‹ Les héliozoaires d'eau douceChapitre 16 sur 32 · Noyau, avec écorce rétractée par l'eftet · texte numérisé non relu

Noyau, avec écorce rétractée par l'eftet

de la glycérine. . nière, je suis obligé à certaines réserves.

VActinophrt/s sol var. fiisca s'est rencontrée, d'abord au marais de Bernex. où on la trouvait en assez grande abondance, puis à Eouelbeau. à Troinex, à la Pointe à la Bise sur les rivages du lac, et enfin dans la i)rofondeur même du lac. Dans une région particulière, a 20 m. de profondeur, je l'ai trouvée sous une forme spéciale : les individus, parfois réunis en colonies, montraient un ectoplasme entièrement vacuolisé mais à petites vacuoles, disposées sur jilusieurs rangs, et faisant brusquement place à un endoplasme bien nettement délimité ; les jjseudopodes recouverts de granulations très fines et très pâles, étaient d'une longueur extraordinaire.

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trois et quatre fois le diamètre de l'aninial, et un certain nombre d'entre eux, mous et flexueux, s'anastomosaient les uns dans les autres pour former une sorte de tilet analogue à celui que nous décrirons bientôt dans ï Actinosphœnum arachnoideum. Probablement y avait-il là, en réalité, autre chose que la var. f/isca, et autre chose en même temps que ï Actinophrys sol proprement dite; mais les quelques individus qu'il m'a été possible d'examiner ne m'ont pas permis de résoudre la question.

Actinophrys vesiciilata Penard 1901 (80).

Biagnose. Ectoplasme renfermant, outre les A^ésicules contractiles normales, des vacuoles qui font largement saillie au dehors et s'allongent le long des pseudopodes. Noyau central, sphérique, renfermant plusieurs nucléoles.

Taille moyenne 25-30 y..

Dans l'été de 1900, j'avais récolté dans le Jura, à la tourbière de la Pile au-dessus de S*-Cergues, et en assez grande abondance, une Actinophrys qui présentait des caractères tout spéciaux, sutiisannnent précis pour permettre de décrire cet organisme connue espèce autonome. Depuis ce temps il ne m'a pas été possible de retrouver cette espèce, même à la Pile ofi je suis retourné la chercher dans l'été de 1903, et je ne puis alors mieux faire que de reproduire ici les lignes (piil y a trois ans je consacrais à cet héliozoaire.

« La taille est relativement faible, de 30 u pour les grands individus, mais d'ailleurs « très variable, comme dans toutes les Actinophrys.

« Le corps est en somme sphérique, mais souvent très déformé par les vésicules con- « tractiles et les bases des pseudopodes, et quelque peu déformable dans son ensemble pen- « dant la marche.

" On y constate la présence d'un ectosarc qui renferme des vacuoles, mais n'est pas « réellement alvéolisé ou vacuolisé comme celui àeV Actinophrys sol. Cet ectosarc renfenne « toujours un nombre assez considérable de grains brillants, sphériques, incolores, (pii re-

« présentent sans doute des grains d'excrétion, puis des granulations plus ténues, des pous- « sières et des proies.

« A l'intérieur de ce plasma externe se montre un endosarc plus clair, (jui se détache « de l'ectosarc par une ligne de démarcation très franche. Il doit même y avoir là une meni- « brane véritable, car sous l'influence d'un courant de carmin glycérine, on voitl'ectoplas- « me se dissoudre en poussières qui sont emportées, tandis que tout l'endosarc reste sur « place, sous la forme d'une vésicule sphérique à bordure très nette, sur laquelle sont ve- « nus s'amasser les grains d'excrétion abandonnés par l'ectosarc.

« Au centre de l'endoplasme se trouve le noyau, grand et sphérique. à membrane forte.

« J'en ai tou- « jours trouvé « l'intérieur en « partie rempli « par des nu- « cléoles arron- « dis, qui na- « gent dans le « suc nucléaire « et sont logés « de préférence « sous la mem- « brane (fig. 3).

« Les pseu- « dopodes sont « identiques à « ceux de VAc- « tinophrys sol.

« Mais ce qu'il y a de plus curieux dans cette espèce, ce sont les vésicules contractiles. « On sait que dans VÂdinophrys sol ces vésicules peuvent arriver à une taille considérable et faire largement saillie au dehors. Mais chez ï Âctiiiophrys veslculata elles atteignent une grandeur et une apparence bien plus extraordinaires encore.

Actinophrys vesiculata 3. Noyau.

1. Aspect habituel. — 2. Projection d'une vésicule adventive.

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« Cliaque individu en rt'nfeinie. ou plutôt en porte toujours un nombre assez considé- « rable, dont Tune, ou bien deux ou trois, semblent alors représenter des vésicules contrac- « tiles vraies, tandis que d'autres, se formant pour ainsi dire au hasard et sans place dé- « terminée, ne sont en apparence que de simples vacuoles, lesquelles peuvent à l'occasion « fonctionner comme vésicules contractiles.

« Ce sont les premières, les vésicules contractiles vraies, qui atteignent le plus fort « volume, égalant parfois et même dépassant la moitié du diamètre du corps entier. Elles « présentent en outre ce caractère spécial qu'elles revêtent une forme très allongée, à peu « près celle d'un tube arrondi à son extrémité et légèrement étranglé à sa base.

« Malgré la taille considérable de ces vésicules, qui leur permet de se prêter mieux « que chez n'importe quel autre organisme aux études sur le fonctionnement de la vésicule « contractile, et en dépit d'observations répétées et bien nettes, je n'ai jamais pu voir qu'il « se produisît lors de la systole une évacuation quelconque au dehors.

« Quant aux vésicules que j'appellerai adventives (fig. 2), et qui naissent tantôt ici, « tantôt là sur l'ectosarc, elles prennent généralement une forme relativement plus allon- « gée encore. Souvent on les voit se former de la manière suivante : une vacuole prend nais- « sance à la base de deux pseudopodes, s'y colle par ses côtés, et grimpe, en s'aplatissant, « le long de ces pseudopodes; ces derniers se rétractent, s'amincissent et s'affaissent sur « eux-mêmes, et leur plasma se fond dans celui de la vacuole, ne faisant plus qu'un avec « lui ; enfin la vacuole prend une forme de boyau, et finit par battre ou se fermer en systole. « à la manière d'une vésicule contractile ordinaire.

« Parfois également la vacuole monte le long d'un seul filament pseudopodique, et y ■< prend alors la forme encore plus singulière d'une larme, i-eliée à l'ectosarc par une tige « tubulaire plus ou moins étroite.

« Ce sont surtout ces vésicules si curieuses qui m'ont engagé à présenter cette Actino- « phrys comme une espèce distincte. On ne voit en effet jamais pareil effet se produire dans « VActinophrys sol, laquelle d'ailleurs diffère de V Actinophrys vesiailata par des carac- « tères de taille, de vacuolisation, et d'autres encore. »

Comme il a été dit plus haut, j'ai dans ces deux dernières années cherché sans succès <à revoir cette espèce. Ce que j'aurais voulu contrôler surtout, c'étaient mes observations sur la structure du noyau, bien différent d'après cette description de celui de VActi-

)iophrys sol. Sans avoir de raisuii ixjur douter de mes ])remières observations, et cela d'autant moins que je possède encore mes croquis assez explicites à cet égard, il est certain qu'à cette époque je n'avais pas fait d'expériences de compression qui eussent pu me montrer d'une manière parfaitement claire les détails du noyau, et il reste encore dans mon esprit un doute sur la valeur exacte de ces observations.

Genre Actinospliferium Stein.

Ectoplasme à grandes vacuoles régulièrement disposées ; endoplasme à petites vacuoles. Novaux nombreux.

Actinosphcerium Eichhorni Ehrenberg spec.

Synonymes: ? Iricîwda sol part. Mûller 177.S (71). Der Stem Eichhorn 1783 '. ? Peritricha sol BoRY de S*. -Vincent 1824 -. Adinophr y s Eichhorni Ehrenberg 1840 ■'. Actinosphcerium Eichhorni Stein 18.t7^

D/ffiry«ost'.- Ectoplasme à grandes vacuoles régulièrement disposées les unes contre les autres, et formant une ceinture alvéolisée nettement séparée de l'endoplasme. Endoplasme vacuolisè, à petites vacuoles. Noyaux très nombreux, répartis en une couche spé-

' Zugiibe su iiieinen Beitratjen... Danzjo- I78:î. •^ Encycl. niétlinil. v. 2. p. (il4. 1824. '■ Sitzungsber. Ak. Berlin, p. 198. 1840. ' S. B. BiJhmisch. Ges. v. lU. 18.17, p. 41-43.

A( TIXOSl'H.ERIUM EICHIIOrvNI l'il

ciale sous rectoiilasine. Pseudopodes très forts, de lououeur le plus souveut inférieure au diamètre du corps.

Taille moyenne 200 à 300 u..

h' Adinosphœrium Eiclihorni représente le plus grand des liéliozoaires, en même temps ({ue l'un des plus communs et des plus intéressants; aussi ne faut-il pas s'étonner si cette espèce a donné lieu aux travaux de toute une pléiade d'observateurs, et si la littérature concernant VAdmosphecri/on fournit à elle seule un nombre de pages plus considérable, peut-être, que tout ce qui a été écrit sur le reste des liéliozoaires. Cependant tout n'est pas dit sur cet organisme: bien des points sont encore obscurs, et longtemps V Adinosphœrium restera un sujet d"étude susceptible d'amener à des résultats nouveaux.

La taille est extrêmement variable, non seulement par le fait de l'âge et de la croissance, mais encore et peut-être surtout grâce à la faculté que l'animal possède au plus haut degré de se diviser en deux ou plusieurs fragments, dont chacun sera nécessairement inférieur en taille au parent; V Adinosphœrium, bien que revêtant une forme globuleuse très nette et possédant tous les caractères d'homogénéité d'un individu, a ])eut-être en eftét la valeur d'une colonie, ou en tout cas peut le plus facilement du monde se conduire comme tel, et se diviser en individus nouveaux, par simple coupure et sans qu"il y ait là de phénomènes ayant rapport à la reproduction proprement dite. Cependant, ajoutons-le, l'animal ne semble guère faire usage de cette faculté que dans certaines circonstances particulières, par exemple lorsque sa taille même devient gênante, pour circuler à travers les débris, etc. En général au contraire l'animal semble tenir fort à sa grande taille, (jui lui permet de capturer des proies plus volumineuses', et les petits individus ont au contraire une tendance marquée à se fusionner en un seul.

Quoi qu'il en soit. V Adinosjihœrium Eiclihorni typique ne dépasse guère en général un diamètre de 300 a, et ce n'est que dans des occasions exceptionnelles qu'il arrive â 400 ,j.\ Leidy indique de KJG u à 330 a; cependant BfJTSCHLl et SCHAUDINN donnent un maxinmm de 1000 a et même plus, et Calvin (9) a fait une récolte où le diamètre moyen

' Johnson (5(5) a étudié le ras d'ActuiosjiIiirriiini iiiii iiprés un certain nonibiv de divisions répétées,

devinrent si petits qu'il ne Içur lui plus possilile de capturer la seule nourriture qui lïit alors à leur

disposition, des crustacés du g-enre Busmiiid. et pour échapper à la disette ils ne Irouvèrenl d'autre

nioven iiue de se souder de nouveau les uns aux autres.

(les individus était au delà de 750 y.; le plus gros spécimen observé atteignait 13(30 u. A cette contradiction apparente entre les résultats obtenus je crois qu'on peut répondre, d'abord (ju'il n'y a rien d'étonnant à ce que l'animal puisse acquérir dans des cas exceptionnels une taille particulièrement forte ; ensuite ipie les cbiffres élevés cités plus haut pouvaient se rapporter à des variétés particulières, entr'autres à celle dont bientôt il sera question (var. niaj/is), et qui, elle, acquiert une taille bien plus considérable que le type ; et enfin (ju'il faudrait savoir si les animaux examinés étaient toujours en eau libre, non comprimés, car sous le microscope on les voit presque toujours comi)rimés sous la lanielle, et sans se déformer le moins du monde ils acquièrent un volume bien ])lus considérable que leur taille réelle. Malheureusement Calvin ne présente que quelques réflexions trop brèves à propos de son Acfinosphœriiim, et ne dit rien de particulier à son égard.

Si nous passons maintenant à la structure de l'animal lui-même, nous y verrons tout d'abord une ceinture très nette, régulière, de grandes vacuoles, si bien pressées les unes contre les autres qu'elles en ont acquis une structure columnaire, mais souvent, il est vrai, peu régulière. En général cette ceinture, qui représente ici l'ectoplasme, est formée d'un seul rang de vacuoles, mais bien souvent aussi la disposition en est moins régulière, les vacuoles empiètent les unes sur les autres en s'enfonçant comme des coins entre les parois de leurs voisines, et alors elles se voient par ci par là distri-

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