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Caractère de l'occupation « hyksos

Cette simple remarque est le témoignage irréfutable de leur largeur d'esprit

et du respect qu'il gardèrent aux religions nilotiques. Une autre preuve est dans leur culte de Set (‘). En effet, Set est un des dieux primitifs de l'Egypte. Il ne fut nullement apporté par les Orientaux, comme on l’a dit

parfois. Ceux-ci honorèrent Set parce que c'était le dieu de la Basse Egypte

et en particulier de la région d’Avaris, leur capitale (?). Ils apportèrent. sans doute, quelques-uns de leurs dieux, Baal, Astarté, Antha, mais ils se : gardèrent d'en imposer le culte.

Amis de Ra et de Set, les Hyksos n'apparaissent pas, non plus, comme ennemis du peuple qui les accueillait. Ils cherchèrent au contraire, à s'égrpliantiser et à faire oublier, s'il était possible, leur origine orientale. Ils ont des cachets en hiéroglyphes, ils prennent des noms formés à l'égyptienne, comme Anat-her, Jacob-her, Herit-Antha, ils se font gloire d'un titre, Z2g-Losif, que leur donnent les indigènes. Ils comprennent donc la langue du pays. Leurs scarabées sont de tout point semblables à ceux des princes autochtones. Quelques-uns révèlent un art fin et délicat, d’autres sont frustes et grossiers, indice d'une époque de décadence, mais non de barbarie (*)}. Adoptant les usages, les institutions, la civilisation, auraient-ils organisé la chasse aux habitants? Auraient-ils enchaîné les princes et les rois?

(4) Le papyrus Sa/lier Z parle d’un grand temple dédié à Setekh (variante de Set) dans la ville d’Avaris au temps des Hyksos (voir plus loin). Les Apophis ont aussi le nom de Set dans leur protocole, et les Apophis étaient des Hyksos.

L'identité de Setekh (ou Soutekh, Soutesh) et de Set est admise par tous les égyptologues. La différence entre les deux mots n’était qu’une question de dialecte, B. GUNN et A. GARDINER, 7hke expulsion of the Hyksos dans /ourn. of eg. arch. V. p. 44. DARESSY, Seth et son amimal dans le Bull. de L’Inst. fr. d’arch. or. XIII, 1917, p. 87. PLEVTE, Quelques monuments relatifs au dieu Set, Leyde 1863. MEYER, ist. de l’Ant. II, 350. La graphie Setekh se trouve déjà à la XII° dynastie, avant l’arrivée des Hyksos. Le mot est purement

égyptien. Une étude complète sur les variantes du nom de Set par GÜNTHER ROEDER dans

la Zeitschrift für àägyptische Sprache, 30, 1912, p, 84-86. Elles se rangent ainsi: s4$ 54h, suth,

suti, sh, st, d’où le gree Znÿ et notre mot Seth, Set.

) Voir p. 42 Horus et Set (Haute Egypte et Basse Egypte) sur les sièges des grands pharaons. L'auteur de la légende que contient le papyrus Sa/Zier Z dit d’Apophis à Avaris: Alors le roi Apophis prit Setekh pour son seigneur, et il ne servit pas d'autre dieu dans tout de pays si ce n'est Setekh. Et il lui construisit un beau temple près de son palais et il allait chaque jour lui offrir des sacrifices (Journal of eg. arch. V. p. 40). C’est là une simple querelle de clocher et l’indice d’une secrète jalousie des prêtres de Thèbes. Apophis d’Avaris, Egyptien ou Asiatique, n’était pas à même de bâtir des temples à tous les dieux d'Egypte. Au reste, l’accusation d’exclusivisme porte à faux. Nous avons vu que les Hyksos étaient aussi bons adorateurs de Ra que les Thébains.

Plus tard, quand Ramsès II édifia et embellit sa résidence de Basse Egypte, ?r-Ramessé, sur l'emplacement même d’Avaris ou tout près, il se garda bien de négliger le dieu de l'endroit, Setekh: So côté Ouest est la mnaison d’Amon, son côté Sud, la maison de Setekh. Astarté est à l'Orient et Bouto au Nord. (Pap. Anastasi VI, 6, traduit par. A. Gardiner, 7e Della residence of the Ramessides dans le /ourn. of eg. arch. V, 187). Un temple à l’étrangère Astarté, que diraient les prêtres d’'Amon?

G) On avait longtemps attribué aux Hyksos quelques monuments d’un art assez étrange qui proviennent presque tous de Tanis: 1. Quatre sphynx découverts par Mariette, actuellement au musée du Caire; un d’eux porte en surcharge à l’épaule droite le nom martelé

56 IV. Les conditions politiques en Egypte du Moyen au Nouvel Empire :

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