Ramsès bibliqve
qu'elle était distincte de l'autre, et maintenir Xopitùon courante qui la place à Tell Artàbi dans le Ouadi Toumilat. Mais on voit combien difficultueuse serait une pareille position. Reposant sur la supposition gratuite (jue ce site porta autrefois le nom de Ramsès, elle se trouve privée de son appui principal, ijue ce pa\s était la terre de (iessen. Dès lors que les Hébreux vivaient autour de Fi-Ramessé pharaoni(]ue, il est naturel de voir en cette ville celle que les maîtres impérieux les obligèrent à bâtir. On ne saurait arguer non plus du voisinage de Tell Artàln et de Tellel-Masklionta. Dans l'ancien système, cette proximité constituait plutôt un motif de doute. Etait-il vraisemblable que Pharaon eût construit deux cités-magasins en des points si rapprochés et sur une même route r Si ces magasins devaient servir au ravitaillement des armées partant pour la Palestine ou plutôt pour le Sinai, était-il besoin de les diviser et n'était-il pas plus prudent de centraliser les dépôts et de les placer sous une même garde } Et la remarque ne se retourne pas contre nous, car dans la nouvelle solution, Pithom est la base pour les expéditions au Sinai, et Pi Ramessé, pour les expéditions en Palestine. Ainsi nous évitons le double emploi.
D'autre part, au point de vue historique, l'unification de ces trois Ramsès prend une importance inattendue. Voilà, apparemment, résolu par le fait même le problème du pharaon persécuteur et de la date de l'E.xode. Nous l'avons vu plus haut, Ramsès II est bien le fondateur de la fameuse métropole qui porta son nom. Ce serait donc sous son long règne que les Hébreux auraient construit à la corvée ces temples et ces magasins de Pi-Ramessé que célèbrent les scribes enthousiasmés. Gardons-nous [jourtant d'arriver dès maintenant à cette conclusion et réser\'ons pour un chapitre spécial la question historique.
On pourra objecter encore que cette solution nuit au récit de l'exode et qu'il est plus facile de faire partir les Hébreux du Ouadi Toumilat que des régions lontaines de Tanis et de Péluse. Le vo\-age eût été un peu plus court |)Our eux, en effet. Mais, franchement, qu'était ce petit trajet à côté des quarante ans qu'ils avaient à errer dans les déserts ? Et puis, il nous faut les prendre là où ils étaient, et non là où il nous plairait de les mettre