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Nous avons pratiqué cinq homotransfusions avec un résultat négatif constant : depuis le début de l'injection intrapéritonéale jusqu’à la mort de l’animal donneur, la tension de l’animal receveur ne subit aucune variation (voir tracés).
Le fait que l’animal est endormi ne gêne en rien l’interprétation, car le chloralose ne fait qu’exagérer les réflexes et il suffit de pincer le péritoine pariétal pour déclencher de brusques variations de tension.
On peut donc conclure : dans l’hémopéritoine expérimental, la distension par le sang sous pression physiologique ne provoque pas de shock.
Le
Interprétation des faits expérimentaux et cliniques.
Nous envisageons successivement les deux aspects de la discordance que nous étudions.
1°, Cas avec signes généraux graves et épanchement minime.
Notons d’abord que la discordance entre la gravité des signes généraux et l'importance de l’effusion sanguine n’est peut-être pas aussi fréquente en réalité qu’elle Fest en apparence.
Quand on qualifie un épanchement de minime, on se base sur des constatations opératoires.
Mais, en fait, la laparotomie ne donne pas de précision absolue sur l'importance réelle de l’hémorragie, mais seulement sur celle de son résidu après résorption péritonéale et nous avons vu dans un chapitre précédent que cette résorption commence précocement et se poursuit rapidement.
Ceci établi, malgré l’absence de shock nerveux dans l’hémopéritoine expérimental, nous convenons que ce facteur ne peut être complètement éliminé en pathologie humaine.
Entre l’hémopéritoine pathologique et l’hémopéritoine expérimental, il y a, en effet, la différence que dans le premier l’'hémorragie est provoquée en règle par une rupture viscérale qui manque dans le second.
C’est la rupture viscérale qui nous paraît susceptible d’expliquer, surtout chez certaines malades à équilibre vago-sympathique instable, le shock et non la distension même rapide du péritoine.
2°. Cas avec signes généraux discrets et épanchement abondant.
Aiïnsi sont en particulier les cas des hémorragies ovariennes importantes à symptomatologie pseudo-appendiculaire, de certaines hématocèles fibromateuses découvertes à l’intervention.
L'histoire clinique des hémopéritoines, aussi bien gravidiques que non gravidiques, met en évidence, par les crises douloureuses successives, le fait de la constitution en plusieurs temps de l’hémorragie.
L’épanchement qui ne se constitue pas en une heure, ni même en un jour, laisse ainsi le loisir aux mécanismes physiologiques de défense contre les hémorragies, de régulation de la masse sanguine, de se déclencher.
LES REACTIONS PARIETALES
La contracture dans les hémopéritoines.
Données cliniques.
La question de la contracture dans les hémopéritoines est née des objections de LECÈNE, PROUST, SCHWARTZ, à un rapport de M. BassET sur une observation de rupture traumatique de la rate chez un paludéen.
Dans ce cas, observé par GRIMAULT, la contracture existait au début, s'était dissipée vers le deuxième jour et M. BAsser attribua sa disparition à un affaiblissement intense de l’organisme.
LECÈNE refusa, au contraire, aux hémorragies intrapéritoréales aseptiques toute possibilité de déclencher la contracture.
En 1930, M. le Professeur P. Duvaz notait qu’il fallait distinguer les hémorragies dues à une contusion de l'abdomen où la contracture pariétale pouvait être due au traumatisme lui-même et les hémorragies spontanées dont l’étude devait être beaucoup plus probante et M. Moxpor insistait à nouveau sur cette distinction nécessaire en 1932.
Cependant, la plupart des cas publiés se réfèrent à des cas traumatiques.
MAEs dans son excellente thèse rapporte que, sur 63 ruptures traumatiques de la rate, 45 fois la contracture existait, que sur 8 ruptures du foie, 2 fois sa présence était notée.
Dans deux cas de rupture de grossesse tubaire observés dans le service du Professeur P. Duvar, la contracture fut notée malgré la stérilité du sang épanché.
La contracture fut encore notée dans une torsion des annexes saines par FIOLLE, dans un cas de rupture tubaire par RÉNY, dans une rupture spontanée de la rate par BRoOGQ.
AMELINE a observé la contracture dans 4 cas de rupture
ie
tubaïre avec hémorragie aseptique, comme dans un cas elle dessinait un caillot rétropariétal, il émet l’hypothèse que ce serait la présence de caillots relativement cohérents et directement rétropariétaux qui déclencherait la contracture.
J. MEILLÈRE a décrit un « syndrome intermédiaire d’irritation péritonéale » qu’il a observé au cours de plusieurs hémopéritoines et qui semble être surtout lié à une occlusion paralytique.
Nos observations d’hémorragies non gravidiques nous paraissent constituer un matériel particulièrement intéressant pour l'étude de la contracture dans les épanchements sanguins intrapéritonéaux.
Les hémorragies ovariennes, en particulier, réalisent le type idéal de l’hémopéritoine pur spontané.
Non seulement l’effraction sanguine n’est pas provoquée par un traumatisme, mais encore le sang épanché se trouve exempt de tout mélange avec des produits de sécrétion et des ferments placentaires comme dans le cas de rupture de grossesse tubaire.
Le fait que dans près de la moitié des cas de la littérature le diagnostic d’appendicite aiguë ait été porté semble a priori militer en faveur de la constatation d’une contracture localisée dans la fosse iliaque droite au cours des hémorragies ovariennes.
Mais la lecture attentive des relations des auteurs montre qu’en réalité le diagnostic a été le plus souvent porté sur la seule constatation d’une douleur dans la fosse iliaque droite avec défense plus ou moins nette.
L'étude passionnée du symptôme contracture au cours de nos gardes et celles de nos collègues nous a montré que la qualification d’une réaction pariétale était souvent assez libre.
Sans doute, M. Mondor dans son admirable article sur la contracture a raison de ne pas exiger comme Roux le ventre de boïs pour parler de ventre chirurgical, d'enseigner « qu’il y a d'autant plus de progrès qu’il y a plus de nuances saisies et retenues »; encore faut-il que ces nuances soient appréciées même si la conclusion thérapeutique doit être la même.
Notre Maître, M. Prousr, insistait en 1930 à la Société de Chirurgie pour qu’on appelle contracture non pas la contracture provoquée par une exploration douloureuse, mais la