LES SPLÉNOPATHIES D’ORIGINE HÉPATIQUE EXISTENT-ELLES
Nous sommes arrivés à cette conclusion que les hémorragies et le purpura des hépatiques tirent leur origine d’un trouble du fonctionnement de la rate.
N’est-ce pas, dira-t-on, une distinction bien inutile de rendre à la rate la part des symptômes qui lui revient dans le tableau clinique des cirrhoses ? Puisque la splénomégalie est la conséquence de la cirrhose, provoquée par l’hypertension portale, c’est, en somme, par un mécanisme indirect toujours le foie qui est responsable de ces hémorragies.
Nous ne pourrions, sans élargir trop considérablement le cadre de cette étude reprendre longuement les rapports de la rate et du foie. Pourtant rien ne paraît aujourd’hui plus discutable que les réactions spléniques d’origine hépatique. L’hypertension portale n’explique rien, les splénomégalies précédant souvent l’apparition de tout signe d’hypertension portale.
CHaurrarp, en 1892, écrivait déjà : « ce double fait que la rate est déjà tuméfiée avant l’ascite et le reste, alors que celle-ci a disparu, nous montre que la splé-
nomégalie n’est pas toujours en rapport direct avec l’obstruction porte, 1l y a là un point de physio-pathologie qui nous est encore mal connu ».
La ligature même lente de la veine splénique aboutit toujours à l’atrophie scléreuse de l'organe après une éphémère turgescence. Et, dans le foie cardiaque, où la gêne circulatoire porte devrait être intense, on ne voit jamais de splénomégalie.
« La rate des cardiaques petite et fibreuse, s’oppose par tous ses caractères à la grosse rate des cirrhoses ou de l’anémie splénique » (Léon KiNBERG). Quant au cours de l’asystolie on a pu observer une grosse rate, c’est qu'il existait toujours un autre facteur qui la motivait, endocardite maligne, anémie ou autre. |
L'influence de la rate sur le foie paraît beaucoup plus logique ét démontrable.
CHaAurFARD et CASTAIGNE avaient montré que des
colorants ou l’encre de Chine injectés dans l’artère splénique se retrouvent au bout de 24 heures dans les veinules des espaces portes et dans les capillaires intra-lobulaires. CHaurrarp à plusieurs reprises est revenu sur la possibilité d’hépatites d’origine splénique que la description de Banri ne faisait que confirmer. ;
Sans doute le rôle de la rate est plus important qu'on ne le croit dans la genèse des cirrhoses sans qu’on en possède encore de preuves précises. Mais on peut dire comme CHaurrarp l’écrivait déjà en 1911 (Journal médical français) :
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