LE SORT DU SANG EPANCHE
Coagulabilité.
L’hémopéritoine ne semble pas à première vue poser comme l’hémothorax le problème de la coagulabilité, car on n’a pas noté pour lui cette incoagulabilité si fréquente spéciale aux hémorragies pleurales.
Cependant, dans un cas d’hémorragie ovarienne (observation personnelle 1) et dans deux cas d’inondation péritonéale par rupture de grossesse tubaire, nous avons trouvé dans la cavité péritonéale du sang uniquement fluide; l’ayant recueilli dans un tube, nous avons constaté qu’il restait incoagulé après trente-six heures.
Dans les trois cas, le liquide contenait en suspension de minces filaments fibrineux.
Ces cas sont exceptionnels et dans la plupart des hémopéritoines on constate la présence de caïllots abondants au sein d’un sang fluide.
Si, quand l’hémopéritoine est due à une rupture de grossesse tubaire on peut invoquer comme facteur de coagulation son mélange avec le suc placentaire, quand il est dû, comme dans nos observations, à une simple fissure ovarienne, sa pureté est sensiblement égale à celle d’un hémothorax et on ne peut manquer d’être frappé par les différences apparentes dans l’aspect du sang épanché dans les séreuses pleurale et péritonéale.
Pour expliquer ces différences, pour trouver la cause de l’incoagulabilité persistante exceptionnelle de certains hémopéritoines, nous nous aiderons des données expérimentales.
Données expérimentales.
Pour étudier la coagulabilité du sang intrapéritonéal nous avons utilisé notre technique d’autotransfusion. Voici nos protocoles d’expérience.
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Expérience 1.
CHIENNE DE 13 KiLOGs 100.
Autotransfusion jusqu’à dyspnéc.
Le sang est resté fluide à l'exception de trois ou quatre très minces caillots adhérents à l’épiploon.
On recueille cent vingt-cinq centimètres cubes de ce sang.
Mis dans un tube le sang n’est pas coagulé, mais il présente de minuscules petits flocons de fibrine.
Les globules rouges comptés dans le sang artériel prélevé avant le sacrifice de l’animal étaient au nombre de 7.750.000.
Comptés dans le sang péritonéal recueilli après sacrifice ils sont au nombre de 5.900.000.
L'examen au microscope du sang recueilli montre la présence de faisceaux de filaments de fibrine entre les nappes de globules rouges.
Expérience 2.
CHIEN DE 9 KiLoGs 500.
Autotransfusion jusqu’à dyspnée.
Nombre de globules rouges dans le sang artériel : 7.300.000.
Prélèvement de sang péritonéal par ponction au bout d’une demi-heure : mis dans un tube le sang coagule.
Prélèvement de sang péritonéal par ponction au bout d’une heure : mis dans un tube à essai, le sang est incoagulable; l’adjonction de 10 centimètres cubes de liquide d’hydrocèle le fait coaguler.
Sacrifice de l’animal au bout de trois heures : la cavité péritonéale contient 150 centimètres cubes de sang, il y a quelques caïillot minces dans le Douglas et accolés au grand épiploon.
Le liquide recueilli est incoagulable et reste incoagulé au bout d’une semaine.
Il contient de petits flocons de fibrine en suspension.
Numération des globules rouges : 4.100.000.
Expérience 3.
CHIENNE DE 16 KiLoGs 450.
Autotransfusion jusqu’à polypnée.
Sacrifice au bout d’une heure.
La cavité péritonéale contient du sang entièrement fluide.
On prélève deux échantillons de vingt centimètres cubes de sang.
Un des échantillons placé dans un tube coagule en trentecinq minutes.
A l’autre échantillon on ajoute un fragment de placenta humain prélevé aseptiquement au cours d’une intervention pour grossesse extra-utérine de trois mois, six heures avant, et conservé dans du sérum artificiel : la coagulation se fait en huit minutes.
Signalons sans y insister, car le fait n’aide en rien à la solution du problème de la coagulabilité des épanchements intra-séreux humains, que le sang des hétéro-transfusions pratiquées pour étudier le shock présente les mêmes caractères que le sang des autotransfusions.