‹ Les Hémiplégies HomolatéralesChapitre 15 sur 46 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

DEMOLE DE GENÈVE. — Recherches sur la pathogénie de l’hémiplégie homolatérale. (Revue Neurol.? 1918.)

Il s’agit d’un homme âgé de quarante-deux ans, entré à lhôpital cantonal le 23 novembre 1915 dans le service de M. le professeur Bard, en état de coma, apparemment

urémique. L’affection à commencé brusquement trois

jours avant l'entrée à l'hôpital. Le malade était plongé dans la lecture de son journal, subitement on le vit se, renverser en arrière et perdre connaissance ; il convulse, écume des lèvres et revient à lui une 1/2 heure après, sans mémoire de l'accident. He surlendemain il retourne à son travail de comptable. Dans la nuit le malade vomit subitement, perd connaissance et prend coup sur coup dix crises cloniques généralisées dont chacune dure près d’une minute. À l’hôpital, l’état de mal se continue ; on observe, avant les crises, des pupilles égales et en myosis, des réflexes rotuliens normaux, une flaccidité générale des membres plus prononcée à gauche qu'à droite et le signe de Babinski à gauche; après les crises, des pupilles égales et en mydriase, une déviation conjuguée des yeux en haut et à droite, l'abolition des réflexes rotuliens, la disparition du Babinski. Pouls régulier, bruits du cœur normaux. Ponction lombaire : liquide clair sans forte pression; albumine 0,25 % ; urée 0,48 7. On retire par saignée 500% de sang.

M. le professeur Bard présente le malade à la Clinique Universitaire et conclut de par les symptômes de localisation (Babinski et déviation paralytique de la tête et des yeux à droite) à une lésion corticale siégeant dans l'hémisphère droit.

24 novembre : état soporeux, contracture des membres

te

apparemment volontaire; température 38° 6. Apparition du signe des orteils à gauche.

25 novembre : température 39° 6. Dyspnée intense; mort.

L’autopsie montra* que le malade avait succombé à une pneumonie; elle révéla en outre l'existence d’un gliome du pôle frontal gauche. Calotte cranienne de moyenne épaisseur, surface interne lisse, dure-mère tendue. Le corps calleux n’est pas bombé. Méninges molles, transparentes, circonvolutions aplaties, sillons effacés, grosses veines injectées.

L’hémisphère gauche dépasse la ligne médiane, comprime et repousse l’hémisphère droit nettement plus petit. Les artères de la base sont souples et vides. Protubérance et bulbe symétriques.

Le pôle frontal gauthe est élargi; à la coupe on y distingue une tumeur hémorragique molle, grisâtre formée de plusieurs petits nodules, dont le plus gros, ovoïde, mesure 3cm. de diamètre et atteint en arrière le genou du corps calleux.

Le bulbe coloré et débité en coupes sériées montre, comparativement aux images classiques, une décussation normale des pyramides.

Les symptômes que présenta notre malade étaient ceux d'un état de paralysie de l'hémisphère droit; or, à l’autopsie, le gliome siégeait du côté opposé, soit à gauche.

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