II. Pi-kerehet
(A2, A3), et aussi celui des temples (C), une supposition se présente avec
persistance à l'esprit, et c'est que Pi-kerehet n'est pas autre chose que le
temple même de Toum à Thékou. Il] est peu vraisemblable, en effet, qu'au temps des Ptolémées, ce pauvre pays se soit payé le luxe de deux grands temples.
Une chose est sûre, c'est que le nome du « Zarpon oriental » (ainsi appelé pour le distinguer du nome limitrophe, le « Larpon occidental », Metelis), était le fief du dieu Toum, «son trône, sa demeure », comme disent les textes. À Toum, sous Ramsès II, était dédié le temple de Tell Artabi, aussi bien que celui de Tell el-Maskhouta. Qui donc, à la période de la décadence, aurait eu l’idée — et le pouvoir — de construire dans ces déserts un grand sanctuaire à un dieu étranger ?
Remarquons d'ailleurs que tous les documents cités plus haut semblent plutôt indiquer que Pi-kerehet était à Thékou et qu'ils ne demandent nullement de le placer ailleurs.
Toutefois ces documents ne sont pas assez clairs pour établir la certitude, et l'opinion de Naville, plaçant Pi-kerehet à Thaubastum, au pied du Gebel Mariam, n'est pas dénuée de probabilité.
Nous l'avons dit, Pi-kerehet est à dissocier de Serapiu (Seraptum?), toute liberté reste donc pour localiser ce dernier là où nous conduisent les documents.
Quant à Phihahirot de la Bible, nous l'avons établi aussi, il ne peut être trouvé dans Pi-kerehet. Suivant la morphologie égyptienne, Pi-kerehet devait se prononcer ?7-£arhe ou Pr-Rorhe, avec chute du / final, ou peutêtre même /#-£azhe (cfr. £eresetl, « sépulture », copte Kaice).