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VI‘ PROBLÈME PHILOSOPHIQUE

Sixième Enigme.

Nous démontrons, 1°. Que la vertu est toute dans Pintérèt me js . Que la veriu est toute dans l'intérêt personne din verlu n’est ni dans intérêt De ni. pr l'intérêt personnel.

Ces trois opinions étant également adoplées par nos sages modernes , comme on va le prou-

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ver successivement, on demande comment il peut se faire qu’elles ne troublent pas Punité philosophique , el comment elles tendent toutes au même but?

ARTICLE PREMIER, Que la vertu est toute dans l’intérét public.

« Au tribunal de la saine philosophie, ce qui « détermine nécessairement la vertu n’est que « ce qui convient à l'utilité commune. Ainsi « mos actions sont plus on moins verlueuses , « selon qu'elles tournent plusou moins au profit « commun de la société... Ainsi ère vertueux, « c’est êlreutile ; être vicieux, c’est être nuisible: « voilà la morale. » Raynal, Hist. phil. et pol. , art. Morale, 4.7, in-&6". ) .& Par ce mot de vertu, l’on ne pen entendre « que le désir du she général... » Je lai dit, je l'ai répété jusqu ’à trois fois au moins dde le même chapitre... « Ainsi la probité, que « je regarde comme la vertu mise en action, « n’est chez tous les peuples, et dans tons les « gouvernemens divers, que l’habitude des ac- « tions utiles à sa nation. » ({elv., de l'Esprit, disc. %., ©. 13.) Je le redis encore: « En fait de « probité, c’est uniquement l'intérêt public « qu'il faut consulter et croire, et non les « hommes qui nous environnent. L'intérêt per-

« sonnel leur fait trop souvent illusion. » ( Zd., dsc..2,c. 6.)

« On peut dire des lois.et de toutes les actions « humaines, que celles-là soni bonnes et justes, « on équitables, qui favorisent la société; que « celles-là seules sont injustes, qui blessent ses « intérêts. Tel est encore une fois le seul moyen « de juger sainement de leur valeur. » (Œuvres de Lamét., p. 58.)

« On peut définir très-exactement le mal « moral, ce qui tend à nuire à la société en « troublant le bien de ses membres, » Et par conséquent on pourra aussi définir très-exaclement le bien moral ou la vertu, ce qui est utile à la société en procurant le bien de ses

membres.(d’ Alembert, Elém. pluilos., n°7.) ARTICLE II.

Que la vertu est toute dans l'intérét personnel.

« Quel homme ne s’apercevra pas que c’est « uniquement à la manière dont l’intérêt per- « sonnel se modifie que l’on doit ses vices et « ses vertus?.….. Si l’univers physique est soumis « aux lois du mouvement, l’univers moral ne « l’est pas moins à celles de l'intérêt... ce prin- «-cipe est siconforme à Pexpérience, que, sans « entrer dans un plusdong détail, je me crois « en droit de conclure que l’intérét personnel « est l’unique et l’universel appréciateur du

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mérite des actions des hommes , et qu’ainsi la probité , par rapport à un particulier, n’est, conformément à ma définition, que l’habitude des actions personnellement utiles à ce particulier. » ( Hélvet., de l’Espnit, dise. 2,

chap. 2.) « Certaines sociétés paroissent sou—

vent se dépouiller de leur intérêt pour porter sur les actions des hommes des jugemens conformes à l’intérêt public; mais elles ne font alors que sacrifier la passion qu’un orgueil éclairé leur donne pour la vertu, et par conséquent qu’obéir, comme toute autre société, à la loi de l’intérêt personnel. Quel autre motif pourroit déterminer un homme à des actions généreuses? Il lui est aussi impossible d’aimer le bien pour le bien que d’aimer le mal pour le mal. » (Zbid. chap, 5.) L'homme est sensible au plaisir et à Ja douleur physique; il fuit l’un et cherche l’autre ; c’est ce que l’on

« appelle amour de soi. Cet amour de soi nous

fait tout entier ce que nous sommes. Tout autre sentiment, la vertu elle-même, se confond avec celui-là, ou n’est qu’une passion factice. » ( Hélvetius ; de l'Homme, tom. 1, $ 4 et suite. ) |

« Faute d’avoir vu l’homme personnel tel qu’il est; des moralistes enthousiastes nous disent qu’il n’y a ni mérite ni vertu dans ce que nous faisons pour nous-mêmes, ou dans la vue de notre intérêt personnel. Ils préten-

dent que ce motif d’intérèt suflit pour gâter les actions les plus louables; mais ceux qui

parlent ce langage nous montrent qu’ils n’ont

aucune idée de l’homme, ni de ce qu cossutue la vertu. Car la vertu est la disposition à faire ce qui est nécessaire au bonheur de nos semblables, en vue de notre propre bonheur, dont l’idée ne peui jamais se séparer de nousmêmes, » (Syst: soc. part. 1 y Chap. 6.)

« La première loi, le premier principe de vertu cohérent à l’animal qui pense, indépendant au fond de toute puissance accessoire , et de ioute idée composée, ce premier principe de vertu, dis-je , n’est autre chose que la liberté que chacun a ou doit avoir de se servir de ses facultés suivant l'instinct de ses besoins et de ses plaisirs moraux, »

( Syst. rais. part. 5.)

« Elargissons l’étroite enceinte de notre être, que les moralistes semblent, prendre à tâche de rétrécir... C’est sur la sensibilité physique que la Divinité construit et gouverne, le monde moral. C’est à ces lois qu’il faut abandonner Le disciple que vous voulez former à la vertu... Or il faut, pour nous mettre promptement et efficacement en état d’obéir à ces lois, que cette sensibilité nous fasse d’abord, sans délibération , sans examen, rapporter tout à nous.mémes, et imaginer, que tout est fait pour nous , et que sans nous,

« tout seroit inutile. » ( Diderot, Cude de la Nature , pag. 115 ef 145.) a

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