VII. La persécution
ont attribué le petit discours rapporté par la Bible (*). C'est bien à tort, dans tous les cas, et quel que soit le s\stème qu'on adopte. 11 suffit d'un calcul bien simple pour le démontrer. Moïse avait 80 ans quand il se présenta devant Pharaon — Ménephtah, par hypothèse — (Ex. 7, 7). C'était peu de temps après la mort de Ramsès II. Le règne de celui-ci coïncide donc tout entier avec la vie de Moïse. D'autre part, quand Moïse enfant fut exposé sur le Nil, la persécution battait son plein et il y avait longtemps que les Hébreux gémissaient dans la servitude. Donc, au début de la persécution Ramsès II n'était pas encore ne.
Le mirage de Ramsès II écarté, nous aurons toute liberté pour choisir, parmi ses prédécesseurs, le premier oppresseur d'Israël Ahmosis ? Aménophis I } Thoutmès I .' Thoutmès III } Ramsès I : Tous ces pharaons guerrovèrent en S\Tie. Pour le moment, nous n'avons aucune raison de nous attacher à l'un plutôt (|u'à l'autre de ces grands noms, si ce n'est toutefois au jtremier. Quel est, en effet, le motif allégué pour réduire les Hébreux en esclavage sinon leur accroissement extraordinaire au point d'inquiéter le maître de rEg\-pte. Et c'est évidemment le vrai. Nous n'en vo\ons pas d'autre, et les mesures prises dans la suite contre les trop puissants étrangers n'en laissent pas soupçonner de différent. Or ce motif n'existait-il pas au temps d' Ahmosis r Les Hébreux ne constituaient-ils pas alors le même danger que plus tard ?
Il faut pourtant nous garder de chercher trop de logique et trop d'unité dans la politique des pharaons. Il convient de compter avec leur arbitraire. Au demeurant, le restaurateur de la monarchie égyptienne ne pouvait tout d'un coup corriger tous les abus, relever toutes les ruines, redresser au sens national toutes les condescendances ou toutes les compromissions des règnes précédents. Il avait peut-être des œuvres plus urgentes à accomplir (jue de tracasser une tribu de pacifiques pasteurs, répandus sur les frontières de son grand rovaume.