‹ Les hébreux en EgypteChapitre 106 sur 149 · Queiques détails · texte numérisé non relu

Queiques détails

bres, les lits, les fours, les pétrins (8, 3-4), et précisément au moment voulu par Moïse, cest un phénomène qui n’est pas purement naturel.

Les moustiques sont un des fléaux les plus connus de l'Egypte comme de tout l'Orient. En Palestine, dans les parties montagneuses du moins, ils subissent des intermittences. Le froid les tue en hiver. On sait combien ils sont mauvais pendant les chaleurs. C’est leur piqûre qui inocule la malaria. On les combat en assainissant

les eaux dormantes des puits et des citernes où ils prennent naissance. Le pétrole détruit les germes.

En Egypte, ils sont permanents, mais à cause de l'immense surface des eaux, ils foisonnent pendant l’inondation. Il-y en a.

de plusieurs espèces. Il y a les chantres qui se trahissent et s’annoncent par un bourdonnement uniforme, plus irritant parfois que leur piquüre. Il y a les silencieux, plus petits, plus rapides, qui pénètrent partout, qui attaquent en traitres, et qu'on ne remarque que lorsqu'ils ont enfoncé leur pointe. Les indigènes y sont habitués et ne prennent aucune mesure pour

Les mouches consti-

tunités de l'Egypte. Elles Rae. re ig. 40. Le. « chadou srité s'attaquent naturellement #6 DS EN une potence est fortement attachée une barre pouvant basculer, à

aux parties humides du un bout est fixée la corde qui lèvera le seau rempli d’eau, à l’autre un corps. en particulier aux contrepoids pour faciliter la manœuvre. Ici le « chadouf » est double. yeux. Les gens de la campagne ne pensent même pas à les chasser. On voit des visages d'enfants dévorés par des essaims de ces bêtes. C’est une des causes des si nombreuses maladies d'yeux en Egypte.

La peste des animaux est très rare en Egypte. Elle y arrive parfois, de même qu'en Palestine et en Syrie (‘).

(1) Je fais ici allusion à une épizootie dont je fus moi-même témoin en 1903. J'avais passé à Mezérib et je me rendais à Æosn ‘Ageloun. Tout le long du chemin, on voyait dans la plaine des bœufs et des vaches frappés par le terrible fléau et abandonnés par les habi-

146 VIII. Les plaies

On a voulu reconnaître dans la plaie des pustules ce qu'on appelle le « bouton du Nil ». Ce sont des boutons de chaleur qui font éruption au moment de l’inondation. Ils produisent une démangeaison cuisante plutôt désagréable que dangereuse. Ils peuvent durer plusieurs jours, mais ils sont parfaitement inoffensifs. Ce n'est pas cette innocente tumeur qui aurait inquiété Pharaon.

La grêle est admirablement décrite par l’auteur sacré (Ex. 9, 18-25). Il sait fort bien qu’elle fond parfois sur l'Egypte, mais celle-ci sera si grosse et si violente qu'il n'y en eut jamais de semblable dans tout le pays. Elle sera accompagnée de tonnerre, elle hachera toute la verdure des champs et sera un danger pour les animaux et les hommes. |

La grêle a été constatée, dans la Basse Egypte, en janvier. en février, en mars et en avril. Il tombe parfois d'énormes grêlons. On en a ramassé qui étaient gros comme des balles de tennis et qui pesaient jusqu à quinze grammes. Le 6 mars 1920, un violent orage, avec éclairs et tonnerres, s’abattit sur le Caire. En moins d’une heure, les rues étaient transformées en ruisseaux. La pluie était mêlée de gros grêlons. |

La grêle ne se commande pas. Cependant, Moïse la fit tomber quand il voulut, et dans l'intensité qu'il voulut, et avec la durée qu'il voulut.

La grêle est locale. Il restait encore de belles moissons sur pied. Alors Dieu envoya la sauterelle. Ce fléau de l'Orient et du Nord de l'Afrique n’est pas inconnu dans la vallée du Nil, bien qu’il n y arrive pas chaque année et qu'il y soit même assez rare. L'année 1915 fut une année de sauterelles. Elles vinrent de l'Est et de l'Ouest. Le premier vol arriva en janvier de l’oasis Bahrîeh Elles se multiplièrent en février et durèrent jusqu'en mai. Celles qui vinrent de l'Est passèrent le canal entre Ismaïlia et Port-Saïd et s’abattirent sur le Delta. On sait que la même année, le fléau fit aussi de terribles ravages en Palestine.

Les sauterelles paraissent à des intervalles très irréguliers. On les avait signalées en 1891 en Palestine et en Syrie. La merveille est de les voir surgir à l'appel de Moïse. Elles n’ont pas l'habitude d’obéir aux hommes.

Les ténèbres doivent être rapprochées du £/amassin (‘) qui souffle en mars et en avril Quiconque a vécu en Egypte en a été témoin. C’est un vent chaud, et parfois violent, du désert. Il produit une tempête de sable qui obscurcit l’air à la manière d'un brouillard épais. Il n’est pas continu,

(1) C’est à dessein que j'écris ainsi ce mot, car telle est la vraie prononciation des gens du pays. On dit généralement que c'est le nombre #kamsin « cinquante », parce que ce vent, explique-t-on, souffle pendant cinquante jours. D'abord, on pourrait dire aussi bien quarante ou soixante. Personne, en effet, n’a jamais compté les jours de £kamassin. Il se fait sentir à peu près pendant les deux mois de mars et d'avril, parfois en mai aussi, mais avec desintermittences qui réduisent de moitié le nombre des jours chauds. Ensuite, les indigènes qui n’ont pas été influencés par les explications des livres, ne connaissent pas cette interprétation, et pour eux, #hamsin « cinquante », et #hamassin «le vent chaud», sont deux mots différents.

À mon avis, khamassin est un ancien mot égyptien qui a été conservé, avec beaucoup d’autres, dans le langage parlé, après l’adoption de l’arabe.

Page 1