Ramsès biblique
Après cette digression nécessaire sur Pi-Ramessé pharaonique, revenons à la Ramsès biblique. Les deux villes sont-elles identiques? Pour avancer plus sûrement et sans brouiller les questions, je considère d’abord le éerritoire de Ramsès où se fixèrent les Hébreux à leur arrivée en Egypte (Gen. 47, 11). Nous envisagerons ensuite la ville de même nom qu'ils construisirent en même temps que Pithom (Ex. 1, 11) (*).
Or, au point où nous sommes arrivés de la discussion, il faut admettre sans hésitation, je crois, que la Ra. sès biblique près de laquelle s'établit la famille de Jacob, nest autre que Fi-Ramessé des textes égyptiens, à l'embouchure du Nil pélusiaque (?). En effet, les documents historiques ne connaissent pas d'autre cité de ce nom dans le Delta oriental; et si notre information actuelle est incomplète, si, en réalité, quelque autre agglomération s’honora du grand pharaon, il est manifeste que la chose n'eut aucun retentissement et ne laissa pas de souvenir dans la mémoire des écrivains. Par ailleurs, l’auteur sacré, racontant l'histoire d'Israël plusieurs siècles après la descente en Egypte. veut assurément donner à ses lecteurs une indication géographique de quelque relief et de quelque notoriété. D'autant qu'il s’agit d'une campagne dans le territoire d'une ville, où les distances doivent donc être prises avec une certaine latitude.
Supposons que la propriété concédée fût dans le Ouadi loumilat ou dans les plaines de Bubaste, le narrateur, qui connaît fort bien l'Egypte et qui veut être compris du grand nombre, l'aurait située en fonction de noms connus et célèbres, il aurait indiqué Pithom, Thékou, Bubaste, Pi-Sopd, villes anciennes et glorieuses, prospères en son temps comme au temps de Jacob. Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi il aurait plutôt choisi une appellation — purement hypothétique pour nous — qui n'existait pas
On a remarqué depuis longtemps qu'il y a analogie ou même identité de sens entre Sin et Péluse, IInhovorov. D’après STRABON (XVII, 1, 21, voir texte en appendice ITF, 4), ce dernier mot vient de xnAôç «boue», car, paraît-il, c'était le pays des marais et de la boue. Or, l’égyptien 517 a le même sens « boue, fange », et c’est aussi le sens de l’araméen seyar « boue ». En outre, il y a encore à l’endroit une colline que les indigènes appellent dorg e- Tineh «la tour de la boue». La persistance de ces mots de même sens tient évidemment à la nature fangeuse du sol de cette région. Quant à l’araméen seyän, ce n’est probablement autre chose que l’égyptien si, tandis que Pelrsium en serait la traduction.
(1) 11 est manifeste que la Ramsès qui est le point de départ des Hébreux au moment de l’Exode (12, 37) s’identifie avec celle où ils habitaient.
@) Voici un témoignage concorGant de Saint Jérôme: Xamesses… quae in extremis Aegvptli finibus erat. (Lettre à Fabiola, édit. des Bénéd. II, p. 58&). Ce détail convient à merveille au site de Péluse.
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