‹ Les hémorragies des hépatiquesChapitre 33 sur 48 · LOUE S · texte numérisé non relu

LOUE S

14.400 ; polynucléaires : 92 % ; éosinophiles : 1 % ; moyens mono : 6 ; lymphocytes : 1.

Notons que cette formule donne les résultats habituellement retrouvés chez les cirrhotiques, leucocytose légère avec polynucléose.

Enfin on a dosé dans le sang : urée : 0 gr. 20 ; cholestérol : 2 gr. 38.

Protéines : serine : 38 ; globuline : 44.

L’examen général montre que le pouls est rapide, la tension un peu basse :

Îl y a de la submatité des 2 bases pulmonaires avec quelques râles.

Les recherches étiologiques ne révèlent pas de spécificité dans les antécédents, le Wassermann est négatif, pas de tuberculose.

Mais un ethylisme vaguement avoué, et révélé par quelques signes nerveux : tremblement des extrémités, cauchemars avec zoopsie, légers troubles du caractère : les réflexes sont normaux, et il n’y a pas de polynévrite des membres inférieurs. =

L'évolution se fait vers une aggravation progressive. 2 transfusions de 100 cc. 3, n’amènent aucune amélioration non plus que le traitement habituel par les extraits hépatiques, etc...

Les hémorragies se font plus fréquentes, et de plus en plus difficiles à arrêter, surtout épistaxis à peu près quotidiennement.

Aussi en présence de l’anémie croissante, conséquence de ce syndrome hémorragique si difficilement influençable, on décide de faire pratiquer la splénectomie.

Les conditions sont très médiocres, l’état général mauvais, la malade plongée dans une torpeur presque continuelle, c’est rappelons-le, une obèse à tension basse et quise défend mal.

A Op

La splénectomie est pratiquée le 26 décembre 1930 par M. BAUMGARTNER.

L'intervention est rendue difficile par l’épaisseur de la paroi abdominale, l'énorme volume du foie d’apparence cirrhotique (il n’est pas fait de biopsie), gêne pendant toute

‘l'intervention. La rate est libre, énorme, pesant environ 1.200 grammes.

Aussitôt après l'intervention, on recherche le temps de saignement, il était de 26/ le matin même, il n’est plus que de 21/2.

Le lendemain, la malade semble plus mal, la langue est sèche, les bases pulmonaires encombrées, les urines très rares.

On pratique de la révulsion thoracique, on donne des toni-cardiaques (digitaline 15 gouttes), et 500 cc. 3, de goutte à goutte glucosé ; le soir la température est à 390.

Le 28 et le 29, une amélioration sensible survient, la température s’abaisse au-dessous de 380.

La malade n’a plus saigné depuis l'intervention, alors qu’elle présentait des hémorragies quotidiennes.

Le 29, la numération globulaire donne : Hématies 2.360.000 ; globules blanes : 40.800 ; polynucléaires : 89 % ; éosino : À ; moyens mono : 9 ; lympho : 1 ; hématies nuclées : 7 % leucocytes ; plaquettes sanguines : 76.128.

Formule assez analogue à celle présentée avant l’intervention, le chiffre des plaquettes reste très inférieur à la normale.

Pourtant le 29, le temps de saignement est de 3”, le temps de coagulation 11”.

Le 30, la SR -3805, les poumons s’encombrent, Le 31, soit 5 Jours après l’intervention, la température est de 390, dans la journée la malade présente une petite épistaxis. Dans la soirée, elle meurt subitement d’une syncope (rappelons le mauvais état du cœur constaté antérieurement). L’autopsie ne peut être pratiquée ».

J. Fouquet. 6

LUE es.

Ainsi l’action de la splénectomie semble aussi immédiate et radicale sur le temps de saignement et les hémorragies des hépatiques, que sur ceux des hémogéniques, malgré les conditions évidemment beaucoup plus défavorables.

Peut-on objecter à cette observation le fait qu’une petite épistaxis est survenue malgré la disparition des stigmates sanguins, dans les heures qui précédèrent la mort ?

Mais là encore, ne nous trouvons-nous pas en face d’un résultat absolument identique à celui observé dans le purpura. Jean Quenvu écrit en effet parlant de purpura : «les petites manifestations hémorragiques ne sont pas rares après l’opération, et ne sont pas forcément l’indice d’un mauvais état ultérieur, le présage d’hémorragies graves, on les rencontre dans plus d’un quart des « bons cas ».

Elles se produisent volontiers dans les premiers Jours, et les premières semaines, à l’occasion des règles par exemple, et peuvent disparaître complètement par la suite... Mais les récidives tardives sont exceptionnelles ».

Ces hémorragies n’ont d’ailleurs rien de surprenant si l’on songe aux lésions profondes des endothéliums vasculaires, ces lésions ne peuvent se réparer avec la même rapidité que redevient normal le temps de saignement, et la persistance pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois du signe du lacet, en est le témoignage.

Elles finissent cependant par disparaître et les

PER en

statistiques nous disent que la guérison définitive est l'éventualité la plus fréquente.

Peut être en serait-il de même dans la cirrhose, s'il n’existait une atteinte du parenchyme hépatique profonde, définitive peut-être, et dont nous ne pouvons préjuger de l’évolution.

De tout ceci, il résulte que cliniquement les hépatiques présentent un syndrome sanguin avec purpura rattaché à l’insuffisance hémocrasique du foie.

Rien ne permet de donner à l’insuffisance hépatique le rôle principal dans l’étiologie de ces accidents.

Toutes les maladies hémorragipares, bien plus que des lésions du parenchype hépatique s’accompagnent d’une atteinte splénique ; il existe de graves lésions du foie sans hémorragies, il existe par contre toute une série de syndromes hémorragipares sans lésions hépatiques, et dont la cause réside dans un trouble du fonctionnement de la rate, ainsi qu’en fait foi la guérison constante obtenue par la splénéctomie ; parmi ces affections une est identique au purpura des cirrhotiques, et c’est l’hémogénie.

Il n’existe aucune raison de décrire sous 2 noms différents, hémogénie et insuffisance hémocrasique du

foie, le même syndrome dont la pathogénie est la

même, et dont la guérison est susceptible d’être obtenue par le même traitement : la splénectomie. Ainsi on comprend clairement, puisque le purpura

M Oo

des hépatiques est essentiellement d’origine splénique, l'absence fréquente de parallélisme entre les accidents hémorragiques, et l'insuffisance hépatique que nous soulignions dans le précédent chapitre.

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