Guerre de l'indépendance
l'histoire par plusieurs textes égyptiens (‘), en particulier par l'inscription d Ahmosis, fils d'Abana, à EI-Käb. Ce général ou amiral nous dit qu'il accomplit sa carrière militaire sous quatre rois, Seqnenra, Nibpahtira (Ahmosis), Djiéser-ka-ra (Aménophis I), et Kheper-ka-ra (Thoutmès Pl.
Ce texte rigoureusement authentique fait de Seqnenra le prédécesseur d Ahmosis, le vainqueur des Hyksos, et l’on admet généralement que cest son père. Commença:t-il lui-même la guerre que son fils devait si brillamment terminer? Peut-être que les hostilités étaient déjà ouvertes avant lui. Sa qualité de prince de Thèbes accuse un recul des Septentrionaux et il ne craint pas de s'intituler « roi du Sud et du Nord ».
Son successeur immédiat serait Nibpahtira Ahmosis d'après le curriculum vitae d'El-Kâb. Cependant presque tous les égyptologues sont d'accord à intercaler entre deux un roi Kamès connu par plusieurs monuments, en particulier par une inscription de Toshkeh en Basse Nubie ainsi libel- 16e. (T:
Le roi du Sua et du Nord Ouaz-khopir-vra, fils de Ra, Kamès. Le roi du Sud et du Nord Nib-pahti-ra, fils de Ra, Ahmès.
Ce texte et d'autres analogues ont amené certains savants à admettre que Kamès était le frère ainé d'Ahmès et qu'il porta la couronne avant lui, mais peu longtemps: ce qui expliquerait son omission au tombeau d'El-Käb (*).
Ce système met en harmonie les monuments et la composition littéraire conservée sur la /abletle Carnarvon 1. Celle-ci est la description poétique d'une guerre conduite, l’an IIT de son règne, par «le roi du Sud et du Nord », Kamèës, contre les Asiatiques (‘Aamou) (*). L'action se passe en Moyenne Egypte autour de Cusae (Æ7-OQousteh). Les ennemis sont bien
(t) Toutes les références et tous les textes dans WEILL, Za fin du Moyen Empire, 161- 163. 232. 233. Tombeau du roi à Draâ Aboulnegga près de Thèbes. Les textes semblent même révéler trois Seqnenra dont les noms personnels seraient Tiouâ, Tiouâ-â et Tiouâ-qen. Mais il est plus probable que ces trois formes ne sont que des variantes du même nom et qu’il n’existe qu’un seul roi Seqnenra Tiouâ, père d’'Ahmosis, le vainqueur d’Avaris. WEILL, Za fin du Moyen Empire, 164. 165. 233. On remarquera que les noms solaires de Seqnenra Tiouâ et d’Aaqnenra Apophis sont composés sur le même type et ne diffèrent que par l'élément du début. C’est une nouvelle preuve qu'ils sont contemporains. C’est aussi un indice de la largeur d’esprit d’Apophis « aimé de Set », puisque à son couronnement il rehaussait son cartouche du nom de Ra.
) WEIGALL, Ant. of Lower Nubia, 1907, pl. LXV; GAUHTIER, Livre des Roïs, II, 1910, p. 167. WEILL, La fin du Moyen Empire, 152; autres textes, p. 151-157.
(3) MASPERO, ist. Anc. II, p. 79. WEILL qui est si avare pour Seqnenra se montre ici prodigue et hésite à admettre que le Kamès des monuments soit le même que celui de la planchette Carnarvon (La fin du Moyen Empire, 155). En général, on tient pour un seul Kamès, GARDINER, /ourn. of eg. arch. V, 1918, p. 47.
(4) Traduction nouvelle et complète par B. GuNN and A. GARDINER, 7%e expulsion of the Hyksos dans le /ourn. of eg. arch. V, 1918, p. 45-46. Tout à fait à la fin, il est fait allusion aux chevaux des Asiatiques C’est apparemment la plus ancienne mention de cet animal dans les documents égyptiens et la preuve qu’il fut amené d'Orient par les Hyksos.
62 IV. Les conditions politiques en Egypte du Moyen au Nouvel Empire
les Orientaux d'Avaris. Un prince est dans Avaris, dit le début, #7 autre dans Koush: je me trouve joint à un Asiatique et à un Nègre, chacun tient sa poignée de l'Egrpte. Leur général est un certain Téti, fils de Pépr un Hyksos évidemment, à nom égyptien. Le roi ennemi n'est pas nommé directement, mais il ny a presque pas de doute que c'était le père du général, Pépi. Ce dernier nom est une abréviation d'Apopi, c'était done Apophis d'Avaris (‘). La victoire est aux Méridionaux:
A l'aurore, je suis sur lui, comme un faucon; au temps de parfumer la bouche, je le renverse, Je dêtruis son rempart, je MASSACTe SES LENS, je fais descendre sa femme sur la rive.
Wes soldats sont comme des lions avec leur butin. avec des esclaves, des troupeaux, de la graisse, du miel, us partagent leurs biens, leur cœur est j0j'eux. |
Le æistrict de Nefroust est tombé (?).
Sous ces belles phrases du scribe poète ne se cache:t-il pas un fond de vérité, un lambeau d'histoire? Ces combats en Moyenne Egypte ser. vent heureusement d’anneau entre la querelle de Seqnenra Tiouà avec Apophis et le siège du dernier boulevard des Hyksos à la pointe extrême du Delta oriental. Aucune allusion dans les textes aux batailles qui se livrèrent sûrement en Basse Egypte, à Léontopolis (Tell-el-Jahoudieh) où Petrie a reconnu un camp retranché hyksos (*), à Tanis, une de leurs grandes villes.
(1) Percy E. NEWBERRY, ÂVofes on the Carnarvon tablet N. 1 dans les Proceedings of the Soc. of Bibl. arch. XXXV, 1913, p 117-122. L'auteur établit que Pepi des scarabées hyksos (Scarabs, pl. XXI) est. Apopi (pl. XXIII, 29), donc aussi Pepi de la tablette Carnarvon.
() Nefrousi, localité au Nord de Schmoun |Hermopolis).
(3) PETRIE, Æyksos and Israelite cities, 1906. Petrie dit avoir reconnu à Héliopolis un autre camp retranché hyksos de tout point semblable à celui de Tell el-Iahoudieh, remparts en sable et terre battue, forme carrée avec coins arrondis (Æeliopolis, Kafr Ammar and Shurafa, 1915, pl. I). Chose étrange, ce camp aurait enveloppé le temple.
Le 8 Avril 1920, je faisais une rapide excursion à Tell el-Iahoudîeh, au Nord d’'Héliopolis. Les ruines se divisent en gros en trois parties: la forteresse « hyksos >» à l'Ouest, la ville et le temple d’Onias au coin Nord-Est de la forteresse, le cimetière à un demi-mille à l'Est:.dela ville,
À Ja forteresse, l’épais rempart en terre battue est par endroits bien conservé, en particulier à l’Est où se voit encore l’entrée en pente douce. Au Nord et au Sud, une moitié est complètement rasée. À l'Ouest, il se reconnaît à peine. Le camp est à peu près carré avec 460 mètres de côté (mesure extérieure). Le remblai d'enceinte avait environ 15 m. à la base et au sommet qui était en plate-forme, il atteignait 6 m. de hauteur. Tout était d’abord en sable et en terre battue, plus tard on employa la brique et les pierres. A l’intérieur, c’est actuellement un champs de caïlloix, de poteries et de décombres que les habitants du village voisin continuent à passer au crible pour en extraire le sebakhk si précieux pour engraisser leurs champs.