1.
V/. La terre de Cessai
Citons encore un autre papyrus qui donne de très intéressants détails sur les temples et sur la population de Pi-Ramessé (') :
Sa Majesté s'est constridt une citadelle dont le fiom est iii-and-en-victoires. Elle est située entre le Zalii et l'Ej^rpte et elle est re?nplie de vivres et de provisions.
Elle est comme On de Haute Egypte ( Ervient), et sa durée est conmie celle de Memphis. Le soleil se lève à son horizon, et se couche en elle- Chacun quitte sa ville et s'établit sur son territoire.
Sa partie occidentale est la maison d'Amon, sa partie méridionale est la maison de Setekh. Astarté est à son côté Est, et Bouto à son côté Nord.
La mention d'un temple d' Astarté est significative. Ce temple, à l'Orient de la ville, n'était pas pour les Eg\'ptiens qui avaient, outre les trois temples nommés ici, celui de Phtah et celui de Ra. Il était pour les Orientaux, nombreux dans cette cité limitrophe. Comme les villes maritimes modernes de Port-Saïd et d'Alexandrie, Pi-Ramessé était le rendez-vous des nations. Il r a en elle des gens de tout pays, s'écrie un poète du temps de Ramsès III ('). Le plus fort contingent d'étrangers venait assurément de Palestine et de S3Tie.
Pi-Ramessé continua à jouir d'une grande prospérité sous la XX® dynastie. Elle était résidence royale et siège du gouvernement pour le Delta. Thèbes restait la capitale pour la Haute Egyj^te. Le site était à souhait comme base stratégique et centre commercial, mais comme capitale, il était trop excentrique et trop près de l'ennemi. Aussi la XXF dynastie transféra-t-elle le siège du gouvernement à Tanis. Dès lors, Pi-Ramessé commença à décroître et à disparaître. Elle renaquit, pour ainsi dire, de ses cendres à l'épotiue gréco-romaine, sous le nom de Péluse. Elle se perpétua aux âges coptes. On l'appelait alors nGDGUiOYfT qui est sûrement une survivance de l'égyptien Pcr-Amou)i « maison d'Amon » (').
Enfin ce dernier nom conserve encore une ombre d'existence dans l'arabe Tell Farama.
Ce site de Pi-Ramessé était habité bien avant les Ramessides. Là, très probablement, s'élevait Avaris, la ville des Hyksos. Un nom plus ancien encore du même endroit est Sin ou Sain. On le lit déjà dans les textes des p ramides comme lieu de provenance d'un bon vin, le vin de Kenkémé, sans doute. Il rejiarait dans les Annales d'Assourbanipal où il est parlé d'un certain -Sarludâri, prince de .Sin, soumis avec d'autres chefs du Delta par les Assyriens. Il se retrouve au temps des Ptolémées dans les docu-
') Gardiner, /. /. 187; Chabas. Mél. égypL, 2' série, p. 151 sqq. ; — Etudes sur fant. hist., 2« éd., p. 277-8: Maspero, Genre épistolaire, p. 102; B^vgsch, Steinitisc/iri/l, p. 192-4; Erman, Ae.^ypten, p. 242-3. Cité par Vigouroux, La Bible et les déc. modernes, 2, 1896, p. 266.
(^) Gta?id papyrus /larrts. 8, 2, Garuiner, Delta résidence, p. 194.
(■') Dans Per-Amoun, r s'est conservé sans doute parce qu'il était devant une voyelle. Autres exemples: Hermonthis, (p)er-Afonlhou, « maison de Monthou »; ^opcup /'«•-//'"-. « maison d'Horus >; Pharaon, per-'aa, * la grande maison ». Gardiner /. /. p. i:S8.
J. Territoire de Ramsèi
ments démotiques où Pétoubastis traverse « les provinces d' Egypte depuis E/éphantine jicsijn'à Souii » qui représente ainsi l'extrémité Nord ('). C'est le Sin \>Q d'Kzéchiel 30. 15. Mr.
« Je répandrai mon courroux sur .Sin. force de TEorv-pte.
Et j'exterminerai la multitude de \o.
Je metterai le feu à l'Egypte,
.Sin se tordra de doult-ur Xo sera forcée '.
I'"ig. 33. Un villa^ie é<;yptien.
Le propliète nomme deux villes célèbres, aux deux extrémités de l'Egypte: No ou No-Amon), Thèbes, au Sud; .Sin J "ancienne Pi-Ramessé, au Slord. La Vulgate traduit fort à propos Sin par Péluse. Au verset 15, les Septante transcrivent Sin par Sdiv qui est peut-être la vraie prononciation. .Au verset 16, ils transcrivent Stnpii comme s'ils avaient en vue .Svène en Haute Egypte. D'après tout ce qui précède, il est facile de voir qu'il faut donner raison à S' Jérôme, puis(]ue Sin était un nom très ancien de Péluse (').
(') Gardiner, Delta résidence, p. 253.
(2) Telle est l'opinion de C. Lagier dans le Dictionnaire de la Bible dG\'iGovv.ovx au mot Péluse; de Grikfith dans le Diclionary of the Bible de Hastings, au mot Sin; de .Si-iEGELBERG dans la Zeitschrift fiir âgyptische Sprache, vol. 49 (1911) p. 81-84. Dans Y Ency. clopaedia biblica, au mot Sin, Max MOller se prononce plutôt contre, mais il écrivait avant r-article de Spiegelbekg sur Sin d'après les documents hiéroglyphiques et démotitiues.
Pour l'histoire de Péluse à l'époque gréco-romaine et aux temps chrétiens, voir un excellent résumé par Lagier dans le Dict. de la Bible de Vigouroux.
116 Vf. La ferre de Gesse»
Xous avons dit plus haut que les targums de Jérusalem et de Palestine traduisent Ramsès (Gen. 47, 11; ¥.x. 1. 11) par Pilonsin. On ne saurait ex]Dliquer pareil accord par une coïncidence fortuite, il est bien plus probable que c'est l'écho d'une tradition ancienne.