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(1) Quis mil tribuat ut scribantur seriones me ? Quis mihi det ut exarentur in libro stylo ferreo , vel plumbi lamina ; vel celte sculpantur in sil ce ? Scio quod Redemptor meus vivit , et in novissimo die de 1érr& surrecturus sum : et rursum circumüäabor pelle med, et ià carne me videbo Deurm meum ; quem vésurus sum \egc ipse ; et oculi mei conspecturi sunt et.non alius. Reposita est hœc spes in sinw meo. (Job. c. 19; etc.)
J'ai vu de ses disciples tout aussi opiniâtres que leur maître. Ce n’est pas pour ces sortes de gens qu'il faut écrire; la crainte et la haine de la vérité , l’intérêt du mensonge les aveugle. L’astre du jour ne brille pas pour eux en plein midi. Mais j'ai vu des hommes égarés par Voltaire, quoiqu’atlachés à la vérilé ; et c’est pour ceux - là que j'ai eru devoir entrer dans les détails de cette dissertation. Vous qui en avez vu les preuves multipliées , j’espère au moins, lecteur , que vous ne direz plus qu’un dogme aussi intéressant et aussi essentiel à la morale fut inconnu aux prophètes, aux Juifs et à leur saint législateur jusqu’au temps de leur captivité à Babylone. Ce n’est pas dans la ville de prostitution, dont ils avoient subi le joug, dont ils ne peuvent que détester l’orgueil, la corruption, les prêtres et les Dieux , qu'il leur seroit devenu précieux , ce dogme primitif, Ce n’est pas à l’école des sages et des prêtres de Baal qu’ils pouvoient le devoir ; la source est trop impure , elle leur fut toujours trop odieuse pour aller y puiser les fondemens de toute saintelé et de toute justice. C’est dans leurs livres mêmes, c’est à leur propre école, à celle de tous leurs patriarches et de leurs fondateurs qu’ils devoient cette doctrine de l’immortalité, ce dogme aussi ancien dans Israël que sa foi et son culte, Toute leur espérance le suppose ; toute ieur religion le démontre , tons [leurs prophètes
le développent, ou du moins le rappellent. Laissons donc là, comme eux, et Babylone et ses faux sages. Profitons des leçons de Moïse et des prophètes ; au lieu de jalouser bassement leur gloire et leurs triomphes sur toute la sagesse de l'antique philosophie ; détestons le menteur impudent qui ne cesse de les calomnicr ; que leur foi ne serve qu’à confirmer la nôtre sur ce dogme si cher à la vraie morale , sur celte vie future, le véritable espoir de la vertu; et si vons le pouvez , reprenez sans dégout les leçons anti-morales de la plus détestable philosophie.
AR SR AS DD DA RS ARR A DS D A AE A A AA ee Te A
CETTRHE PAIX Le Chevalier àa la Baronne.
Vous voilà donc, madame, bien inquiète sur le petit Emile. Monsieur son oncle et M. le curé ont prévenu son enfance. Il a trop mal reçu vos premières leçons pour espérer que nous puissions jamais éteindre en lui le préjugé. Je conviens avec vous que ces premières 1mpressions ne sont point à mépriser; mais le moyen qu’un enfant en province n’apprenne pas d'abord le catéchisme de son curé ? Nous n’en sommes pas encore aupoint de empêcher partout; il en est même peu, et très-peu dans Paris, qui n'aient
commencé par ce catéchisme , trop différent du nôtre pour les voir se combiner tous les deux dans une même tête. ;
Cependant que cela ne vous effraie pas, Emile aura un jour quinze à dix-huit ans; le temps de lé lancer dans la capitale arrivera; nous saurons ici lui procurer d'assez bonnes connoissances ; laissez alors faire nos sages et leurs disciples. Je vous réponds qu'Emile n’aura pas besoin de plus de quinze jours pour s’ériger en petit phi- Josophe. J’ea connois tant ici qui le sont devenus en moins de temps, qu'en vérilé l’arr seul qu’on y respire me sembleroït suflire pour la métamorphose.
Elle est un peu plus difficile pour vos, madame. Vos scrupules et vos terreurs renaissent ; l’idée du petit Berne revient encore. Je m’y attendois bien; malgré toule celte sagacité que vous avez montrée dans la solution de nos premiers problèmes, j'aurois été surpris de ne pas vous trouver un peu embarrassée pour les autres. Nous en avous plus d’un qui tourmentent encore les adeptes les plus consommés, 1] n’est pas dit ailleurs que vous deviez, à vous seule, expliquer toutes nos énigmes. L'essentiel est que joules ces mystérieuses obscurités ne fassent qu’ajouter au désir de les approfondir , ne vous éloignent pas de notreécole , ne vous empêchent pas de continuer à étudier nos maîtres. Je vois avec plaisir que c’est là le parti que vous pre-
nez en m’exhortant à continuer nos lecons. Je vois surtout avec admiration celte sagacité qui vous fait concevoir que l’ensemble de nos problèmes philosophiques pourroit bien éclaircix ce qu’ils Ont chacun en particulier de moins 12 mineux, de plus inconcevable, Je vais donc continuer à vous les exposer un à un; vous en ferez ensuite la collection vous-même; J'espère bien qu'avant d'arriver au dernier, vous aurez découvert le moyen de leur ôter à tous ce qu’ils ont de plus mystérieux. | Celui qui doit faixæ l’objet de.cette lettre est bien intéressant, madame. Vous allez voir qu’il roule sur un article essentiel en morale, sur celui que nos sages semblent avoir traité à lénvi avec le plus de soin, et sur lequel pourtant lés Opinions ne sont ou ne paroissént ni le moins nombreuses, ni le moins diamétrelement opposées, Il s’agit des passions, de ces mêmes passions impitoyablement, universeliement proscrites par le préjugé, mais qui trouvent chez nous autant d’apologisies au moins que d’antagonistes. Ces passions, l'orgueil, la colère, la haine, la vengeance, l’ambition , l’avarice, toutes en général sont-elles bonnes en ellesmêmes ? Sont-elles innocentes, utiles , natureiles? Sont-elles la vraie source du bonheur ét des grandes vertus? Où bien seroient-elles mauvaises, nuisibles , très-coupables, et la caûse des vicés, des crimes, des forfaits ? Faut-iles'ré-
primer, faut-il les suivre et les prendre pour guide, quand on veut mériter le nom de vertueux ? Voilà, madame, l’état de la question. Je prévois tout l’étonnement qu’elle vous causeroit si nos premiers problèmes ne vous avoient déjà montré tant d’autres objets sur lesquels La province ne s’avise guére de contesier, et qui ne sont pas à beaucoup près chez nous traités d’une maniere uniforme. Mais aujourd’hui vous devez bien au moins vous attendre que nous aurons ici des philosophes plaidant pour les passions , et des philosophes plaidant contre les passions ; que nous aurons an moins et la première et la seconde colonne. Nous en aurons même quelques autres, comme vous l’allez voir. Commençons par l’exposition claire et nette du problème, exposons-en bien toutes les parties. Vous passerez ensuite à nos colonnes, c’est-à-dire à nos preuvos.