‹ Les hébreux en EgypteChapitre 121 sur 149 · Migdol · texte numérisé non relu

Migdol

catifs, ils devaient être échelonnés sur la route allant d'Egypte en Palestine (*).

Enfin au même endroit est à localiser le #2g9d0/, des Prophètes (Jer. 44, 1; 46, 14; Ezech. 29, 10; 30, 6). Jérémie parle des Juifs demeurant en Egypte. Son énumération va du Nord au Sud: Migdol, la première ville qu’on rencontre en arrivant de Palestine (Pi-Ramessé n'était plus rien); Tahphanehès (Taphnès, Daphnae, 7e/7 Defenneh); Noph (Memphis); pays de Phaturès (Haute Egypte). Ezéchiel menace la malédiction à l'Egypte de Migdol à Syène, comme on disait de Dan à Bersabé. C'étaient les deux points extrêmes (*).

Le Migdol du Sud est attesté, pour le Nouvel Empire, par un document connu depuis longtemps (°), mais qui a été diversement interprété. Comme il est de capitale importance pour notre sujet, nous en donnons. une traduction nouvelle d'après Gardinéer (*). Un officier raconte comment il partit à la poursuite de quelques esclaves qui avaient pris la fuite: /e fus envoré de la Salle du Palais Royal le neuvième jour du troisième mots d'été, vers le soir, à la recherche de ces deux serviteurs. J'atteignis la cléture de T'hékou, le dixième jour du troisième mois d'été. Là, on m'informa qu'on avait dit dans le Midi qu'ils avaient passé le dixième jour (sic) du troisième : mots d'été. Et quand j'atteigms la forteresse (khetem), on m'informa que le valet (?) était arrivé du désert [disant] qu'ils avaient passé le mur nord du migaol de Séti Merenptah.

L'officier affecte la précision, et pourtant son récit n'est pas sans obscurité pour nous. La chture de T'hékou est sans doute le rempart de cette ville. La forteresse, £/e/em, devait se trouver à l'intérieur (°).

Le wz19d0ol porte le nom de Séti I, comme celui du Nord, et c'est pour cette raison que quelques auteurs veulent y voir un seul et même fort, à T'ell el-Hlér (°). Qu'on lise pourtant le texte sans préjugé et l’on avouera,

be Mie ‘are rr

(1) Voici les lectures de Daressy: pour le second, igdol to-sa « fort de la digue » ou « de la presqu'île »; dans le troisième, Daressy croit trouver les éléments du mot composé PBa'al-Zephon, mais la lecture est très incertaine ; le quatrième que Daressy lit #1gdol peh-r0 doit être le wigdol ro-peh « le migdol de Raphia » qui était au terminus de la route (cfr.

: GARDINER, Military road, p. 113). Daressy localisait ces forts dans la partie sud de l’isthme, vers la Mer Rouge.

(?) On trouve un MayôwAds môlw Aiybrrou dans Etienne de Byzance citant Hécatée, et un MayôdæAds oôvoua nôkews dans Théognoste (cités par GARDINER, Military road, p. 108, et par Max MüLLer dans Æncyplopaedia Biblica, s. v. Migdol). Il est probable qu’il s’agit du Migdol de 7e/! el-Her.

Il y avait un wzigdol de Ramsès (III) en Phénicie probablement à Césarée qui s’appela d’abord « Tour de Straton » (MASPERO, Æisf. anc. des peuples de l’Or. clas., II, p. 470, note 4; Max MüLLer, Ægyptological Researches, Vol. I, pl. 68, numéro 82).

(8) Vicouroux, La Bible et les déc. mod., II, 1882, p. 342-343; 1896, p. 371.

(4) Military road, p. 109. C’est le papyrus Anastasi V, 19, 6-20, 2.

(5) Cette forteresse est encore connue par le texte si souvent cité de la tribu édomite. On l’appelait alors le Xhefem de Ménephtah (p. 32).

(6) En particulier Gardiner qui d’ailleurs ne traite pas la question ex professo et dit simplement qu’il n’est pas évident qu’il s'agisse de deux igdol différents (Wi/itary road, p.109).

PT

170 X. Route de l'exode

croyons-nous, qu'il s’agit ici d'un monument bien éloigné de l’autre et situé au Sud de l'isthme. L’officier vient du Palais Royal qui était à Pi-Ramessé (Péluse). Il marche vers le Sud à la poursuite des fugitifs. Il arrive à Thékou (7/7 el-Maskhouta) (‘). Là, il a des nouvelles des esclaves qui continuent à fuir. De quel côté fuient-ils? Assurément dans la même direction, vers le Midi. Est-il logique de penser qu'ils revinrent sur leurs pas et remontèrent vers le migdol qui était dans le voisinage de la Résidence royale? On dit dans le Midi qu'ils ont passé, on les a donc vus dans le Midi. Plus tard, un autre messager annonce qu'ils ont franchi le mur nord du Migadol de Séti Merenptah. Notons le détail que ce messager vient du désert, donc du Sud ou de l'Est. Mais le désert n’est qu'un passage, il suivait un chemin et venait d'ailleurs, peut-être du côté du Sinaï. Il avait passé lui-même au migdol où il avait vu les fuyards.

Nous tenons donc pour certain que ce migdol est le fortin retrouvé par Clédat à la colline d'ÆA4ou /lasa, au Sud des Lacs Amers (voir p. 160). Par une chance inespérée, quelques pierres de ce fortin portaient encore le cartouche du Pharaon Séti Merenptah. Quelle preuve plus éclatante et plus positive pourrait-on désirer ? Le monument existait peut-être avant Séti comme sanctuaire. Mais à coup süûr, ce roi y fit exécuter de grands travaux et ce fut sans doute lui qui transforma la construction en forteresse. Selon l'habitude du temps, on l’appela de son nom.

Il y avait ainsi deux mz2gd0ol de Séti, l'un au Nord, à 7 e// el-Her, protégeant la route de Palestine, l’autre au Sud pour garder la route du désert et du Sinaï. Celui-ci était un simple fortin-temple, isolé et loin de toute ville, l'endroit n'avait donc pas l'importance et la notoriété du Migdol du Nord. Ainsi s’explique-t-il qu'il n'en soit plus fait mention dans la littérature.

Le fortin d'Abou Hasa est aussi le Magdalum de la Peregrinatio Silviae. I ne peut y avoir aucun doute. Ce poste était encore occupé à l'époque romaine. On y fit alors des remaniements dont Clédat a retrouvé les traces. Une monnaie de l’empereur Hadrien, sortie des fouilles, est un témoin du temps (*). |

On est généralement sévère au sujet de la valeur géographique des renseignements d'Ethérie. Et à raison. Elle faisait œuvre de piété, non de science. Elle était en pèlerinage. Klle voulait voir les lieux où avaient passé les Hébreux et qui sont nommés dans l'Exode. Et, pour répondre à ses pressantes interrogations — comme à celles de tous les autres pèlerins — es clercs et les moines qui l'accompagnaient lui montraient tous ces lieux (*). C'était de la localisation à bon marché, comme il s’en est tant

fait en Palestine. Mais il y a une différence à mettre entre les endroits

(:) Il arrive le jour après son départ. Il avait fait le trajet — 70 à 75 kilomètres — en 24 heures. Rien d’exorbitant, course normale d’un bon marcheur.

() CLéDAT, Notes sur l’isthme dans le Pulletin,16, p. 212.

(8) Texte en appendice III, 9.

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