‹ Les hébreux en EgypteChapitre 130 sur 149 · Durée du Séjour · texte numérisé non relu

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la XVIII dynastie ({).

La stèle de Ménephtah,

Reg. 6, 1) nous reporte au XV° ou au début du XIV®* siècle, c'est-à-dire à

trop négligée par quelques auteurs, est un

élément important du problème (?). Je reproduis ici le passage intéressant :

ce soñt les dernières lignes.

Le poète a achevé de décrire la grande victoire des Egyptiens sur les Libyens et leurs confédérés. Il jette alors un

regard sur l'ensemble de l'empire:

- Les princes se prosternent pour dire le « $alôm)», personne ne hausse la léle parmi Les « neuf arcs » (), depuis que la Libye à élé dévastée.

Khéta est en paix, Canaan est prisonnier en tout ce qu'il à de mauvars (°)

Askalon est transportée,

Crézer est soumise ;

Janow'am est comme st

elle n'existait pas (°),

(:) HONTHEIM, Die Chronologie der Richterzeit dans la Zeitschrift für kath. Theologie, 1913, p. 76; cfr. 2b1d., 1912, p. 50.

(?\ Cette stèles fut découverte en 1896 par Petrie dans la plaine de Thèbes, près des colosses dits de Memnon (c’est-à-dire d’Aménophis III). Elle avait été érigée primitivement dans le temple funéraire d’Aménophis III avec un hymne triomphal en l’honneur de ce grand roi. Puis, les sculpteurs et graveurs de Ménephtah s’en emparèrent et utilisèrent le revers pour immortaliser la victoire de leur maître sur les Libyens et leurs alliés.

Ces peuples avaient tenté d’envahir l'Egypte aux environs de Memphis, La stèle est datée de l’an 5 du roi.

Fig. 47. La stèle de Ménephtah (Musée du Caire) D'après BREASTED, ist. d'Eg., fig. 172,

Elle se trouve actuellement au musée du Caire. Mas-

PERO, Guide du visiteur, 1914, n. 595.

(5) Expression ancienne désignant tous les ennemis 2 l'Egypte. (*) Cette phrase est ambiguë, je donne la traduction de MASPERO, Æis{. anc. II, p. 436. (5) /anou‘am est une localité d'identification douteuse. On a proposé /anouk près de Tyr, Janoun au Nord de Jérusalem, et /anouwm au Sud de Jérusalem.

180 X71. L'époque et les Pharaons

Zsraël est détruit, 1l n'a plus de semences,

La Palestine est comme une veuve d'Egypte (*),

Tous les pays sont réunis dans la paix car tout ce qui mène vie nomade a été soumis par le roi du Sud et du Nord, Binra Miamon, le fils de Ra, Ménephtah Hotephirmät, à lur vie comme à Ra, à jamais! Ç

À lire ces lignes sans parti pris, sans idée préconçue, une seule méthode s'impose, et c’est qu'il faut appliquer une mesure commune à tous les noms propres cités et laisser Israël là où le place le poète, parmi les principautés de Palestine et de Syrie. l'oute autre explication serait un accroc manifeste à la saine critique historique et il ne faudrait l'adopter que sur des preuves irréfutables (?). Aussi bien, finalement, l'accord s'est fait, semble-t-il, sur ce point parmi les historiens (°).

(2) Jeu de mots célèbre, or ou Æar « Palestine », Æarié « veuve ».

(?) On connaît l’ancienne explication de NaAVILLE (Rec. de travaux, 1898, XX, p. 37). Il voulait y voir une allusion à l’exode et à la disparition d'Israël dans le désert. Est-il vraisemblable que le panégyriste aït fait allusion à un fait qui ne pouvait qu'être désagréable à Pharaon? Et pourquoi l’intercaler dans une description de la Palestine et de la Syrie? Naville semble avoir changé d’opinion. Il dit, en effet, dans le ÆYorilegium Melchior de Voguë, Paris 1909, p. 461: «Je reviens à la stèle; après Inuamma, il est dit qu’Istaël est anéanti. On suppose donc Israël arrivé dans le midi de la Palestine ».

(*) L'expression elle-même est un indice. « Israël est détruit, il n’a plus de semences ». Ces mots expriment une action dévastatrice sur le peuple et sur le pays, elles veulent dire que dans ce pays il n’y a plus ni grains ni moissons. C’est ce qui ressort des endroits parallèles. On dit du pays des Mashaouashas: «ses villages sont réduits en cendres, ruinés, dévastés, il n’y a plus de semences » (mêmes mots que pour Israël); et encore: « Le pays de Mashaouashas est ruiné en une seule fois, les Libyens et les Sopdou sont détruits, ils n’ont plus de semences ». (Cfr. SPIEGELBERG, Zeitschrift für aegyptische Sprache, 34, p. 23; BREASTED, Ancient Records of Egypt, Hist. Doc. 3, 604. 605. Cinq exemples de la même expression, toujours au sens propre. -

Ménephtah dirigea-t-il une expédition militaire en Palestine et Syrie? La question est assez discutée parmi les égyptologues. La majorité est plutôt pour l’affirmative (Maspero, Breasted). Les paroles de l’hymne forment un appui assez faible car elles sont trop générales et trop imprécises. Mais il existe en faveur de la campagne des indices plus fermes.

Dans les larges fouilles exécutées à Gézer, Macalister a trouvé un pectoral en ivoire portant les cartouches de Ménephtah. Ce petit objet montre d’un côté le roi en adoration devant le dieu Thot, avec le nom propre au-dessus. et de l’autre, des lignes rayonnantes (MA-. CALISTER, 7he Excavation of Gezer, 1912, I, p. 15; II, p. 331). La gravure est grossière et semble être l’œuvre d’un ouvrier du pays.

De plus, une inscription du temple d’'Amada en Nubie donne à Ménephtah le titre ex- . traordinairement suggestif de Dompteur dé Gézer (Rec. de trav., XNITII, p. 159). Or, pour qu'on ait ainsi modifié le protocole des pharaons qui porte le titre général de dompleur des nations, pour qu’on l'ait spécialisé à Gézer, il faut une raison qui ne peut être qu'une action militaire dans cette ville. Ménephtah dirigeait-il lui même l’opération? C’est peu probable, vu son grand âge, maïs peu importe. C'était son armée. L'affaire ne fut peut-être pas considérable. Un soulèvement se sera produit en Canaan contre l’autorité de Pharaon, il se sera développé surtout à Gézer. Les troupes égyptiennes en garnison dans le pays auront pris les armes et soumis les rebelles. C’est alors qu’elles seront entrées en contact avec une.tribu connue sous le nom d'Israël et qu'elles auront parcouru son territoire en le ravageant. Gézer aura. été le point central de l’affaire, d’où le titre de dompteur de Gézer.

A la lumière de cette explication qui semble sérieusement fondée, le passage palesti-

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