HEMORRAGIES INTRAPERITONEALES DANS LES TUMEURS MALIGNES DE L'OVAIRE
Historique.
Il n’y a pas d'étude d’ensemble sur les hémorragies des tumeurs malignes de l'ovaire.
PERCEVAL BARBER en 1908, semble en avoir rapporté la première observation.
D’autres cas ont été rapportés par HARTE, KÔSTER, AUFAN- GER, SPENZER, BRUCE, GROECKE, PETERS, SCHUHMANN, CADENAT et LEYDET.
Etiologie.
L’obscurité qui entoure encore l’anatomie pathologique des tumeurs malignes de l'ovaire, les discussions auxquelles donne lieu leur classification histologique, les descriptions sommaires données par les auteurs qui ont observé des hémorragies au cours de leur évolution, empêchent d'établir si certaines d’entre elles sont plus particulièrement sujettes à cette complication.
KôsTER et GROECKE ont observé chacun un cas de sarcome.
Il s’agissait d’adénocarcinome dans les cas de AUFANGER et de SPENZER, de cancer « à petites cellules » dans le cas de SCHUMANN, de tératome en voie de transformation chorioépithéliomateuse dans le cas de BRUCE.
Enfin PETERS a rapporté un cas d’hémorragie au cours d’une tumeur secondaire à un épithélioma digestif et Morroup un cas d’hémorragie par rupture de veine sous-séreuse de tumeur ovarienne secondaire à un cancer du sein.
LG
Pathogénie.
Deux mécanismes peuvent présider à l’hémorragie.
Tantôt il y a rupture de la capsule de la tumeur et hémorragie de sa surface (cas de KOSTE, AUFANGER, PETERS, BRUCE).
Tantôt il y a torsion de la tumeur et hémorragie par fissuration de son pédicule (cas de SPENZER, SCHUHMANN, GROECKE).
Symptômes.
L’hémorragie, généralement massive, réalise un tableau toujours très dramatique.
GROECKE se trouva en présence d’une femme qui mourut avant qu'il eut le temps de rien tenter. L'état de gravidité de cette malade, qui était voisine du terme, avait intensifié la circulation pelvienne et l’hémorragie qui avait suivi la torsion du pédicule d’un sarcome ovarien avait dans ce cas été véritablement foudroyante.
La plupart des auteurs se sont trouvés en présence de signes rappelant ceux d’une rupture de grossesse tubaire grave.
Il en était ainsi chez la jeune malade de 17 ans de Bruce qui, prise d’une vive douleur dans l’hypogastre, présentait avec un pouls à 140 une masse de la taille d’une orange à droite de l’utérus.
Sans doute avait-elle cet aspect viril signalé au cours de certaines néoplasies ovariennes, mais sa signification ne devait apparaître qu'après l’intervention révélant une tumeur rompue de l’ovaire droit.
Syncopes répétées, douleurs vives dans l’hypogastre avec dysurie, voilà qui, avec la perception de fluctuation dans les flancs et d’une masse dans la partie droite du pelvis devait conduire SCHUHMANN au diagnostic de grossesse extra-utérine chez cette femme de 30 ans qui présentait une formidable inondation péritonéale par torsion de tumeur solide et devait mourir six heures après l'intervention.
Devant ce syndrome abdominal aigu avec douleurs et vomissements, comment KôsTER n’eut-il pas pensé à une appendicite aiguë chez cette fillette de 14 ans qui présentait en réalité une grosse hémorragie dont la source était dans le suintement des deux ovaires sarcomateux et rompus ?
Bien curieuse encore l’histoire de cette jeune femme opérée par PETERSs dont l’hémorragie s'était collectée à si bas