‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 98 sur 150 · Rawscs ,1 PUIwm · texte numérisé non relu

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Par ailleurs, aucune confusion entre les deux cités voisines n'était, seinble-t-il. possible. Quand Tell Artabi (Pitouni) était quelque chose, les Grecs l'appelaient IIûtdvuoç (Hérodote, II, 158). Cette ville s'efface, un nom tout à tait différent est donné à la rivale victorieuse (').

Cette lontjue discussion se résume donc ainsi : à Tell el-Maskhouta, Thékou, puis Héroonpolis ; à Tell .Artabi, Pitoum, puis Patoumos. Par extension, Pi-toum « le temj^jle de Toum » a pu s'applic]uer aussi à la ville de Thékou à une épo(|ue oi^i Tell' Artabi n'était plus habité.

Au point de vue bibliciue. il im[>orte peu que les Hébreux aient travaillé à l'un ou à l'autre endroit. Dans les deux villes, les inscrif>tions parlent de greniers ; dans les deux villes, le temple de Toum fut restaure par Ramsès II, et, de part et d'autre aussi, les prédécesseurs de ce grand roi ont pu entreprendre des constructions. Je crois cependant qu'en plaçant le Pithom de l'Exode (1, 11) à Tell Artabi, nous obtenons une interprétation un peu meilleure. Car, nous évitons ainsi l'inconvénient de faire donner par le même Li\re, et à peu de distance, deux noms différents à une seule et même ville (Pithom, Ex. 1,11; Soccoth ("), Ex. 12,37). D'autant que dans la mémoire des Hébreux, les villes de Ramses et de Pithom étaient inséparablement unies comme emblèmes de servitude. Si donc pour l'auteur sacré, Soccoth avait été Pithom, il aurait dit plutôt : « Les enfants d'Israël partiren» de Ramsès' pour Pithom » (Ex. 12, 37). Il \- avait, en effet, une spéciale satisfaction à chanter la délivrance sur les touches mêmes dp l'esclavage.

.S. Les enfants noyés (Ex. i, 22). Moïse.

.\ous ne nous arrêterons pas longtemps à cet horrible mode de destruction, le plus barbare assurément de toute la persécution dirigée contre les Hébreux ('). Il faut dire à l'honneur des Eg\'ptiens qu'il ne fut ni gé-

(') Si Patoumos d'Hérodote avait désigné Thékou, on ne voit pas pourquoi les géographes postérieurs auraient rejeté ce nom si simple et si expressif, pour en forger un autre d'un radical égyptien si peu connu.

(•) Si toutefois Soccoth est Thékou, comme on l'admet généralement. Nous dirons un mot de cette identification dans le chapitre sur la route de l'e.xode. Il est vrai aussi que les critiques attribuent Ex. 1, 11 à J et Ex. 12, 37 à P. Mais la distinction des documents a ici peu d'importance. Pour tout historien Israélite, quel que fût son lieu d'origine, le souvenir de Ramsès devait amener celui de Pithom. Ajoutons que la Genèse dit Héroonpolis (46, 28-31 Septante) et l'Exode, Pithom (1, 11, Septante neiôco), comme s'il était question de deux villes différentes.

(■*) Je passe sur l'épisode des sages-femmes. 11 n'a rien de spécifiquement égyptien. Jf note seulement la dernière phrase: < Et il leur fil des maisons» (21). On a voulu y reconnaître l'expression égyptienne gereg per «fonder maison», c'est-à-dire « se marier». Ce rapprochement n'est pas à retenir. Les deux formules ne se touchent que par le mot >< maison qui dans toutes les langues signifie aussi < famille». Elles ont d'ailleurs des sens assez différents. « Il leur fit des maisons», c'est-à dire des familles, une nombreuse postérité (Cfr. Deut. 25, 9; Ruth, 4. 11). L'expression égyptienne veut dire simplement «se marier». En outre, elle garfle toujours le mot « maison » au singulier.

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