Quelques détails
il a des intermittences. Il se maintient pourtant parfois cinq ou six jours de suite. Le ciel est alors voilé d'un rideau jaunâtre fait de sable très fin. En plein midi, dans les gares, il faut allumer tous les feux. Il arrive que le sable est enievé en tourbillons et emporté à de grandes distances où il retombe obliquement, à la manière de la grêle. C'est assurément un fléau pour l'Egypte. Tout être vivant en souffre. Il fait du mal aux arbres fruitiers (abricotiers, amandiers). S'il les trouve en fleurs ou au moment critique où se noue le fruit, c'en est fait de la récolte.
Comme pour la grêle et les sauterelles, l'auteur sacré sait très bien que le vent chaud du désert souffle annuellement en Egypte. Le prodige est que Moïse s'empare du phénomène naturel, qu'il le dirige à son gré, l'intensifie dans la mesure requise pour atteindre son but, et l’arrête quand il lui plait.
Même considérée en elle-même et indépendamment du caractère religieux et pascal que lui donne le texte, la mort des premiers-nés ne peut se rapprocher d'aucun phénomène naturel. On a parlé de la mortalité infantile qui est assez grande en Egypte à cause de la négligence des parents. Mais il est évident que l’auteur a en vue l'aîné de chaque famille, même s'il n’est plus enfant et a atteint un certain âge (12, 29): « Depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône, jusqu'au premier-né du captif dans sa prison ». Considérer les nouveaux-nés en général serait déformer entièrement l'idée fondamentale de cette dernière et plus terrible plaie.