Les canaux
étaient venus le saluer. Au reste, tout près du canal, est figurée une forteresse qui porte le nom de wz29d0l de T'hel.
Le projet de faire communiquer le Nil avec la Mer Rouge est attribué à Nékao par Hérodote (2, 158) et quelques autres écrivains. Ce ne fut qu'une entreprise. Il fut donné à Darius, roi de Perse (521-486), de le conduire à bonne fin. C'est ce que disent les géographes grecs et latins, d’ailleurs bien informés car l'archéologie leur a donné raison (‘). Le grand roi
SANS AIN LEO (fa
Fig. 42. Séti 1 présentant les prisonniers asiatiques à Amon. Suite du tableau précédent, à droite. Le dieu est assis sur son trône, on n’en voit ici que les jambes et un bras. Le roi est debout devant lui. Les prisonniers, bras liés, sont en arrière. (Photographie communiquée par le Musée du Caire).
prit soin d'immortaliser son œuvre par des stèles commémoratives qui Ja-
lonnaient le canal. Quatre ont été retrouvées sur place, à Tell el-Maskhouta, au Sud de la colline; à la station de Sérapeum sur le canal maritime, légèrement à l'Ouest; à Qabret, entre le grand lac et le petit lac, un peu au Sud de la station; au Nord de Suez, sur la route des pèlerins. Cette dernière est au nom de Xerxès. Ce fut donc ce roi qui termina l'ouvrage commencé par Darius.
(1) Voir les textes en appendice III.
156 IX, La Mer Rouge au temps de l’Exode
Sur une des stèles, Darius dit : «< Moi, j'ai ordonné de creuser ce canal à à partir du Nil, — c'est le nom du fleuve qui coule en Egypte — jusqu'à la mer qui vient de la Perse » (‘). Le parcours du canal est donc bien indiqué par les stèles, Il se détachait du Nil aux environs de Bubaste, traversait le Ouadi T'oumilat, passait au Sud de Tell … el-Maskhouta où ila été reconnu, laissait à l'Est le lac Fimsah déjà fortement isolé par les dunes de sable. franchissait le = seuil de Sérapeum et débouchait à la poin-
te Nord des Lacs A- Fig. 43. Le Canal de. Darius Au del des
L'ancien canal envahi par l’innltration, près du km. 140 du canal maritime, €TS
pointe Sud des Lacs Amers. lacs, dans Île seuil de Chalouf, on le suit.
presque jusqu’au golfe de Suez. Le nouveau canal d'eau douce a même utilisé une partie de son parcours. La stèle de Xerxès, tout près du canal ancien, sur la route des | a pèlerins, à quelques . .
kilomètres de la mer, ne laisse aucun doute sur son attribution (?).
(1) CLÉDAT, Votes sur l’isthme dans le Bulletin VE VIRE EI, A6 bp 225;:
Ce canal est bien marqué sur la carte de BAEDEKER, Egypte (1914) p. 182-183.
Pour son histoire après
Darius, voir les textes en appendice III, surtout le texte de Magrizi pour la
période" arabe: :[l'enest 85 27 TCE parlé dans la stèle de Pto- Fig: AAUES CARRE |
L’ancien canal utilisé de nos jours pour le canal d’eau douce vers le coude
lémée Philadelphe, ligne 6 de Chalouf, près de la gare, fourré de roseaux sur les bords. c 4 (NAVILLE, Slore-city, p. 20, (Photographies gracieusement communiquées par M. CHARLES GIRE). à pl. X). 4
(2) Ces stèles étaient bilingues avec inscription en Cunéiformes et en hiéroglyphes. On les a retrouvées brisées en plusieurs morceaux et rongées par l'humidité de sorte que l’inscription n’a pu être établie en entier. C’étaient des monuments considérables, On avait d’abord posé un soubassement en gros blocs de calcaire ou de grès siliceux. Puis, au-dessus, on avait dressé la stèle en granit rose d’Assouan. Celle-ci était arrondie au sommet à la ma-
nul dé Ÿ el, fish hr. ne
4 Etat SHCS 157
À Chalouf, il avait, à la surface, près de 40 mètres de largeur, ce qui
- suppose 20 mètres au plafond. Or, au début, le canal maritime n'avait que 28 mètres au plafond. C'était donc un très beau travail.
4, Etat ancien.
Nous tenons donc enfin un premier point ferme pour la géographie de l'isthme aux temps pharaoniques. À la fin du V[° siècle avant Jésus- Christ le seuil de Chalouf barrait le passage aux bateaux. Ce n'est pas à dire que le flux marin ne couvrit pas la dépression, au moins par périodes. Mais, en tout cas, il n'était pas navigable et le rivage de la Mer Rouge était à peu près ce quil est aujourd'hui (°).
Ce point capital acquis, il sera facile par induction de remonter jus-
qu’à l'Exode. Neuf siècles, au plus. nous en séparent (6°-15° siècle). Or, en
neuf siècles, quel déplacement peut subir le rivage d'une mer, même si cette mer est étroite et resserrée comme la Mer Rouge : Depuis Darius jusqu à nos Jours (25 siècles), peut-on apprécier de manière notoire, l'exhaussement de la plaine et le recul des eaux? Les stèles perses, si lourdes, étaient à fleur de terre.
Une première conclusion s'impose. Au temps de Moïse, la Mer Rouge ne couvrait pas le seuil de Sérapeum et ne s'étendait pas jusqu'au lac Timsah (°). Un retrait de 80 kilomètres avec exhaussement de terrain de S mètres ne s'opère pas en 900 ans sous l'influence des seuls agents naturels (). En
nière babylonienne. La stèle de Xerxès mesure 3 m. 12 de hauteur et 1 m. 85 de largeur. Les
autres avaient à peu près les mêmes dimensions.
La stèle de Tell el-Maskhouta fut découverte pas les archéologues qui fouillèrent ce site. Celle de Sérapeum fut remarquée par les savants de l’Expédition française. On la prit
—…. pour les restes d’un Sérapeum ou temple de Sérapis, de là ce nom si impropre qui fut donné
à ce monument et à cet endroit. Les débris de ces deux stèles sont à Ismaïlia, au petit musée de la Compagnie du Canal maritime.
Celle de Qabret s'élevait sur le petit promontoire qui sépare le grand lac du petit lac à 3 kilomètres au Sud de la station du canal. Elle a été désensablée par Jean Clédat et transportée à Ismaïlia. Celle de Xerxès, à Suez, à l'intersection du canal d’eau douce et de la route des pèlerins, a été laissée sur place, enfouie dans le sable. JEAN CLÉDAT, Votes sur l’isthime de Suez dans le Pulletin de l’Institut Français d’arch. or. 17, 401. 224.
(4) Du Mont Cassios, sur la Méditerranée, à l’Erythrée, Hérodote indique en chiffres
» ronds la distance de mille stades (2, 158). Mille stades font à peu près 180 kilomètres. Le … canal maritime de Port-Saïd à Suez a 161 kilomètres. Strabon donne aussi la distance de — 1000 stades de Péluse au golfe arabique (17, 1, 21). La route ancienne étant moins droite
que le canal, il est manifeste que ces chiffres s’harmonisent entre eux. (?) Parmi les auteurs qui admettent que la Mer Rouge rejoignait le lac Timsah, il faut
— citer surtout : LINANT DE BELLEFONDS, Mémoires sur les principaux travaux d'utilité publi- - que exécutés en Egypte, passim. NAVILLE, 7%e Slore-city of Pithom, passim. -
(3) On fait appel à un soulèvement interne avec affaissement correspondant, dit-on, du littoral méditerranéen. Mais ce soulèvement, au milieu des temps historiques, est à prouver. On ne peut rien tirer, non plus, de ce que disent les anciens géographes sur la posi-
158 IX. La Mer Rouge au temps de l’Exode
creusant le canal maritime à Toussoun, on trouva des morceaux de bois pétrifié et des restes fossiles de grands animaux de l'ère tertiaire. Tout cela reporte loin dans la préhistoire la formation de ce terrain.
Toute autre est la question pour le seuil de Chaloutf. Un grand nombre d'auteurs admettent qu'au Nouvel Empire, la Mer Rouge communiquait avec les Lacs Amers. La thèse est fondée sur des raisons sérieuses.
Voici d'abord les paroles d’un des explorateurs qui ont le mieux étudié cette région, Jean Clédat. Au temps de l'EÉxode, le seuil de Chalouf «ne barrait pas entièrement l’isthme; il s’arrêtait, avant le percement du canal, au bord occidental de la dépression isthmique, laissant un étroit chenal permettant aux eaux de la mer de pénétrer dans les lacs. On voyait encore dans la première moitié du XIX® siècle, avant le percement du canal, les fortes marées couvrant d’eau jusqu'aux lacs les terres basses de l'isthme (!). La surface couverte, d'après la carte manuscrite de 1859, de l'ingénieur Larousse, était de plus de deux kilomètres au passage de la route du pèlerinage. Si l’on admet, en outre, un ensablement progressif de la dépression occasionnée par les laisses de la mer, on voit que ces eaux pouvaient acquérir une certaine hauteur au moment des marées, et peut-être couvrir le sol d'une manière permanente. Cette hauteur était suffisante pour rendre le passage dangereux sinon impossible » (°). |
Ces observations sont d’une importance capitale pour notre sujet. Au XIX°® siècle, un bras de mer atteignant à certains endroits plus de deux
tion de la ville d'Héroonpolis. Ces auteurs disent tous’ qu'Héroonpolis étaïit située dans l’enfoncement du golfe arabique ‘ev T® uvyx® toù ’Aoafiou xoAxov. :
Cette expression ne veut pas dire qu'Héroonpolis était sur lé bord des eaux de la Mer Rouge. Elle pouvait en être assez loin. Les lacs et les marécages étaient un prolongement naturel du golfe jusqu’à la ville et celle-ci était la plus connue et la plus importante de la région. Elle servait de point de repère aux géographes, dont le langage d’ailleurs ne peut être pris en rigueur de précision. Ainsi, Strabon nous dit que près d’Arsinoë se trouve Héroonpolis (Append. III, 4). Elle en était pourtant à plus de 70 milles.
D'autres disent qu'Héroonpolis était le point de départ de la navigation pour la Mer Rouge. Rien de plus vrai puisque le canal du Nil à la Mer Rouge passait à Héroonpolis et que cette ville était le premier port important en arrivant en Egypte (STRABON, 16, 4, 4 et 5).
(1) «Les marées de Suez sont régulières. Leur amplitude varie suivant l’âge de la lune. Au moment de la nouvelle ou de la pleine lune, la différence de hauteur entre les niveaux de la marée basse et de la marée haute atteint environ 4 mètres 50 à l’extrémité du golfe de Suez, c’est-à-dire dans la partie resserrée de la Mer Rouge. Dans les périodes de marées moyennes, l'amplitude est d’environ 3 mètres.
Dans le canal, il en est autrement, pour plusieurs raisons. D'abord le niveau de la Mé diterranée reste à peu près constant, à 50 centimètres près. D'autre part le grand Lac, vaste réservoir, par suite du jeu de flux et de reflux des eaux de la Mer Rouge dans le canal sert de régulateur et se maintient, par le fait même, au niveau moyen des eaux de la Mer Rouge. Par suite de forts vents du Sud ou du Nord les courants de marées peuvent être contrariés et les niveaux subir certains changements. Dans le lac d’Ismaïlia, les plus fortes différences dans les niveaux sont de 60 centimètres ». D’après une lettre de M Louis Gautherot, pilote à la Compagnie du canal.
(?) CLÉDAT, Votes sur l’isthme dans le Bulletin de l’'Inst. fr. 16, p. 222-228.
A, Etat ancien 159
kilomètres de large, rejoignait les Lacs Amers. Par induction, il est facile de voir ce qu'il en était aux temps anciens. Et le fait n’est pas inconciliable avec l'existence certaine du canal de Darius. Au temps du grand roi, les eaux de la Mer Kouge pénétraient dans les lacs, au moins aux marées hautes. Elles n'étaient pas assez constantes ni assez profondes pour la navigation. Il fallut donc creuser le canal. La stèle de Xerxès, placée sur sa base, émergeait des eaux; renversée, elle s’est trouvée dans le marais et c'est pour cela qu'elle est en si mauvais état de conservation.
Si nous remontons plus haut, jusqu'au XIV° ou XV* siècle avant Jésus- Christ, il est tout naturel d'admettre quil y avait alors jonction permanente entre les lacs et la Mer Rouge, autrement dit que le golfe ne s'arrêtait pas à Suez mais au fond des Lacs Amers.
Un indice sérieux en ce sens est fourni par les monuments égyptiens retrouvés dans la région de Chalouf. Ce sont deux stèles au nom de Ramsès Il et un petit temple antérieur à ce roi. Qu'on prenne une carte de l’isthme et qu'on tire une ligne droite d'Ismaïlia à Suez, cette ligne, au Sud des bassins, passe entre le gebel Genèfeh à l'Ouest et le petit pic de Chalouf à l'Est. Elle coïncide avec une ancienne route romaine qui se dirigeait vers Suez. Les monuments égyptiens sont sur cette ligne, le temple et une stèle en face de la pointe Sud du petit bassin, à 8 kilomètres à l'Ouest, l’autre stèle à 8 kilomètres plus au Sud et à 6 kilomètres du canal maritime.
Quelle était la destination de ces stèles? Rien ne l'indique clairement. Sur celle du Sud, Clédat a reconnu un tableau représentant Ramsès Il faisant une offrande à Sopa, seigneur de l'Orient, qui lui dit en retour: Je te donne le pays d'Orient. Dans l'inscription on lit encore les noms des divinités asiatiques ‘ An£a et Pa'al. La stèle du Nord est plus effritée, elle devait avoir une représentation analogue. On y a déchiffré le nom de Sopa, de Soutekh, grand en vaillance, de ‘ Anta, souveraine du ciel. I est probable que nous avons là des stèles frontières qui jalonnaient les limites de l'Egypte en face du pays d'Orient (').
Ces stèles étaient en contre-haut de la dépression isthmique et à une distance telle que les plus hautes marées ne les atteignaient pas. Les Egyptiens, qui s’y entendaient, les mirent au point le plus favorable à leur conservation. Leur position laisse donc supposer que la dépression était alors sous les eaux de la mer.
Le petit temple est à côté de la stèle Nord, sur une élévation appelée A6ou Alasa par les indigènes. C’est à Clédat que revient le mérite de la découverte. C'était un édifice rectangulaire qui servait à la fois de temple et de fortin, une sorte de #z2gd0/ (fig. 45). Il tomba en ruine ou fut démoli
(1) CLÉDAT, Notes sur l’isthme de Suez, p. 207. 208. Les fragments retrouvés de ces stèles ont été transportés à Ismaïlia au petit musée de la Compagnie du Canal. Sopd est le même que celui que nous avons rencontré à Pi-Sopd (Saÿt el-Henneh), il était là sur le chemin du Sinaï sa patrie. C’est une éclatante confirmation de ce que nous avons dit à son sujet.
160 IX. La Mer Rouge au temps de l’Exode *
à dessein déjà dans l'antiquité, et fut reconstruit dans la suite avec les mêmes éléments. On a lu sur plusieurs pierres les noms de Ramsès IT et de Séti I. -
« Des morceaux montrent des figures un peu plus grandes qüe na-. ture, de rois et de divinités: ce sont Horus et Hathor, pour laquelle le. temple semble avoir été élevé. J'ai recueilli, en outre, plusieurs fragments de bas-reliefs représentant des prisonniers asiatiques enchaînés, menés par des fonctionnaires égyptiens; ces morceaux paraissent remonter à la XVIIF dynastie. Les figures ont environ 0 m. 75 de hauteur. J'ai noté des traces évidentes de martelage sur plusieurs blocs. Sur d’autres, la pierre avait été grattée profondément, puis nivelée au plâtre.
Les cartouches et les parties des figures à conser- :
ver, touchés par le grattage, étaient refaits. Ces indices montrent clairement l’usurpation du monument par Ramsès I.
Des sculptures inachevées indiquent également que la décoration du temple n'était pas terminée.
Tous ces blocs, environ deux cents, ont été emportés à [smaïlia avec les stéles (FF S :
« C'était Une "1608 carrée garnie. de Cr neaux, avec une seule porté à- l'extérieur (4e du côté Est. Cette porte était fortifiée à la manière des temples égyptiens. L'intérieur était divisé en trois parties: deux salles de garde et le temple proprement dit. |
De la seconde chambre, un pylône donnait accès au temple qui était lui-même divisé par un portique à piliers carrés en pronaos et en sanctuaire” où trônait l’image de la divinité. Un fragment de stèle au nom de #af/or, dame de la turquoise (ou du pays de la turquoise), laisse supposer que le petit sanctuaire était dédié à cette déesse.
Dans les deux chambres on à trouvé sept grandes urnes enfoncées en terre jusqu'au goulot, pour la réserve d’eau évidemment. On y a lu deux fois le nom de Ramsès IT et une fois celui de Séti E
Fig. 45. Fortin-temple d’Abou Hasa.
CONCLEDAT, /00: CU" D. 20920 PJ Did, D; 210:
0 À. Etat ancien 161
Pourquoi ce fortin-temple dans ce désert? Il n'y a pas trace de ville égyptienne dans toute la région. Avait-il pour but de protéger la frontière ? Mais si la Mer Rouge coupait la plaine, c'était une défense naturelle bien plus efficace. À condition toutefois qu'elle fût assez profonde. Or, le plus vraisemblable est qu'il existait là un passage à gué vers le désert oriental et que ce passage se trouvait sur la route d'Egypte au Sinaï. Les caravanes pour le Sinaï passent aujourdhui tout près du golfe de Suez (‘): au Nouvel Empire, elles passaient à la pointe sud des Lacs Amers. C'était l'endroit le plus resserré, et c'est ce point délicat qu'avait pour but de garder la petite forteresse.
La stele de /Zathor, dame de la turquoise, met nécessairement ce mugadol en relation avec le Sinaï où les Égyptiens allaient chercher la pierre précieuse, où, dans son grand temple au milieu d’un domaine indiscuté, siégeait la déesse guerrière. Au passage dangereux, ne fallait-il pas un poste militaire pour défendre les caravanes ?
Telle est, du moins, l'explication qu'on pext donner du fortin d’A6ou /asa, et nous analyserons plus loin en parlant du #2g40/ biblique d’autres indices- qui appuient cette manière de voir (*). Quel nom portait-il? Il serait capital pour notre sujet de le savoir. Malheureusement aucun texte péremptoire nest sorti des débris épars de ce vieil édifice. Se basant sur le fragment de stèle au nom de Hathor, Clédat incline à l'appeler Pz-Æathor (*). C'est parfaitement plausible.
La stèle votive était toujours au nom du titulaire du temple. Mais il faut remarquer que le monument était à double effet, qu'il était à la fois militaire et religieux, en un mot, que c'était un fortin-temple. Le sanctuaire dédié à la dame de la turquoise était un Pr-Hathor, l'ensemble de la construction était un wzgdo/ (*) et, nous ne voyons aucune difficulté à y reconnaître le wz9d0/ de l'Exode (14, 2).
(1) Depuis l’ouverture du canal elles passent à bac. Avant le canal, elles passaient à pied sec au moment du reflux. À marée haute, les eaux de la mer serpentaient dans le thalwesg.
Un autre bac circule pour l'usage des caravanes à la pointe Nord du lac Timsah.
(2) Description de ce monument par CLÉDAT, Zoc. cit, p. 208-212, 218-219.
(3) Votes sur l’isthme, p. 219. Clédat va plus loin et dans Pi-Hathor, il veut retrouver Phihahirot de la Bible. On le voit dès l’abord, du point de vue philologique, cette identification est impossible. Nous en parlerons plus loin.
Clédat dit que le nom de la forteresse était ‘aa-nakhtou « la très-puissante » et il cite la lettre du scribe Pibesa, papyrus Awastasi ITI. C’est une simple méprise. Nous avons vu plus haut (p. 112) que cette lettre décrit Pi-Ramessé Grand-en-victoires (‘aa-nakhtou).
(4) En fixant un instant son attention sur l’esquisse donnée plus haut, on n’est pas loin d'admettre que les deux parties ne datent pas de la même époque. Pourquoi deux pylônes? Surtout, pourquoi ne sont-ils pas dans l'alignement? Le sanctuaire est peut-être de beaucoup antérieur au fort. Celui-ci aurait été ajouté après coup et serait l’œuvre de Séti I.
162 | X. Route de l'exode