‹ Les hébreux en EgypteChapitre 105 sur 149 · Quelques détails · texte numérisé non relu

Quelques détails

et à se retirer. Fin décembre, elles sont rentrées dans le lit du fleuve, et le fellah ensemence ses champs. C'est le printemps, la saison de la verdure. Arrivent mars et avril, la moisson a jauni et entre dans les greniers.

À si peu de chose qu'on la réduise, la première plaie ne fut pas uniquement la coloration naturelle du Nil, au moment de sa crue. Sinon, elle neût été ni un fléau ni un signe de la mission divine de Moïse. L'auteur veut dire davantage. Déjà, il a parlé du même prodige destiné aux Hébreux seuls (Ex. 4, 9). Et il ne s’agit pas alors du Nil rouge. Cette eau que Moïse ira puiser au fleuve et qu'il jettera à terre devant les chefs d'Israël, si elle reste ce quelle était déjà, si elle ne change pas de couleur à l'instant et sous leurs yeux, quel- MA To mu dE | les moqueries, quels pu éclats de rire accompagneront le geste imprudent du prétendu messager de Dieu ?

C’est assurément dans le éme sens qu'il faut entendre les mêmes mois quand Moïse opère devant Pharaon sur les bords du bras pélusiaque du Nil. Les nouvelles eaux chargées du limon qui les colore, |SSSEMS sont un @enfatil, non un fléau, pour l'Egvy- Fig. 38. Un débarcadère primitif. pte. Elles lui apportent la vie et l'abondance. Elles ne tuent pas les poissons (Ex. 7, 21), elles leur sont favorables et les multiplient. Elles ne sont pas nocives à l'homme, elles lui sont salutaires (Ex. 7, 24). Depuis des siècles, les Egyptiens sont habitués à les boire. S'ils les trouvent trop terreuses, ils ont les moyens de les clarifier. Les récipients poreux que leurs potiers font en abondance, forment d'excellents filtres, et chaque famille a les siens (°).

(1) Le texte dit que «les Egyptiens creusèrent aux environs du fleuve pour trouver de l’eau potable » (Ex. 7, 24). C’est une allusion évidente aux fameuses saguiehs d'Egypte pratiquées un peu partout dans la plaine. L’eau de la saguieh, tirée de dix et quinze mètres de profondeur, vient du Nil comme toutes les eaux d'Egypte, mais elle a été débarrassée de son limon et clarifiée par l’infiltration souterraine. Même au temps du Nil rouge, elle est limpide et potable. On le voit, ce détail qui vient en surcroît à la fin du récit, est une remarque générale sur les eaux d'Egypte. Il ne se rapporte pas directement à la première plaie. C’est un autre genre de peine.

Creuser le puits d’une saquieh est un gros et long travail. Le but n’en est pas seulement d’obtenir de l’eau claire pour boire, mais surtout d’arroser les jardins et les champs durant toute l’année.

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Les nouvelles eaux ne changent pas de couleur à vue d'œil et instantanément, comme l'exige le récit (20).

Si, devant toute la cour de Pharaon qui lui était déjà si hostile, Moïse n'avait pas opéré un vrai miracle, au lieu de | affermir, il aurait compromis sa mission et ruiné le prestige de son Dieu.

À sa voix, les eaux furent soudain tellement altérées qu’elles devinrent

mortelles pour les poissons et imbuvables pour les hommes. Furent-elies réellement changées en sang? Miracle pour miracle, nous n'avons aucune raison sérieuse d’en douter. Pas nétait besoin pour’ cela, comme nous l'avons dit plus haut, qu'il en füt ainsi sur toute la surface d'Epwypte, jusqu'aux frontières de Nubie. Dieu qui est infiniment bon et juste ne crée pas pour des innocents des peines qui seront inutiles.

À la crue, le Nil est rapide. Le flot délétère fut bientôt emporté. Il semble résulter du texte luimême que le fléau fut de

question de le faire cesser.

pas (). 1 faitivemeiises magiciens. Que firent-ils précisément? Il est libre à chacun de le conjecturer.

Mais à ce moment, il est manifeste que le fleuve était RU D A A à revenu à son état normal, A droite, le chapelet de godéts Qui vont ‘chercher l’eau dans le puits SHIOI OU MN EE et la déversent dans le canal. l'eau pour leur contrefaçon

du prodige ? (°).

Nous passerons plus rapidement sur les autres plaies. Les grenouilles se multiplient pendant l'inondation. Les eaux répandues au loin sur les plaines, à peu de profondeur, favorisent l’éclosion des œufs. Il est cependant inouï que les habitants en aient été incommodés, si ce n’est par leur coassement. [| y a quelque chose de tout à fait extraordinaire dans ie tableau de désolation que nous peint la Bible. Des grenouilles si nombreuses qu'elles couvraient toute la campagne, qu'elles envahissaient les maisons, les cham-

(1) Du verset 25: «Il s'écoula sept jours, après que Iahvé eut frappé le fleuve», on.

ne peut conclure que le fléau dura sept jours. Si telle avait été la pensée de l’auteur, il aurait ajouté: et le fléau cessa. Les mots qu'il emploie supposent, au contraire, qu’il avait dejà cessé. 5

(?) Pour se tirer d'affaire, on a recours à des suppositions bizarres et compliquées (faire apporter l’eau de très loin, des bords de la mer) qui ne sont pas dans l'esprit du texte si simple et si naturel.

courte durée. Il n'est pas

Pharaon ne s’en préoccupe

Muret DE

s'en défendre.

» tuent aussi une des impor-

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