‹ Les héliozoaires d'eau douceChapitre 20 sur 32 · IG · texte numérisé non relu

IG

Cette petite espèce, qui à première vue semble ii'avoii- i-jeii à t'aii-e avec le n'eiirc Heterophri/s, mais (pii paraîtrait alors plutôt voisine des AfitrodisCMln.'^. se distingue avant tout ]iar la nature de son enveloppe. On n'y observe en ettet pas de couelie niucilagineuse ' : en second lieu, on n\v voit ])as davantage de sjjicules. ft le corps jtarait abso-

Helerophrys glabrescens. — 1. Aspect baliiturl.

lument nu. Cependant, dans quelques occasions fort rares. j"ai pu distinguer connue une vague indication de longues stries radiaires, et en tout cas un examen à sec lève tous les doutes: à peine l'eau vient-elle à abandonner l'individu, qu'on voit lirusquement se dessiner une auréole serrée de spicules très longs, très tins, analogues à ceux des Heterophrys

' Dans ciTtaiiiPs occasions cepcinlaiit j'ai \ ii des li'acrs dr itIIc ciivcIiiiiiii', cl en loiil cas il l'aiil ijifij existe iiii marina iiiiii'ila;.;iiicu\ i|uclciiiii|iic ]iimi- Iciiir relies les spicules.

IlE'l'EliUl'IlHVS GLABKESCENS

en général : (iiiant à la structure du réseau dont par analogie on est fondé à supposeï' l'existence, je n"ai pas pu l'étudier. Il existe donc des spicules, qui. nous ])ouvons Tajouter, se dissolvent dans l'acide sulfurique et sont sans doute chitineux.

L'ectoplasme est dun gris bleuàti-e. avec des gi'ains brillants et souvent une proportion plus ou moins considérable de cori)uscules chlorophylliens verts représentant des proies capturées; on y voit une vésicule contractile, normale, très rarement deux.

L'endoplasme, assez nettement délimité lorsqu'il n'est pas trop caché par les grains verts, est quelque peu excentrique, et renferme, excentrique également, un noyau jdus ou moins arrondi, à cros nucléole.

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2. Détail ^I'hii ii!.pu(lo]ioiIe. — :j. ludiviilu à i)seiulopodes rétractés. — 4. Un autre, à psciuli)podes rétractés en [lerlc. — 5. Pseiulopodes repoussant. — G. Squelette à sec.

Les pseudopodes sont extrêmement longs, quatre fois et plus autant tpie le diamètre du corps, très droits, rigides, fins et couverts de gouttelettes brillantes, échelonnées de distance en distance (fig. 2). L'animal se voit généralement immobile, posé au centre de son rayonnement pseudopodique comme une araignée attendant sa iiroie. ce (jui d'ailleurs pourrait bien être son occupation réelle. Mais qu'il survienne un dérangement brusque, et iu)us assistons alors à un spectacle tout particulier: connue un éclair tous les pseudojuxles se rétractent jus(|u'au corps, où ils ne figurent alors jilus qu'autant de gouttelettes ',

' l'arlbis ci's lioultdetti-s se voirnl prdlun^îérs iriiii lil axial (|iii pointr cni-diT dans le vide, coiiiiiic .si (T lil nr s'rlail pas rélraoté compiciciiiriil.

OU bien aussi de courts prolougemeuts en coiie renversé (tig. 3, 4). ^lais à peine le retrait est-il etiectué, (lue le pseudopode connnence à repousser (tig. 5), sous la forme d'un bras d'abord court et granulé, puis toujoui's plus allongé, et il suttit d'une fraction de niiiuite (4 à 10 secondes) pour que le pseudopode ait acquis sa longueur jjreniière. Ce phénomène de retrait peut être étudié dans cette espèce d"une manière particulièrement aisée, les individus s'j' prêtant volontiers, et souvent i)lusicurs fois de suite, jusqu'à six fois et plus ; mais à chaque reprise la réaction devient plus ditficile, il faut des coups toujours plus violents sur la lamelle, et entin toute réaction cesse. On trouve également, mais c'est l'exception, des individus (|ui dès la jiremière expérience se refusent à réagir.

Lorsque les pseudopodes se voient à l'état rétracté, l'animal, (ju'cii général ces organes fixent très solidement au sol, est facilement emporté par les courants; peut-être ce déplacement tout passif équivaudrait-il à fuite, qui peut avoir son utilité.

\J Heterophiys fjlahrcscens varie en volume entre 11 et 15 y., non compris, naturellement, les sjncules. Je l'ai récoltée àMategnin et à Bernex; dans cette dernière localité elle était abondante.

Les caractères distinctifs de cette espèce sont, en résumé: a) Taille très faible.

J)) Envelop])e nnicilagineuse nulle ou non api)arente.

c) Spicules très longs, invisibles sur le vivant.

d) Pseudopodes très longs, perlés, rétractiles.

Genre liaphidiophrys Archer 1867.

Enveloppe formée de sjjicules siliceux, en forme de fuseaux, d'alênes ou de disques, (de bâtonnets, BuphuHophru^ Bnimi ?) noyés dans un magma de nature nnicilagineuse DU en partie griuipant le long des pseudopodes.

ItAl'llllilurUliVS VIKIDIS 165

Baphidiophiiis riridis Archer 1801

Sjiiouyme. Raplikliophiiis filoiiieiutu Penard (HO).

Dkujnose. Graiuls spicules siliceux en forme de fuseaux ou (Valèiies, disséniiiiés dans une enveloppe poussiéreuse, ou grimpant le long des pseudopodes. Endoplasme et noyau excentriques. Pas de vésicule contractile eu général. Pseudopodes très longs et très torts, à peine granulés. Individus réunis en colonies compactes, et toujours colorés en vert par des algues symbiotiques.

Taille moyemie, 30 y. pour le corps nu: lôo à 190 7. pour les colonies.

Cette espèce est coloniale ; les individus, dont le nombre varie le plus s(uiveiit de 5 à 12, rarement plus, et qui chacun représentent un héliozoaire de taille iiioyeune, ne restent pas. comme dans Raphidiophrys elcfians, bien distincts les uns des autres et séparés seulement par des ponts, mais sont solidement unis en une masse unique, i-arement presque ronde ou à contour simplement sinueux, plus souvent régulièrement lobée, chaque lobe représentant un individu. Cette espèce est en même temps à un haut degré symbiotique, aussi toute la colonie se présente-t-elle à première vue comme une masse franchement verte, mais où des taches plus claires indiquent chacune Tendoplasme des individus. Dans des occasions exceptionnelles seulement, on peut voir la colonie se disloquer en individus séparés, ou en petites colonies partielles, ou bien encore quelques individus abandonneront volontairement la colonie, ([ui restera cependant compacte après leur départ.

Toute cette masse est entourée d'une enveloppe commune, très forte, de spicules ]ioyés dans un magma protoplasmique nuageux, indistinct et connue formé de poussières iuq)erceptibles; dans ce magma les spicules, reliés par des traînées de plasma imperceptibles aussi, se déplaceront lentement les uns ])ar rapp(n-t aux autres, restant pour la lilu])art tangents, mais ni-impaiit ou |)aitii' lo long des pseudopodes lor^iuc i'aiiiuial se

i.Ks hkliu/,<>aii;ks d km DOICE

sent vu parfaite sécurité', et i)reiiaiit akirs une disposition parallèle a l'axe de ce pseudopode.

Les spicules (tij;-. 7) hyalins ou très tail)lenient jaunâtres, qui peuvent atteindre 32 y. et sont t(»us à i)eu près de niêuie tonne et de inéiue lonjiueur, se présentent, vus de face, connue des rubans ou ]»lut()t connne certaines algues allongées, diatomées, ou Sccih'(1psiiNis'-: leurs bords sont légèrement arqués, et leurs deux extrémités, plus fines, sont tr(m-

(piées plutôt ([ue pointues : en coupe sagittale, par contre, le spicule est une alêne, pointue, presque droite, ou plutôt recourbée en arc d'une manière à peine sensible.

De nature siliceuse , résistant parfaitement à l'acide sulfurique bouillant connne à la Hamme du chalumeau, les spicules exa-

Kaphididphnjs nridi.s. — 1. Foimc la plus Ijabiturllo ili.' la colonie.

minés à un fort grossissement se voient finement striés en travers: dans le baume du Canada (ou dans la glycérine), ils prennent une apparence toute particulière: leurs pa-

' Disdiis, uiir luis |i(iii|- idlilrs. i|uc (lillis ci'llc (>s|ii'('i' iTiliiliic iliilis Idilirs ii'lli'S ijlli idlisliliirlit II' ^Tiii'y ll'i/iliiiliiij/lni/s. iiMc |iiii'li(' sciileiniMil îles |)si'ud<)|H( les siinl rcvcliis de ces spicules iiDiiiiidcs. cl que les iiulrcs l'ii rosiciit ]iiii-riUli'iiiiMil iiiileiimes. Les jiseiidniKides à spieiiles sont la]^|jlu|iiii-l du lein|is dis|iôsés i'i intervidles plus mi iiidins é^fiiix. de sorte qu'il y h roniiiilioM d'une éloil(> ;issez réf^uliére.

- .\i;i:hi:ii eiimp.'ii-e ces spienles miix eellnles di'iiiles d'une Ires priih' :d^Me. .[ iikisliinlniiiiiis lnlcaliix.

lIArilIlUOI'lIllYS VlUIDIS

rois s'y inoiitrent très nettes et réfringentes comme autant de larges traits noirs, interrompus de distance en distance ])ar des intervalles très courts, desimpies points, incolores et (|Hi semblent résulter de la présence de perforations. C'est grâce à ce phénomène particulier de réfringence que, sui- des préparations microscopiques de la colonie entière on ne voit plus guère (|u"un fouillis curieux de baguettes noires, et que seulement après un écrasement prudent on arrive à écarter les baguettes et à mettre en évidence l'animal luimême. Je n'ai jamais réussi à l)ien comprendre cette apparence particulière; peut-être le spicule serait-il creux, et le baume, pénétrant par les perforations , le renq)lirait-il: les parois, remarcjuables par leur forte réfringence dans le baume (ce ne

serait alors Jias de la 2 Une colonie se débarrassant de ses spicules; à gauche, infusoires parasites. —

o. Larçte bras hyalin à deux fils axiaux, produit pendant le rejet des spicules. — 4. L'n pseudoijode, aspect le plus habituel. — 5. Autre aspect d'un pseudo]iode. — G. Noyau. — 7. Spicules: a et 6. vu de côté; c, de face; rf. fragment TU de face, plus grossi. — S. Grain central: a, sur le vivant; h, après carmin. — 9. Un des infusoires parasites. — 10. Un des microbes habituels autour des spicules. en division.

silice pure) se montreraient en traits noirs.

Tout ce s(|ue-

lette, disons-le égale-

ment, est pres(iue toujours comme sau])ou(lré de microbes, ronds ou allongés, cpie parfois on voit en cours de division (tig. lo).

A Fintérieur de cette enveloppe, ikuis trouvons l'ectoplasme, dont la couche externe. et (jui se moule sur toute la colonie en un revêtement commun fait d'un plasma très clair, est remarquable par l'abondance des grains d'amidon. Plus en dedans vient l'ectoplasme profond, tormaiit une masse moins unie, et déjà recounaissable dans ses différentes

rc'gioiis cdiiiiiu' appai-ti'iiiiiit à tel (lu ttl iiidiviilii. (.'et ('etoi)lasiiiL' iiUcriic ' est piesfiiu; exclusivement occupé par les ■MH)d\h>i\'\\es(C]ilorella /7^///f/>7.s) pressées les unes contre les autres, et ne laissant de })]ace que pour ([uelques grains lileuàtres. Je n"v ai jamais rencontré 'le nourriture tiiiurée: on n"v voit jamais non plus de vésicules contractiles. <pii semblent décidément manquer. l)ien qu"une compression forte fasse ajjparaitre (luelipies petites vacuoles.

L'endoplasme n"est pas nettement délimité, mais apparaît ])ourtant dans cluKpie iiulividu connue une taclie plus claire. Il renferme, dans une ]5osition ti'ès excentri([ue, un noyau airondi. et de type un peu spécial (fig. 6): sous une membrane inicléaire Une, se voit un suc nucléaire pâle et très finement poussiéreux, entourant lui-même un inicléole rond ou à contours iiulécis. onduleux. très clair et distinctement semé de jtetites granulations; très souvent aussi le nucléole est morcelé en deux ou plusieurs fragments, ou bien encore il existe un gros inicléole flanqué d'un autre tout jietit-. Ces noyaux, de lô y. de diamètre, sont extrêmement pâles: pour les voir il faut ou la compression ou la coloration de rindividu. et c'est pour cela sans doute qu"Ai;C'iiER n'en a pas observé. Dans chaiiue individu il en existe un, et jamais plus, sauf dans les cas de division, (|ue j'ai observés une fois ou deux, et où le noyau s'étrangle pour produire, en apparence par division directe, deux noyaux nouveaux, et par là deux individus dont s'augmentera la colonie.

Au centre de l'endoplasme se trouve le grain central avec son halo clair, lui-même entouré d'un anneau protoplasmique distinct, d'un I)leu tiiiement cendré. Cet anneau, bien (jue traversé par les filaments rayonnants, peut être considéré comme jouant le rôle d'une membrane protectrice, car. après l'action du carmin, il se montre encore, sous la forme d'une enveloppe mince, non colorée, renfermant un plasma (halo) teint de rose clair, avec le grain proprement dit, fortement coloré, au centre. On dirait, en somme, sauf la taille ici beaucoup plus petite (8 y. en tout), un des noyaux ordinaires (tig. 8 b).

Les pseudopodes de la RaphuUuphnjs rir'nHx (fig. 4. ô) sont remarquables à diffé-

' Qui piiiin'iiil liiril li'rire pas iiiili'c i'Ikisi' iiu'uii i'|iiIij|iI,isiiii> \ rai iviiii' cliaii. I, pa^. Ifii.

^ O qui rappcllPi-all los ras observés par SciiAuniNN ciii ic ^i-ain ccnlral iriMilrdsoiiKMrapivs cet auteur) sciiililait prcndri' iiaissanci' dans riiitrTiciir iiu'iin' ilii noyau. Mais dans les ohsfr\'atii)ns cpii' j'ai l'aiti's. il n'y a\ail pi'niiaiili'inrnl ipiiiiic IVai;inriilali(iii simple, r'csià-dli-c l'un drs aspciMs ipic pciil ri'M'Iiik' nncli'Dlc nior'ci'py

liAriiinioiMiuvs viuiiiis l(i!i

reiits ('iianls : d'alidnl pur leur Idiiiiueur tout exceptionnelle, er (|iii jx-nt tncileiiient atteindre au dduhlc du diamètre de la cdloiiie entière : sur une cdleiiie de loU 7. par exemple (non compris l'envelopi»' de spicules) les pseudopodes ari'ivaient à 2(>U 7: ensuite par leur é})aisseur, très forte éjialement : eiitin par leur stiucture : normalement ce sont des cordes droites, lisses ou i)lutiit couvertes de granulations si ténues et si serrées qu'on ne voit qu'une surface finement ceinlrée: d'autres fois le pseudoi)ode est renflé de distance en distance de varicosités provenant d'un afflux du jilasma. tandis que le fil axial, entre ces varicosités. ne reste revêtu ([ue d'une couche très faible de matière l)rotoplasmi(iue : lorsque l'animal est dérangé, l'on voit ce plasma se résoudre en gouttelettes, qui lentement descendent vers le corps. On peut enfin, par compression l)rusque de l'animal, isoler des pseudopodes dans le li(pude ambiant et les soumettre, avec des résultats analogues, aux mêmes expériences que les pseudopodes de ï AcHnophrys sol.

Les pseudopodes, ajoutons-le. semblent appartenir à la masse connnune et paraissent trop forts pour provenir des individus: cependant ce n'est là qu'une api)arence : dans les colonies lol)ées. chaque ])seudopode arrive en définitive directement et à angle droit sur la surface du lobe, c'est-à-dire de l'individu : de plus les fils axiaux, sans lesquels il n'v a ])as de pseudopode, se voient distinctement (après compression) rayoïnu'r du grain central. Les pseudojjodes appartiennent donc toujours aux individus et non pas à la masse: mais ce qui est fort possible, c'est (pie le revêtement du fil axial soit renforcé par l'ectoplasme confondu autour de la colonie en une seuli' couche commune.

Il me reste à dire quelques mots d'une habitiide caractéristique dans cette espèce : je veux parler du rejet éventuel des spicules. Dans certaines occasions, lorscjne l'animal est obligé de se frayer un chemin à travers un ol)stacle que son enveloppe spiculaire l'empêcherait de franchir, on liien même simi)lement lorscpie. isolé sous le couvre-objet ou dans un verre de montre, il se sent dans des conditions anormales (voir pag. (i'.M. il renfle pour ainsi dire ses pseudopodes, sur lesquels se fait un ajiport considérable de plasma hyalin, souvent avec grains d'amidon entraînés au hasard. D'aboi-d courts, en forme de lames, de couteaux (tig. 3), etc.. ces pseudopodes, dans lesquels on peut voir réunis ])arfois deux ou trois fils axiaux au lieu d'un, s'allongent en repoussant devant eux toute la masse des spicules. Quelquefois le phénmuène se produit en étoile, les pseudopodes se déployant de tous les cotés à la fois: mais dans la règle il en est autrement:

ranimai se fait Jour à travers renvel(i])pe, sur un seul point, en abandoinnvnt derrière lui toute la masse spiculaire (tig. 2), que bientôt on voit séi)arée de la colonie nue par des filaments protoplasmiques, droits ou recourbés, même amiboïdes, d'une longueur considérable. Enfin ces fils se rétractent, laissant au loin les spicules inertes. D'autres fois aussi, le plus souvent peut-être, l'animal a gardé une modeste provision de sjiicules, (|ui ont bientôt fait de s'arrangin- tout autour de lui.

Il faudi-ait mentionner également l'infusoire jjarasite que l'on rencontre fréquemment dans cette espèce (fig. 9) ; mais dans le cliapitre consacré aux généralités cette occurrence a été examinée avec quelques détails, et je n'y reviendrai pas (voir pag. fi 5).

La riapJddiophrys rirnlis est un des ])lus beaux héliozoaii'es que l'on coiniaisse; Archer le décrit comme « l'un des ])lus nobles que Ton ])uisse trouver dans Tcau douce ». La taille des individus isolés, en ne considérant que le corps nu, est de o() y. environ; les colonies anivent facilement à 150 et 190 u, sans y comprendre l'enveloppe.

Archer, (jui le prenner a décrit cette espèce, brièvement mais d'une manière suffisamment précise, et qui l'a trouvée dans une tourbière d'Irlande en ISGT, la donne comme rai'e: dejjuis cette éjjoque, elle ne semble pas avoir été rencontrée; LehjY cite cependant, comme ]novenant des environs de Philadelphie, un héliozoaire (pi'il est porté à rapprocher soit de la Baphidiophfii!^ riridi^. soit de la lîaph. judlida. et qui me parait représenter cette dernière.

.Je n'ai trouvé la Piaphidiophrys viridis (ju'à ^lategnin, et au marais de Bernex, où elle s'est montrée toute cette année 1903 fort abondante dans l'une des fosses du marais, et très rare dans les creux adjacents, pour manquer complètement dans les autres subdivisions du marécage.

T'apliidiophri/^ elef/aiis HERTWlG^t Lesser 1S74 (52).

Synonyme '? Spliœrastnim ro»f/lobatiim Greefl" (35).

Diagnose. Spicules revêtant l'apparence d'un demi-anneau, en réalité elliptiques, presque aussi larges que longs, tangents ou griuipant très loin sur les pseudo])odes. En-

UAPHIDIOPHRYS ELEGANS

doplasnie et noyau excentriques. Une vésicule contractile. Pas de symbiose normale. Individus se réunissant en colonies lâches, unis les uns aux autres i)ar des ])onts. Taille moyenne de rindividii, 150 y. pour le corps nu.

Comme l'espèce précédente, la Raphid'Kyphrys eJef/ans est un Jiéliozoaire essentiellement colonial; cependant, tandis que dans EapJi. /■/r/V/Zs l'agglomératidn est \)m\v ainsi dire obligatoire, la Baphidiophnjs elegatis se voit (piebpiefois à l'état isolé. Peut-être même y aurait-il là attaire d'habitat ou de saison; c'est ainsi qu"en 1S90, aux environs de Wiesbaden, je n'avais trouvé que des animaux isolés, tandis qu'à Bernex, cette année, la forme coloniale existait presque seule.

Si dans cette espèce nous considérons les individus un à un, nous leur trouverons d'abord, noyés en profusion dans le magma nuageux ou

Raplndiophrys elegans. — 1. Une cnlonic de liini individus

poussiéreux caractéristique du genre, des spicules qui se présentent connue des corps falciformes fortement recourbés, à peu près semi-circulaires, à convexité le plus souvent tournée vers l'intérieur, et que Hektwic et Lesser ont comparés à des anneaux de chaîne dont une partie aurait été rompue. Mais, ici comme dans toutes les BaphidiopJiri/s. l'apparence est trompeuse: il n'y a pas d'anneaux, il y a des plaques, ou des écailles, ([ui dans cette espèce sont largement ovales, et toutes à peu ])rès d'une même grandeur, c'est-à-dire de 7 '/.^ à 8 y. en longueur, et de 6 à 6 '/^ en largeur. Ces écailles, minces dans leur partie centrale, se relèvent brusquement sur leur liord eu un bourrelet éjjais; ce sont des miroirs ovales avec cadre uni (fig. 4). Comme, par un phénomène d'op-

LKS IIKLIOZUAIKES I) EAU DOUCE

tiqiK' quf je n'ai pas i)u iii"t'X|)liqiu'r, Id'il ne perroit dans l'eau que le cadre, et même une partie seulement de ce dernier, celle surtout qui est tournée vers l'animal, on a l'impression de corps falciformes ou de demi-anneaux; mais sur le sec l'écaillé ap])arait dans toute sa netteté, et même sur le vivant, un examen attentif permet souvent d'en suivre le contour entier. Connue dans les Baplthliophytis en général, ces écailles, souteinies en apparence par des tils intiniment ténus, ont éiialenient une tendance à grimper le long des pseudopodes, et y montent jiarfois fort loin.

L'ectoplasme renferme constannnent un graïul nombre de globules ou grains pâles, sans doute de nature amylacée ; quant aux corpuscules colorés en vert i)ar la chloropliylle,

il en existe soit (pielques-uns seulement, soit un assez grand noudu'e, (ui bien aussi l'aninuil en est suffisannnent foui'ni \w\w l)rendre une teinte verte bien décidée.

Dans ce dernier cas, assez fréquent et i)arfois seul représenté, il y a probablement symbiose, mais le ]ilus souvent les grains verts semblent être des parcelles chloropliyUieinies arrachées à des algues plutôt (pie des zoospores ou organismes verts intacts. Au contraire de l'espèce précédente, la Itaphidiophrijti c/cf/ai/s ])ossède toujours une vésicule contractile, et généralement une seule; chose curieuse, Hertwig et LesseI! n'en ont pas trouvé, et Leidy. bien ipie l'ayant aperçue et l'ayant vue battre, cinit devoir s'en rajjptnter à ces auteurs plutôt (pi'a .ses propres oliservations, et la donne comme une \acuole ordinaire. 11 y a là ce])endant des vésicules c(Uitractiles jiarfaitement caractéristiques, gi'andes, saillantes, et (pti fonctionnent normaleuiciit, se l'e-

2. Détails d'un indiviilii. — 3. Disposition liabitncllc des individus de la colonie, à un faible grossissement. — 4. Ecaille ; n. de face ; ù, vue ]iar la tranche.

ItAriIlDIol'lIKVS KI.KGAXS 173

formant à la place iiiêiiie où a eu lieu la systole, et fréquemment au moyeu de plusieurs vacuoles qui se réunissent en une seule. Mais, si j'ai bien observé, la vésicule est paresseuse, dans ce sens qu"a])rès avoir éclaté elle ])eut attendre très longtemps avant de se reformer ; c'est j)our(iuoi. dans les colonies, i)res(iue toujouis une partie des individus en sont dépourvus.

L'endoplasme, presque central, est tantôt assez net, tantôt simplement visible connue une tache plus claire, suivant l'abondance des éléments contenus dans l'ectoplasme ; il renfeirae un noyau excentri(pie, très pâle, rond ou vaguement pyramidal, ou déformé, et dont pres(iue toute la masse est représentée par le nucléole. On y voit aussi un grain central et son rayonnement caractéristique.

Les pseudopodes sont fort semblables à ceux de la liapkkUophrys viridis, très longs (o fois et plus le diamètre de l'individu), et très forts, plutôt lisses mais parfois cependant nettement granulés.

Les animaux, comme nous l'avons vu, se trouvent la plupart du temps réunis en colonies, et ces dernières peuvent être composées d'un nondn-e assez considérable d'individus, généralement de 7 à 12, souvent bien plus; Leidy en a trou\é jusqu'à 08. Dans ces colonies, il est très rare que les individus soient réunis en une masse intime ' ; mais dans ce cas même, ils ne sont jamais soudés corps à corps, et cha(pie individu se voit nettement distinct de son voisin. Dans la règle, les animaux sont séparés par des ponts, plus ou moins larges ou étroits, et qui peuvent arriver en longueur à égaler le diamètre de l'aniuial luimême. Ces ponts, faits de plasma clair où peuvent pénétrer des particules, grains bleus ou boulettes vertes, montrent quelquefois à leur intérieur un til axial, et quand on étudie leur genèse on est porté à y voir une moditication des pseudopodes-. Ils sont distribués avec une certaine régularité, laissant entre les individus des espaces en principe triangulaires, et dans les grandes colonies, à ponts allongés, toute la masse poun-ait être comparée à un filet dont les nœuds seraient renflés en sphérules, ou aussi à une accunudation

' Lmin il obserNc que li's colonies serrées représentaient surtout un r-tiit de repus, et ipie ijeiuiant la marelle les Indivirhis sont plus (listants les uns des aulres: c'est une opinion que. si je consulte mes .souvenirs, je' suis très disposé à appuyer, mais j'ai néj^lip' de prendre des notes h ce sujet.

- Sous l'cftet de la compression lr>s colonii's se désa^réficnl en individus, lesquels, quittant le e.enti'p, se dirigent chacun de leur côté : on \(iil alors li's pouls, d'ahord étirés entre deux animaux, se couper et passer lentement à rél,-il de pseudopodes.

174 l.ES HÉLKJZOAIKES 1)"EA|1 DOLK'E

(le petites ca|i;es tétrahédriques, avec spliérules à tons les points de jonctions des baf^uettes qui eu forment les cotés.

Les spicules, dans les colonies, se répandent partout, même sur les ponts; les pseudopodes paraissent également quelquefois appartenir à la masse générale plutôt qu'aux individus en particulier, mais, comme dans l'espèce précédente, ce n'est là qu"une illusion.

Dans certains cas, ici aussi, les pseudopodes peuvent repousser au loin toute leur armature de spicules (voirpag. Ui!)); mais c'est là un phénomène auiiuel dans cette espèce je n'ai assisté qu'une seule fois.

La taille est. dans la Haph'idiopJirijs clegaiis, de oO y. environ i)our cliaque individu, en ne considérant que le cor])s nu ; les colonies varient naturellement beaucoup de volume, suivant le noudjre des animaux qui les composent; une colonie de 8 individus, i)ar exemiile, mesurait 132 y. sans l'enveloppe de sjjicules, Kjô y. avec cette dernière, et 440 y. avec les pseudopodes largement étalés.

J'ai trouvé cette espèce à la Pointe à la Bise (rivages du lac), à Eouelbeau et à Bernex; dans cette dernière localité les individus, après s'être montrés quelque temps abondants, disparurent complètement, en octolnc 1!)02. jtour reparaître, abondannnent aussi, en juillet 1903.

Jiuphidiophrys sodalis Leidy1S83'.

Diayitose. Spicules en nomlire innnense, droits, extiémement tins: noyau central, vésiculaire; plusieurs vésicules contractiles; animaux réunis en colonies très lâches. Taille des individus: 24 à 36 a.

En iss;} Leidy décrivit, malheureusement sans donner de tigures, un héliozoaire (pi'il avait rencontré en assez grande abondance au lac Hopatcong, New-Jersey. Les animaux vivaient pour la plupart en colonies, qui pouvaient comporter plus de 100 individus.

' A siiriiil llcliiiz l'nic, Aniil. l'iiiliiil. ISS:i, ii. !l."i.

RAPHIDIOl'HUYS SOCIALIS 175

Ces derniers semblaient n'être reliés les uns aux autres que i»ar rattache mutuelle de leurs nombreux pseudopodes, sans être jamais associés au moyen des ponts de plasma (jue Ton observe dans la liaphiiUophnjs degans. Les animaux ressemblaient à ÏAct'nioplirys; le corps, généralement sphérique. ou ovale, incolore, granulé et « vésiculaire ■>, avec un large noyau central indistinctement visible, possédait 3 ou 4 vésicules contractiles, ou plus encore. L'enveloppe consistait en une couche épaisse de protoplasma délicat, avec des spicules en nombre incommensurable, droits, et d'une finesse extraordinaire. La taille des individus était de 24 à oli y.. On remarquait aussi, dans l'intérieur des colonies, des kystes, régulièrement sphériques, avec une emeloppe sans structure.

Depuis Lï:idy, la RaphkUophri/s socialis n'est mentionnée nulle part: en lî)01 cependant je la citais comme rencontrée au marais de Bernex, où on la trouvait soit en individus isolés soit en colonies. Plus tard, je l'ai vainement cherchée dans cette localité, et jamais il ne m'est arrivé de retrouver un héliozoaire qui pût cadrer avec la Baphidloplirys socialis; de plus, en l'absence de figures, et en tenant compte de ce (pie l'auteur américain fait sans doute au moins une erreur, en indiquant un noyau central qui devait plutôt représenter l'endoplasme (dans Baphidioplniis elegaits Leidy parle aussi d'un noyau central, jiour lequel il a pris la tache claire que dessine l'endoplasme), il est difficile de se faire une idée nette de cette espèce. Pour ces raisons je ne sais trop s'il me faut confirmer aujourd'hui les trois lignes qu'en li)(il je consacrais à cet organisme; à cette époque, occupé des Rhizopodes amœbiens, je ne m'arrêtais aux héliozoaires (lue lorsqu'ils me paraissaient présenter des caractères spéciaux, et je ne leur consacrais qu'un examen peu mimitieux. Or les quelques notes et croquis (lue je retrouve dans mes cahiers, et (pu me montrent sans autres détails un héliozoaire à s])icules droits et très fins, me paraissent trop peu explicites pour exclure toute erreur d'observation. Peut-être n'y avait-il là que la Baplddioplirys amhiqiia très jeune et à spicules à peine visibles.

17() LKS IIKI.IOZOAIKES 1)"kaU DOrcK

Baphidinpliriix palliila F. E. SciU'LZE 1874 (!)(>)

Diagnose. Spicules se montrant sons la forme d'aiiinilles reconrbées, lesqnelles représentent en réalité des écailles elliptiques toutes de même forme, très allongées. Endoplasme excentrique. Noyau gi'os et réfringent, excentrique. Pseudoi)odes longs, perlés. Une vésicule contractile, souvent plusieurs. Pas de colonies: pas de synd)iose.

Taille moyenne 50 y. pour le corps nu.

Cette espèce, de taille bien supérieure à la précédente, ne se rencontre jamais sous la forme coloniale. Les spicules, qui, noyés dans une masse protoplasmique indistincte, revêtent le corps d'une enveloppe épaisse, légèrement jaunâtre, sont tous de même forme et à peu près de même longueur. Ils se présentent à la vue comme légèrement recourbés en croissant, minces, pointus aux deux extrémités; examinés à sec, ce sont des écailles qui vues de face sont fusiformes, pointues aux deux bouts, et de coté se montrent beaucoup plus étroites, très légèrement recourbées et très acérées au sonnnet: leur longueur est de 20 y. environ. Ces spicules sont pour la plus grande partie dans une disposition tangente, taiulis (pie d'autres s'alignent le long des pseudopodes et forment tous ensemble une étoile assez régulière. Comme dans l'espèce précédente et comme dans toutes les autres BaphhHoplirys, beaucoup de pseudopodes restent d'ailleurs libres de spicules, et l'on constate aloi's une alternance assez exacte enti'e les pseudopodes à spicules et les autres.

Le corps est pâle et ne montre de granulations verdâtres qu'à l'état de fragments nutritifs capturés,- dans les individus (|ue j" ai rencontrés, cette nourriture'était représentée par des boulettes de diatomine. car les animaux ])rovenaient du lac, et d'une profondeur de 30 â 40 mètres, où les grandes diatomées jaunes remplacent ii ]wu prt'S exclusivement les algues vertes.

l^AriIlDlOI'iniYS l'ALLlDA i / *

L'ectoplasuic, outre la iioumtui'c colorée toujours peu abondante, renfeniie un nombre considérable de grains bleuâtres, puis des granulations plus petites, et enfin des vésicules contractiles, en noiubre uiulti])le (Schulze attire également l'attention sur le nombre considérable de ces vésicules; il en compte de 10 à 20); généralement on en a ') ou (i en vue à la fois, ce qui pour tout l'animal doublerait au moins ce nombre.

Baphirliophrys pnlljda. — 1. Aspect habituel. — 2. Spicules. de face et de coté. — 3. Spicules les

plus externes.

L'endoplasme se détacbe assez nettement de la masse générale ; il renferme, dans une position très excentrique, un noyau très gros (12-15 y.), franc sur les bords, nettement distinct comme une masse réfringente, cireuse, ovoïde ou pyramidale avec pointe dirigée vers le centre. C'est en somme un noyau du type Acmithocystis (v. pag. 38). avec

178 LES HÉLIOZOAir.KS d'kaTI DOUCE

nucléole tonnant i)R's<]iu' toute la masse nucléaire, et dont ici la réfringence est tout particulièrement forte '.

Au centre parfait de l'animal se montre un grain central, très distinct dans cette espèce, avec son l'aj'onnement de fils axiaux, que parfois, comme Schulze, j'ai pu suivre jusque dans les pseudopodes.

Ces derniers sont longs, bien visibles, et se montrent normalement perlés sur toute leur longueur.

La taille de la Baphiâiophri/s paUida en fait un des plus gros héliozoaires à squelette que nous connaissions ; elle est en moyenne de 56 y. pour le corps centi'al, de 77 y. avec l'enveloppe sans rayons, et de 141 y. avec l'étoilement causé par les spicules errants.

Cette espèce est rare, et je n'en ai trouvé que fort peu d'individus, à 35-40 mètres de profondeur dans le lac de Genève. Peu d'observateurs l'ont rencontrée (Schulze. France, Leidy, Pexard, Schewiakoff ? West ?). C'est une espèce probablement spéciale à i'eau pure et renouvelée, car Schulze l'a trouvée exclusivement dans le grand bassin du .lardin botanique de Graz, France (31) dans le lac Balaton, et moi-même (79) dans le grand jet d"eau du pai-c de Wiesbaden, puis dans le lac de Genève ; Leidy (()2), dans les fig. 2 et 3 de sa PI. XLVI, représente deux individus, trouvés l'un dans les fossés près de Philadelphie et l'autre dans la rivière Schuykill, et qui sans doute se rapportent à cette espèce. Quant à Schewiakoff (91), les individus qu'il a observés, à Sydney en Australie, n'avaient que 30-34 y. de diamètre, et je ne serais pas éloigné de croire qu'il faudrait plutôt les rapporter à la Raphidiophrys amhigua, fort semblable à première vue à la Raph. pallida. West (102) cite encore, comme i)roveiiant du Pays de Galles, un héliozoaire qu'il rapporterait à la Rapli. pallida ^Awiôi qu'à la Baph. rirldis, mais pourvu de chlorophylle.

' ScHii.zK. l'galenipnt IVappô de cette parlieularité. décrit le noyau de la manière suivante : « Noyau pourvu d'un nucléole colos.sal (10"""), l'ortcnienl l'éfVingent. (pii parait lisse A sa surface, ovale ou loiié, même parfois déchiqueté. »

RAPHIDIOPHRYS AMBIGUA IT'J

JiaplndiojiJiri/s rniihif/i/io spec. nova.

Diagnose. Spicules se montrant sous la forme de bâtonnets recourbés ou brisés, représentant en réalité des écailles elliptiques, de trois sortes, courtes, longues et très longues, ces dernières grimpant très loin sur les pseudopodes. Une ou jilusieurs vésicules contractiles. Endoplasme et noyau excentriques. Pseudopodes granulés. Pas de colonies ; pas de symbiose.

Taille moyenne 30 à 4(1 y. pour le corps nu.

Cet héliozoaire a quelque analogie avec le précédent, et pendant un certain temps j'ai hésité à Ten séparer ; mais après l'avoir trouvé en grande abondance et à différentes époques, et en avoir fait une étude prolongée, il ne m'est plus resté de doutes; c'est bien là une espèce autonome, à caractères bien tranchés et absolument constants.

Ces caractères, si nous faisons pour le moment abstraction de la taille toujours beaucoup plus faible que dans l'espèce précédente, ont surtout rapport à l'enveloppe. Au lieu de spicules tous de même longueur, régulièrement falciformes, nous avons ici sous les yeux un fouillis d'éléments siliceux d'aspect varié : ce sont d'aboi'd, plus à l'intérieur, des bâtonnets courts, de 1 u. d'épaisseur, fortement arqués, à courbe généralement peu régulière, comme si le bâtonnet avait été, plutôt que courbé en arc, ployé en deux dans son milieu ; puis des baguettes beaucoup plus longues, faiblement courbées ou ployées, ou presque droites : ces baguettes alors sont de deux longueurs, les plus courtes logées dans les régions externes de l'enveloppe plasmatique, les plus longues couchées sur les pseudo- ])odes. Dans leur ensemble, tous ces spicules donnent à la masse une nuance jaunâtre. A sec ou après l'action du chalumeau, on reconnaît alors trois sortes de spicules : des écailles elliptiques, de 5 à 6 y. de longueur et de ?> à 3'/.2y- de largeur, à contours parfaits, relevées d'un bourrelet marginal ; des écailles elliptiques aussi, mais plus allongées, de 12 a en général, et larges de 3 y.; enfin, des fuseaux, aplatis, de 20 y. et plus, et analogues à ceux de la RwphkUophrys pall/da.

LKS HKIJOZOAIKKS D KAT Duri.'E

Eu dedans de cette enveloppe le c()r))s, très franc sur ses bords, S(iu\ eut un peu irréjAulier ou déforniable. montre d'abord un ectoplasme bourré de grains i)lus ou moins gros mêlés de granulations et de poussières plus i)etites. puis de proies, nuiis sans zoochlorelles : on y voit aussi plusieurs vésicules contractiles, fortes et actives. L'endoplasme, assez net, renferme un gros noyau très excentrique, com])act, presque toujours déformé, lobé, irrégulier, puis un grain central avec son rayonnement. Les pseudopodes sont di'oits, bien distincts, longs, et fortement granulés, à perles rapprochées les unes des autres.

Uapliidiojihriis aiiihujna. — 1. Aspect gOlléral. — '2. Kyste. — 3. Spiniies. a. aiurts; h. iiiuyens; c, longs; '') ''■ f; <J- 'ispect des spicules tels qu'ils se présentent sur le vivant.

Le diamètre du corps lui-même est de 30 ij. à i)eu près, assez variable du reste et pouvant aller ii 4o y.; avec renveloi)pe la moyenne est de 40 y., et y compris l'étoile de spicules, de 90 u. environ. Les individus se rencontrent toujours isolés, ne formant pas de colonies.

KAI'lUlilUl'llKY.s SV.MMETRICA iSl

J'ai trouvé la Raphiduphrys amhif/ua au Bois de la Bâtie, à la Pointe à la Bise, dans le lac à 20 et 35 mètres de profondeur, puis à Bernex. où dans quelques-uns des creux caractéristiques de ce marais, elle était abondante aux mois de mai et <le juin de cette année (1903): en juillet cependant elle disparut complètement, et pendant tout le mois d'août je n'en trouvai (pi'un seul individu.

Dans cette espèce, jai constaté quelquefois la présence de kystes (fîg. 2), (]ue Taninial se construit d'une manière particulière: à l'intérieur de son enveloppe, et sans s'inquiéter des spicules longs qui plus tard se détacheront, il soude ses spicules courts solidement les uns aux autres, par leurs bords, sur une seule épaisseur, de manière à en faire une capsule rigide, (pii se voit régulièrement découpée dans son contour en une suite darcs rentrants, et sur laquelle, de face, apparaissent les spicules ovales soudés les uns aux autres. A l'intérieur de ce kyste externe, lanimal se contracte alors, se forme une enveloppe cette fois parfaitement lisse, et s'arrondit en se remplissant complètement de grains au milieu desquels on voit le noyau se dessinei- comme une tache pâle.

Bcq)Iu(liopliri/s sijiinndrica spec. nova.

Diaf/nose. Spicules très délicats, incolores, en apparence falciformes, en réalité elliptiques, de deux sortes, courts et alors tangents, ou bien longs et se réunissant autour des pseudopodes en une sorte de tube évasé au sommet. Endoplasme et noyau excentriques. Une ou plusieurs vacuoles contractiles. Pseudopodes fins et granulés. Pas de colonies; pas de symbiose.

Taille moyenne du corps nu, 20 à 25 y..

Cette espèce, de faible taille, est surtout caractérisée par son enveloppe. Dans la RaphidiopJirys ambigna cette dernière était forte, à éléments relativement grossiers, et d'une teinte légèrement jaunâtre ; ici nous avons des spicules extrêmement délicats, très clairs, sans trace aucune de coloration. (;)n en trouve, avec transition d'ailleurs, des longs

LES HÉLIUZOAIKES HEAC DoICE

et (les courts, les premiers, externes, de 10 à 1 1 y. fie longueur, les seconds de Su, internes, tangents ; (|uant à la largeur, elle est à ])eu i)rès la même ])Oui' les uns et les autres, de 2 Vi il - '/ 1 y environ. Ces deux sortes d'éléments siliceux ne sont d'ailleurs en réalité que des écailles, elliptiques-allongées, à dessin pait'ait, et très faiblement concaves, c'est-àdire, sur une vue transversale, se nu»ntrant quelque peu recourbées en arc. Mais ici, et c'est alors un trait caractéristi([ue, les grands spicules. qui dans les autres espèces du genre ne font (pie grimper le long du pseudopode et n'y monti-ent jamais que de vagues tentatives d'arrangement symétrique, prennent une disposition tout à fait régulière: alignés les

Raphidiophrijs symmetrica; i\ droite les écailles, de face et de cote.

uns à la suite des autres, et si bien unis par leurs extrémités en contact (pron ne peut constate)' aucune trace de disjonction, ils forment autour du pseudopode un véritable tube, non pas uni, mais creusé sur sa longueur de 2, 3 ou 4 arcs rentrants, dus au contour falciforme de chaque spicule; de plus, les spicules de la dernière rangée s'écartent les mis des autres jiar leurs sommets, de sorte que l'extrémité du tube se montre évasée en trompette (souvent beaucoup plus que ne l'indique ici la figure).

Cette structui'e curieuse, absolument normale, mais difficile à constater par le fait de la délicatesse extrême des spicules tout à fait incolores, est caractéristique de la Ra-

lîAPIIiniOPlinVS IXTKHMEDIA IS'Pt

p]d(lioplni/s si/niiiii^tr/ca: les siti-disaiit tubes, disposés autour du corps avec une certaine régularité, et alternant avec des pseudopodes totalement libres, paraissent si réels, et se fondent par leur base élargie si bien avec les bases des tubes voisins, que l'on croit avoir devant soi une enveloppe continue, mais pourvue de longs bras tubulaires, et qu'au jiremier examen j'avais cru devoir réunir cette espèce aux Desniofhoraca.

Le corps, très franc sur ses bords, arrondi, montre d'abord un ectoplasme presque toujours rempli de grains bleus, jaunes, verts, souvent de corpuscules chlorophylliens qui cependant ne paraissent pas avoir de rapport avec un phénomène de symbiose; on y voit encore une, et plus souvent deux vésicules contractiles, grandes et actives. L'endoplasme, plus ou moins net, renferme un noyau excentrique à gros nucléole, du type habituel.

Les pseudopodes sont droits, longs, fins mais très visibles, à perles brillantes bien nettes alignées tout du long du fil à quelque distance les unes des autres.

Le diamètre du corps nu varie presque toujours entre 20 et 25 y.; y compris l'enveloppe et son étoile de spicules, l'organisme arrive à 64 a. Cependant la taille peut acquérir des dimensions plus fortes, et, en février de cette année, je l'ai vue brusquement arriver à 37 a, pour le corps nu seulement.

La Rwphidiophri/s si/mmetrica s'est trouvée en différentes occasions, aux marais de Mategnin, de Rouelbeau et de Bernex.

Bapliidiopluiii^ hitriDirrlia sjiec. nova.

Diafjnose. Spicules peu nombreux, en apparence falciformes, brusquement recourbés à leur extrémité ; en réalité ellipsoïdaux, d'une seule sorte et d'une même grandeur, et ne courant pas le long des pseudopodes. Une ou plusieurs vésicules contractiles. î^ndoplasme presque central, noyau excentrique. Pseudopodes très fins, perlés.

Taille moyenne 35 à 40 y. pour le corps nu.

Il y a peu de chose à dire sur cette espèce, qui cependant est suffisamment carac-

LES HKLloZoAinKS I) KAU DOI'CE

téristiquc ]wnv mériter une i)lace à part. Les écailles, d'une seule sorte, de 8 y. de longueur, et ({ui sur le vivant se présentent connue des bâtonnets presque droits, recourbés cependant à cliaque extrémité en une pointe regardant vers l'extérieur, n"ont pas ici de

contours parfaitement ellil)tiques, mais figurent plutôt des parallélogrammes deux fois aussi longs (|ue larges et dont on aurait arrondi les deux petits côtés en une courbe régulière. Comme toujours, le bord en est relevé en relief, et l'écaillé elle-même est légèrement concave-convexe.

Il faut ajouter que dans cette espèce les spicules ne grimpent pas le long des pseudopodes et restent tous dans une disposition i)lus ou moins

Maphidiophrys intermedia; à droite uni' l'cailli', vue df ftico et de côté.

tangente ; en tout cas les ai-je toujours vus comme tels.

Le corps, rond en principe, se déforme facilement ; il montre un ectoplasme grisâtre renfermant des grains et des fragments de toute sorte, puis une vésicule contractile, ou souvent plusieurs. L'endoplasme, central ou à peu près, occupant un espace relativement restreint, renferme un noyau excentrique, à gros nucléole grisâtre plus ou moins déformé dans son contour. Au centre de l'individu se voit un grain central, accompagné du halo caractéristique ; mais, chose curieuse, tandis que dans tous les héliozoaires, au moment où l'animal i)rudemment comprimé laisse voir nettement son grain central, on distingue parfaitement aussi le rayonnement des fils axiaux, ici, sur les trois individus où le grain a été spécialement examiné, et s'est montré dans toute sa netteté, il m"a été impossible

KAI'IIIDIUI'IIRYS lîUUNlI ISf)

(le constater la iiioiiidi-e trace de rayonnement (iiielcon(jue. Peut-être les fils axiaux sontils ici particulièrement ténus. Les pseudopodes sont d'ailleurs très tins, droits, longs, et couverts de i^ranulations ou perles très petites.

Cette espèce, plus tirande (jue la précédente, varie on moyenne entre :U et 40 <j.. pour le corps seulement, sans y comprendre l'enveloppe.

Je n'ai trouvé la Raphidiophrys intermediu cpi"à la tourbière de la Pile dans le Jura, dans les s])liajniuim inondés. Les individus n'étaient d'abord pas rares, mais après quelques jours seulement ils ont disparu de mes bocaux. Lenom A' intermedia que j'ai cru devoir appliquer à cette espèce est tiré de son enveloppe, dont les spicules présenteraient quelque cbose d'intermédiaire entre ceux de la Raphidiophrys si/nntiefrira ou amliifj/ia, et ceux de la Raphidiophrys elegans, ou aussi de la Baph. crrr/dea.

Baphidiophryft Briiiiii Penard 1903 (llf)

Diaqnose. Spicules droits en apparence, très ])etits, peu visibles, noyés dans un plasma incolore abondant qui court sur les pseudopodes en y formant une sorte de gaine conique. Kndoplasme et noyau excentriques. Vésicule contractile l)ien développée. Pseudopodes perlés.

Diamètre du corps nu 1 2 à 1 3 y. en moyenne.

Dans cette jolie petite espèce, le corps, parfaitement arrondi, est entouié d'une enveloppe assez caractéristique; à première vue, sur des animaux tranquilles et ([ue rien ne tourmente, on ne distingue, se détachant nettement du corps, (ju'un revêtement de plasma cendré, nuageux, très ]Kile, et ce plasma s'accumule ii la base des ])seudopodes, pour y grimper i)resque jusqu'à leur sommet, les entourant d'une gaine d'abord large, et qui insensiblement se rétrécit pour finir en pointe; tout l'organisme figure alors une étoile bleuâtre, pâle et très régulière. Mais un examen plus attentif montre (pi'il existe

LES HKLIO/OAIRKS I) EAU DOl'CE

aussi des spicules, sous la funue de baguettes extréiiieiueiit délicates, droites ou plutôt à peine recourbées, tangentes d'abord, puis radiaires et grimpant sur les pseudopodes, où elles accompagnent jusqu'au bout la gaine ])Oussiéreuse dont il vient d'être parlé.

Ces spicules sont siliceux, et probablement, malgré leur apparence de bâtonnets, taut-il y voir des écailles fusiformes. mais c'est là un point que je n'ai pu élucider'. Il faut

ajouter en parlant de l'enveloppe dans cette espèce, que si le plus souvent l'apparence est telle qu'elle vient d'être décrite, fréquemment aussi l'aspect n'est plus le même, par le fait que le plasma ne grimpe l»lus sur les pseudopodes, et que les spicules restent alors tangents; il y a là deux états, sous lesquels l'animal, comme d'ailleurs les autres repré-

Raphidiophrys Brunit; à droite deux spicules.

sentants du genre, peut passer d'un moment à l'autre.

Le corps, d'un bleu clair et pur. montre d'abord un ectoplasme à petits grains brillants, i)ourvu d'une grande vésicule contractile, excentrique, avec un gros noyau compact, sphérique ou inégal dans son contour.

Les pseudopodes sont fins, longs, couverts de petites perles, et l'animal est doué d'une grande agilité, courant de coté et d'autre avec une rapidité remarquable.

' Lors (le mes études sur cet lu-ho/.uaWt' . en se|ilenilire 1901. je ne m'étais pas eneore rendu eiimiile (le l;j vraie luiture des spicules dans le penre Raiiliiiliophri/s. et cette petite espèce, où les spicules .sont

irniic dclic;ilcssr exlriioi-dinaire. u'élnit piis celle rpTil ftilUiil poiii- iiiciti'c celle structure en évidence.

KAl'HIDlurilKVS ('(KlîULEA 1 S7

Le diamètre du corps im est de \'2 h \?> y. en général, n'arrivant que rarement à 15 y..

Ce petit héliozoaire, que je nai jamais trouvé à (jrenève, s'est rencontré, fait assez exceptionnel par lui-même, dans des mousses, non pas des sphagnum, mais de ces mousses rases qui recouvrent les rochers, et ces rochers étaient ceux du Spitzberg, où M. A. Brux, minéralogiste bien connu, venait de faire une expédition. Ces mousses ayant été arrosées d'eau claire, la Baph. Br/n/ii se montra alors pendant une (piinzaine de jours abondante et pleine de vie, parmi d'autres rhizopodes nombreux également; mais brusquement elle diminua de nombre et tiiiit par disparaître tout à fait.

JRuphidiophrps cœruJea sjjec. nova.

Diagnose. Enveloppe très délicate, formée de paillettes ou bâtonnets allongés, très tins, presque droits, tangents, ne grimpant pas sur les pseudopodes. Corps sphérique, lileuàtre; plusieurs vésicules contractiles bien nettes; endoplasme et noj^au excentriques. Pseudopodes tins, longs et perlés.

Diamètre moyen 13 à 14 u. y compris l'enveloppe.

Dans cette espèce de très faible volume, le plasma se montre sous la forme d'une sphérule bien nette, toujours d'un bleu clair et pur. L'ectoplasme ne renferme en général qu'un nombre restreint de granulations bleuâtres ou jaunâtres, ou de fragments nutritifs, et se fait remarquer par la présence de plusieurs vésicules contractiles, le plus souvent 3, 4, ou 5, qui deviennent extrêmement grandes les unes après les autres.

L'endoplasme, plus ou moins net suivant les individus, renferme un noyau très excentrique, à nucléole compact, d'un gris bleu, remplissant presque toute la capsule nucléaire. Les pseudoi)odes sont fins, très longs, perlés sur toute leur l(jngueur.

L'enveloppe, extrêmement délicate et difficile a voir, est formée, en apparence au moins, de petites paillettes, ou bâtonnets allongés très fins, droits ou à peine recourbés,

LKS 11ÉL10Z(.)A1KKS U KAU DOTCE

alignés à la suite k's uns des autres dans une disposition tangente et connue ]iour toruier une membrane contiinie: ils peuvent à l'occasion se déplacer, monter les uns sur les autres ou s'allonger sur la l)ase du pseudopode, mais sans jamais y grimper réellement.

Il est très probable (pie ces spicules. que je n'ai pas pu examiner sur le sec. sont aussi en réalité des écailles.

Diamètre, l'^ à 14 y.

en moyenne, y compris Tenveloi)pe: les gros individus arrivent à Ki y..

La llaphii/i(iplni/8 cœr/ilea. qui présente certaines analogies avec les deux espèces précédentes et surtout avec la Baph. intermedia, se distingue surtout ])ar sa taille très faible, sa teinte bleu d'azur, sim noyau très gros et ses puissantes vésicules contractiles; elle

Baphidiophrys cœrulea.

s'est montrée très abondante le 2il novembre de l'année dernière (1!H)'>) dans la boue noire de l'étang d'Aire, mais pour disparaître après trois ou cpiatre jours. Je l'ai retrouvée à Feuillasse, dans la boue noire également, et là aussi elle a disparu très vite.

UAI'llinoCVSTliS SIMl'LEX IS!)

Genre Ihiphiddcudia geii. iiovuiii.

Synonymes. Acaitthocystis (Lciiuiitl) Venaud 1891 (77).

Acanflioryftfis (simj)le.r) SC'HAUDINX 1S!)7 (87).

Spicules siliceux de toruies variées, mais différant en tout cas de ceux des Ruplii- (liophri/s. épars dans une enveloppe protoplasmicpie ou uuicilagineuse. cendrée, nuageuse, plus ou moins épaisse.

Les espèces qui vont être décrites connue rentrant dans le genre Bupliidoçystis ne forment pas un groupe bien lunnogène; presque toutes montrent beaucoup d'analogie avec les Baphidiophrps, d'autres avec les Acimthocystis. Mais il m'a semblé que ces derniers genres, tous deux i)articulièrement riches, gagneraient à ne com])rendre (pie des formes à caractères bien précis, tandis que les espèces dont la sti ucture, tout en i)résentant avec ces formes certains traits connnuns, s'éloignerait décidément du tyjie, jxturraient constituer un groujie à ]>art. T>es caractères de ces trois genres seraient donc:

a) Acantliocystis. Enveloppe en ai)i»arence continue, formée d'écaillés tangentes se touchant les unes les autres, et revêtue d'une armature d'aiguilles radiaires.

h) PMpliidiophrys. Spicules tous en forme de disques ou de fuseaux plus ou moins allongés, d'un seul type, épars dans une enveloppe d'origine protoplasmique.

c) Baphidocystis. Spicules de foiiues variées, mais d'un type en tout cas différent, au moins jjour une partie d'entre eux, de celui ûes BajMdiophrys, épars dans une envelojipe d'origine protoplasmique.

Baphidocystis siniple.r ScilAtJDiNX spec. 1S!)7.

Synonyme. AcantJiorysfis simplex'&CïlAV'Dl'N'H (^~).

Diaynosc. Squelette formé de longues aiguilles radiaires siliceuses, droites, ru-

Li-:s II

.lO/.OAlllES I) KAI' l>UUrE

gueuses, implantées daiis une iiihice enveloppe gélatineuse. Pas de spicules tangents. Phuloplasnie et ectoi)lasnie excentriques. Pseudopodes longs, finement granulés. Diamètre, lô à 22 v..

ScUAUDliNX, étudiant en 18!)7 des rJiizopodes récoltés six ans auparavant i)ar le 1)' Stuhlmann dans l'Afrique orientale, y découvrit un ])etit liéliozoaire, provenant de

la vase d un ruisseau, la(|uelle vase additi(mnée d'eau bouillie dcmna naissance à toute une série de Rhizopodes bien vivants. ScHAinilNX. sous le nom de Acaitflioci/sfis >;i)nple.r, décrit alors cet organisme en ces termes :

« Le plasma à peu près globuleux est « entouré d'une mince envelopi)e gélatineuse, « sur laquelle sont implantées les aiguilles « radiaires. Ces aiguilles sont droites, minces, « et se terminent en ])ointe. Elles ont une « apparence particulière, rude, granulée, « c'est-à-dire que leur surface n'est pas « unie, mais couverte de bosselures irrégulières. Elles ne montrent pas de placjue ba- « sale, malgré les plus forts grossissements, et même à l'état isolé. Leur longueur est « à peu i)rès égale au diamètre du corps mou. Il n'existe (|ue cette sorte d'éléments « squelettiques. La seule espèce connue qui sous ce rapport aurait quelque analogie avec « la nôtre, est VAcanthocysfis italka de Ghuber; mais cette dernière, espèce marine, a « des aiguilles plus fortes et possède de nombreux noyaux.

« Dans Acaitt. siniplex, on peut voir un endoplasme tinement granulé, qui se dis- « tingue nettement d'un ectoplasme à gros grains et renfermant des corpuscules nutritifs. « Au milieu de l'endoplasme se trouve un grain central, distinct, ducpiel rayoïment dans « toutes les directions les fils axiaux des pseudopodes. Le noyau, unique, est comme dans « les autres Accmthocystls logé dans l'endoplasme, nuiis très excentrique. Il possède une « structure vésiculaire. Les pseudopodes l'ayonnent en petit nombre de tous les cotés;

Eaphiiloci/sHs .siiiipk.v (il'après Schaudinn).

liAl'IlIDDCVSTIS STEI,I;ATA ] '.) 1

« ils sont très tineiiieiit granulés, et peuvent atteindre une longueur (|ui dépasse du double « le diamètre du corps mou.

« Diamètre, 15 à 22 y..

« Localité: Infusion provenant de Bibisande (entre Tabora et le lac Victoria). » Il ne m'est jamais arrivé de rencontrer cette espèce, (pii me parait cependant bien caractéristique, mais que la structure particulière de son enveloppe, et l'absence d'écaillés tangentes, m'obligent à réunir au genre liapliidocysUs.

BapJddocystis steUata spec. nova.

Diarpiose. Enveloppe protoplasmique très pâle, dans laquelle sont novées des petites perles (?) claires, et où sont implantées des aiguilles radiaires, siliceuses, très fines et généralement invisibles sur le vivant. Une ou plusieurs vésicules contractiles, bien nettes. Endoplasme et noyau excentriques. Pseudopodes relativement courts et épais à leur base, pâles et cendrés.

Taille moyenne 12 p. pour le corps ini.

La Maphidoci/stis stellafa se montre à première vue sous la forme d'une spliérule bleuâtre à reflets verts, et entourée d'une enveloppe assez épaisse, pâle et découpée sur tout son pourtour de petits arcs creusés régulièrement entre les pseudopodes. Examinée avec plus d'attention, cette enveloppe se voit formée d'un plasma plus compact que dans le genre RaphidiopJirys, mais très pâle encore, d'un bleu mat, cendré. Noyées dans ce plasma de revêtement se montrent alors des perles, disposées avec une certaine régularité, mais de nature indéfinissable, et dont on ne saurait dire si ce sont des globules solides, des sphérules produites par une différenciation du plasma, ou peut-être des vésicules à paroi siliceuse analogues à celles que l'on rencontre dans le genre Pomphohjxophnjs.

En outre l'enveloppe possède des aiguilles radiaires, complètement invisibles sur le vivant, et pour bien comprendre ces aiguilles il me faut avant d'aller plus loin décrire ici

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