PRIE
une scène semblable devant Set. Du même pharaon, la partie inférieure d'une grande stèle en granit rouge (pl. XXVIIL. XXXII) et un groupe représentant le roi à côté du dieu Atoum (pl XXXI) (°).
| (t) Petrie pense que c’est cette dyade que vit Ethérie, la prenant pour Moïse et Aaron.
(Peregrinatio Silviae, texte en appendice III, 9). Nous établissons plus loin que la dyade vue par Ethérié se trouvait et se trouve encore à 72/7 Pasta, l’ancienne Bubastis.
108 V7. La terre de Gessen
Les inscriptions sont très fragmentaires. En dehors du cartouche du roi Khéty (IX° dynastie) sur un poids, elles sont toutes du temps de Ramsès II ou de Ramsès IIL. Je cite celles qui offrent quelque intérêt pour notre sujet: 1
1. Sur le pylone du temple, à côté de la figure d'Atoum: ÆA/owm, sergneur de T'hékou ().
2. Sur la stèle de Ramsès Il, citée plus haut: Ze grand en pouvorrs,
puissant en terreurs dans les pays sur les Barbares au loin, le roi Ramsès
Mériamon, doué de vie. Sa terreur est grande au pays des Shasou, à s'est emparé de leurs forteresses, il a massacré leurs chefs, rl a construit des villes Dour Son nom à Jamais.
3. Sur un fragment de montant qui avait appartenu à la porte d'une tombe: Ze chef archer, intendant des greniers (mir Sennt), intendant du pa lais, Ousir- Waat-Ra-nakht-en- T'hekou, et sur une colonne parallèle: Ze chef archer, intendant des greniers de To-Noutir, Ousir-Maat-Ra-nakht-en- T'hekou. Cette pièce est une des plus suggestives de la fouille. Elle provient du tombeau d'un officier qui commandait la garnison d’archers établie en cette localité. C'était, en effet, un poste garde-frontière. Il vivait au temps de Ramsès IT, car il faut évidemment reconnaître son nom dans les derniers signes identiques des deux colonnes, et ce nom est un composé signifñant Ramsès puissant à Thékou. I] est intendant des greniers de 70-Noukir (Arabie, Orient), c'était donc là un entrepôt des marchandises, gommes, résines, bois de construction et de menuiserie, venant d'Orient (Pire pl XX;
4. Petit fragment provenant très probablement du temple: | Au», seigneur de T'hékou (pl XXXI).
On le voit, le seul nom qui ressort clairement de ces textes est celui
de Thékou, et, à s'en tenir à ces documents, il serait logique de l’attribuer y
à la très ancienne ville que marque la ruine de Tell Artabi. Il est pour: tant admis généralement que Thékou désignait le site voisin de lell
el-Maskhouta ou encore toute cette région du Ouadi Toumilat Nous re-.
viendrons plus loin sur cette question. «
L'agglomération de Tell Artabi fut-elle jamais appelée Ramsès, même |
temporairement, à cause des quelques travaux que les pharaons de ce nom y firent exécuter (restauration du vieux temple d'Atoum par Ram-
sès Il, remparts de Ramsès IIT)? C'est possible, mais il n'est pas un seul texte qui le dise explicitement ou même l'insinue. Le fragment de stèle
mentionné plus haut chante Ramsès IT conséruisant des villes pour son nom à jamais. Ce n'est pas à dire que toutes les villes où son nom était gravé
avaient adopté, même en second, l'appellation de Pi-Ramessé.
Dans une série d'articles richement documentés, Alan Gardiner a fait
une enquête approfondie et qui semble exhaustive au sujet de tous les
(1) Le texte à #4, il est manifeste qu’il faut lire {uw le Æ aura été omis par le graveur. :
Re et nt tbe et ar né mur aie Eee 7
Ô. Terriloire de Ramsès 109
toponymes où entre d'une manière ou de l'autre le nom de Ramsès (‘). Ce nom, auréolé de gloire par le grand roi bâtisseur, fut attaché à des monuments, à des temples de Thèbes, de Memphis et d’ailleurs (Za/-Xamessé où bien pz-Ramessé; le préfixe Per « maison » était déjà prononcé Pr), à des propriétés sacrées relevant des temples (#7- Ramessé), à des postes militaires, à des villes (‘vf-Lamessé une seule fois, généralement pz-Aamessé, deux fois Xamessé pa-dimi, comme nous dirions « Ramsès-ville »). Les villes sont moins nombreuses qu’on ne suppose: une, la plus célèbre, vers l’embouchure de la branche pélusiaque, dont nous avons à parler; une autre à l'Ouest du Delta, au village appelé encore Xawmsts par les indigènes, près des ruines de Naucratis (*) ; une station près de Kantara, sur la route d'Asie, la même, semble-t1l, qui précédemment était {a demeure du lion (*); V'agglomération d'Abou-Simbel en Basse-Nubie (*), et peut-être celle de Derr (°), encore plus au Sud. Ajoutons une localité au nom de Ramsès IIT sur la lisière du désert libyen (°) et une autre, non identifiée, en Zahi (Phénicie) (”).
À une trentaine de kilomètres à l’Est de Port-Saïd, sur le bord de la mer, sont les buttes de 7 e// Farama. Du sable, des cailloux roulés, des poteries en miettes, des murs éboulés, à peine y reconnaïît-on une ruine. Une désolation irrémédiable règne sur ce qui fut autrefois la célèbre Pé-
luse, et, plus anciennement, la non moins fameuse résidence des Ramessides.
Depuis que le bras du Nil qui envoyait ses eaux fertilisantes dans ces pa-
rages, a été coupé, le désert a repris son bien et dévoré les richesses ap-
portées et accumulées par des milliers de générations. Peu de cités antiques ont été rasées à ce point. De tant de monuments, de palais et de temples, il ne reste que quelques pierres informes. Un poids au nom de Nectanébo, un fragment de sarcophage de la même époque, un débris d'un temple des Ramessides, c'est tout ce qui subsiste des splendides constructions des Pharaons (°).
(1) The Della residence ‘of the Ramessides das le /ournal of egyptian archaeology, 5 (1918) 127-138. 179-200. 242-271, Cette étude est un modèle de recherche topographique. Avec une admirable maîtrise, l’auteur a dépouillé tous les textes et relu tous les papyrus
hiératiques de la XIX® et de la XX°® dynastie, époque des Ramessides, sans négliger les documents postérieurs. Toutes les traductions antérieures sont soigneusement révisées et très
- souvent améliorées. Gardiner dresse d’abord le catalogue de toutes les localités ayant porté
le nom de Ramsès. Il s’attache ensuite aux nombreux textes qui décrivent la plus importante et la plus célèbre, la résidence royale de Pi-Ramessé dans le Delta oriental. Trenteneuf références sont citées et discutées. Je ne donne ici qu’un très court résumé de cette admirable étude.
(2) GARDINER, oc. laud., À. B. C. D, p. 129-131.
Chu) p.132.
RAT RASED: 133.