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Etiologie.
L’affection se rencontre à la période active de la vie génitale, mais elle est rare avant 30 ans.
Parmi les facteurs prédisposants, il faut insister sur la rétroflexion utérine et l’état fibromateux de l’utérus souvent notés dans les observations.
Pathogénie.
Nous n'avons pas ici à faire l’étude générale de la pathogénie de l'endométriome. Rappelons cependant que de nom- Preuses hypothèses ont été émises.
SAMPSON a édifié la fhéorie migratoire qui attribue l’endométriome ovarien à la greffe de débris entraînés par le reflux tubaire du sang menstruel, et provenant soit de l’utérus, soit de la trompe qui fréquemment subit une métaplasie qui lui fait prendre l’aspect de la muqueuse utérine.
Des arguments expérimentaux ont été fournis par les expériences de greffe de DaAHL-IVERSEN, L. MICHON, SPrRITO, des arguments histologiques par SAMPSON, PoRTES et Isipor.
La théorie métaplasique a été soutenue par plusieurs auteurs.
SCHILLER pense que l’endothélium lymphatique peut se transformer en épithélium endométrial.
R. MEYER, LAUCHE, OBERLING, admettent une métaplasie de l’épithélium germinatif de l’ovaire sous l’influence de linflammation et de dysfonctionnement ovarien.
CHEVASSU, CULLEN, LETULLE, LECÈNE pensent que les reliquats d'organes embryonnäires pourraient être le point de départ des formations endométrioïdes.
HazBaAN a soutenu l’hypothèse d’embolies lymphatiques de fragments de muqueuse utérine.
KixG enfin, admet que les kystes de SaAmMPsoN sont en réalité des kystes folliculaires dont le revêtement épithélial aurait subi la métaplasie endométrioïde.
Le mécanisme de l’'hémorragie est le problème qui nous intéresse plus spécialement.
Il apparaît parfaitement clair, quand on sait que les formations endométrioïdes subissent les mêmes variations cycliques, les mêmes influences hormonales que la muqueuse utérine. De
ce fait témoignent les accroissements menstruels des endométriomes si aisément perceptibles dans les endométriomes des cicatrices de laparotomie, leur réaction déciduale lors de la gravidité.
Ainsi, à chaque mois, le kyste endométrial est le siège d’une hémorragie qui accompagne la chute de son épithélium de revêtement. Si le kyste est superficiel, l’hématome le distend rapidement et amène sa perforation.
Si le kyste est profond, il acquiert souvent un certain volume avant de se rompre.
L’hémorragie entraîne avec elle les débris épithéliaux qui vont se greffer sur les régions paraovariennes et subissant à leur tour la poussée menstruelle contribueront à l’édification de l’hématome juxta-ovarien.
Anatomie pathologique macroscopique.
— L’épanchement sanglant. — Ce que nous venons de dire du mécanisme de l’hémorragie explique aisément son mode de collection.
Se produisant par à-coups et restant toujours modérée puisqu'elle participe plus d’un processus physiologique ectopique que d’un processus pathologique, elle laisse au péritoine voisin le temps de réagir, de produire des adhérences. Aussi l’hémorragie n'est-elle qu’exceptionnellement libre dans la cavité péritonéale ou même enkystée derrière l’utérus. I! s’agil plutôt d’'hématome juxta-ovarien dont la coque faite du péritoine voisin se continue avec le kyste originel et présente ellemême des greffes endométriales.
Le sang a un aspect très spécial. Il a une couleur « chocolat > sur laquelle a insisté SampsoN et est le plus souvent fluide, rappelant dans son ensemble le vieux sang menstruel.
— Le kyste. — L’endométriome ovarien se présente sous l'aspect macroscopique d’un kyste hématique banal de volume généralement modéré dépassant rarement une noix.
Très souvent les lésions sont bilatérales, il est fréquent également de trouver des tumeurs bleutées caractéristiques dans le ligament large, dans le ligament rond ou au fond du Dou-
glas.
Anatomie pathologique microscopique.
La cavité kystique est tapissée par un épithélium cubique ou columnaire assez souvent cilié, ressemblant à l’épithélium tubaire ou utérin.
Derrière cet épithélium on trouve un chorion cytogène et sans élastine, au sein duquel la coupe intéresse des formations tubulaires rappelant les glandes du corps utérin.
Ces caractéristiques permettent une interprétation facile, mais celle-ci est parfois troublée par la présence d’une couche de grandes cellules sidérophiles épithélioïdes rappelant les cellules lutéiniques.
Pour SamPsoN ces cellules sont des macrophages d’origine conjonctive destinés à absorber le sang extravasé et notre maître Moulonguet partage cette conception. À
Pour KING ces cellules sont véritablement des cellules de corps jaune et il n’y a pas lieu de distinguer parmi les kystes hématiques des kystes lutéiniques et des kystes endométriaux.
Symptômes.
Pathogénie et anatomie pathologique nous font prévoir que les kystes perforants de SAmMPsON ne se manifesteront pas le plus souvent par des signes dramatiques avec état d’anémie aigué.
Quand on lit les nombreuses observations publiées et particulièrement celles de SAMPSON on voit, en effet, que les malades ont presque toujours présenté un tableau de pelvipéritonite subaiguë ou chronique avec empâtement discret du Douglas souvent pris pour un utérus rétrofléchi, d’ailleurs fré-quemment associé et des masses latéro-utérines mal limitées dont l’intervention a seule révélé la nature exacte.
Parfois, cependant, les accidents d’origine endométriale prennent une allure plus aiguë qui les apparente de plus près aux autres hémorragies intrapéritonéales, objet de notre étude.
C’est ainsi que Novak a fait le diagnostic d’appendicite aiguë chez une jeune femme de 28 ans qui présentait une crise douloureuse abdominale avec sensibilité et rigidité de la fosse iliaque droite et qui avait en réalité du sang chocolat libre en grande abondance, provenant d’un kyste endométrial rompu.